Après le foot, Vikash Dhorasoo entre sur le terrain politique
Il "ne démarre pas un match pour perdre": footballeur international devenu candidat à la mairie de Paris au côté des Insoumis, Vikash Dhorasoo...

Après le foot, Vikash Dhorasoo entre sur le terrain politique

Il "ne démarre pas un match pour perdre": footballeur international devenu candidat à la mairie de Paris au côté des Insoumis, Vikash Dhorasoo...
Public Sénat

Par Ambre TOSUNOGLU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Il "ne démarre pas un match pour perdre": footballeur international devenu candidat à la mairie de Paris au côté des Insoumis, Vikash Dhorasoo aborde avec un esprit de compétiteur une campagne dont il veut profiter pour parler des "délaissés" et des "laissés pour compte".

Ses valeurs ? "Courage, entraide, respect de l'arbitre et des partenaires", annonce l'ancien numéro 10 -un poste où l'on passe la balle-, qui dit vouloir se "mettre au service des autres".

"Je vois des gens en souffrance, dans la précarité, mal traités", relève auprès de l'AFP l'ancien joueur du PSG, 46 ans, à l'allure fluette du haut de son mètre 68.

Après "avoir gagné de l'argent", celui qui a été aidé pour devenir joueur professionnel se sent investit d'une "responsabilité". "Quand on a le sentiment de s'être libéré, il faut aider à libérer quelqu'un d'autre", poursuit-il, citant la romancière américaine Toni Morrison.

Son nouveau terrain de jeu, c'est le très populaire et en même temps très branché XVIIIe arrondissement, où le joueur vit et souhaite être candidat en tête de liste, et où il a ses habitudes dans les cafés, restaurants, pâtisseries et salles de sport.

A deux pas du Sacré Coeur, dans une rue prise d'assaut par les touristes du monde entier, "il vient presque chaque matin boire son petit café", raconte à l'AFP le gérant du bar Luc, 55 ans. "C'est un homme sympa, plein d'humour qui parle à tout le monde", détaille-t-il. Mais les deux hommes n'abordent jamais la politique.

C'est aussi là, dans cet arrondissement, le deuxième en nombre d'habitants avec plus de 200.000 résidents, qu'il a mené au printemps une bataille pour que le maire sortant, Eric Lejoindre (PS), renonce à raser un mini-terrain de foot près de Montmartre, où se retrouve la jeunesse populaire.

- "Encore +merci+" -

Vikash Dhorasoo, ex-footballeur international devenu candidat à la mairie de Paris au côté de La France Insoumise (LFI), durant une session de photos à Paris le 20 novembre 2019
Vikash Dhorasoo, ex-footballeur international devenu candidat à la mairie de Paris au côté de La France Insoumise (LFI), durant une session de photos à Paris le 20 novembre 2019
AFP

Convaincu que "la politique n'appartient pas à une certaine caste qui aurait fait l'ENA ou Sciences po", le joueur aux cheveux faussement ébouriffés a rejoint il y a dix jours "Décidons Paris", formant un binôme avec Danielle Simonnet élue de La France insoumise, visant tous deux la conquête de Paris pour les municipales de mars.

"Par politesse mais aussi par conviction parce que je suis de gauche, j'ai rencontré tous les partis de gauche" avant de choisir, raconte-t-il. "Le PS n'est plus un parti de gauche et +Paris en Commun+ (plateforme de soutien à Anne Hidalgo, Ndlr) est un endroit qui mélange le privé et le public et donne au privé sans arrêt", balaye-t-il sans plus de précision.

Pour ce Normand né à Harfleur, d'origine mauricienne, "les gens de la vraie vie, les habitants, ont une expertise, une expérience de vie qui a autant de valeur" que celle des élus. "C'est à nous de reprendre ce pouvoir", s'enthousiasme le candidat qui a rencontré de nombreux postulants déclarés ou putatifs à la mairie de Paris, dont la sortante PS Anne Hidalgo.

Celui qu'on a souvent présenté comme un "intello" du foot promet lui "un programme social très fort".

Néophyte en politique, "intéressé par tout ce qui est écologie, antiracisme, féminisme, social", celui qui jure n'avoir "jamais eu de carte d'un parti" et n'en aura "jamais", confesse que "tout le monde (lui) dit que ça va être violent". "Je mettrai des protèges-tibias s'il faut, je sais prendre des tacles par derrière. Je n'ai pas peur."

Formé au Havre, où il a joué jusqu'en 1998, l'ancien milieu de terrain a foulé la pelouse de Lyon, de l'AC Milan et du PSG, d'où, fait peu courant, il a été licencié en 2006 après un conflit avec son entraîneur. Qu'importe. La même année, il a "donné la victoire au PSG en marquant contre l'OM à la finale de la coupe de France". C'est "un truc très important dans ma vie pour lequel les Parisiens me disent encore +merci+", assure l'ancien joueur, qui a "l'impression d'être leur héros parfois".

Partager cet article

Dans la même thématique

Après le foot, Vikash Dhorasoo entre sur le terrain politique
4min

Politique

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle » : malgré sa condamnation, Marine Le Pen se lance et se pourvoit en cassation

En dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics, la leader du RN annonce sa candidature à la présidentielle. Elle a décidé de se pourvoir en cassation, ce qui rend suspensif la décision de la Cour d’appel, lui permettant de faire campagne sans bracelet électronique. Assurant former un « couple politique » avec Jordan Bardella, ils mèneront campagne « en binôme ».

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
7min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : une éventuelle candidature à la présidentielle attaquée sous l'angle de l'éthique, à gauche comme à droite

Le délibéré de la Cour d'appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN laisse le personnel politique dans l'expectative. Condamnée mais éligible, Marine Le Pen peut, en théorie, être candidate à l'élection présidentielle. À droite comme à gauche, on met en avant la dimension éthique et morale d'une potentielle candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le