Après les députés, le Sénat supprime à son tour le régime social des indépendants
Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale, les sénateurs ont adopté l’article sur le RSI. Fortement critiqué par tous pour ses dysfonctionnements, le RSI va être supprimé pour être rattaché au régime général.

Après les députés, le Sénat supprime à son tour le régime social des indépendants

Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale, les sénateurs ont adopté l’article sur le RSI. Fortement critiqué par tous pour ses dysfonctionnements, le RSI va être supprimé pour être rattaché au régime général.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Tous les candidats à la présidentielle voulaient le supprimer. Le régime social des indépendants (RSI) va bientôt disparaître pour être rattaché au régime général. Cette promesse d’Emmanuel Macron est traduite via le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Après les députés, les sénateurs ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi l’article entraînant sa disparition.

Lors de l’examen en commission, le Sénat avait adopté des amendements visant à répondre aux inquiétudes des travailleurs indépendants dans le cadre de ce rattachement au régime général. Ils ont ainsi précisé la mission d'organisation des organismes du régime général en matière d'accueil et d'accompagnement prenant en compte les spécificités des travailleurs indépendants. Ils ont aussi décidé de maintenir, jusqu'à la création du conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants, le fonds national d'action sociale destiné à aider les travailleurs indépendants qui éprouvent des difficultés à régler leurs cotisations.

Le RSI est accusé de nombreux dysfonctionnements : calculs de cotisations erronés, couverture santé jugée insuffisante, etc. Mais le changement suscite malgré tout des inquiétudes chez les indépendants. « Pouvez-vous nous garantir qu’il n’y aura pas de nouvelle catastrophe industrielle ? » a demandé à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le rapporteur général du budget de la Sécu, le sénateur Modem Jean-Marie Vanlerenberghe.

« Nous sommes très vigilants pour réussir cette réforme »

« C’est une réforme voulue, largement souhaitée par les travailleurs indépendants. (…) C’était un engagement du président de la République. Nous sommes très vigilants pour réussir cette réforme » a assuré la ministre. « Tous les nouveaux indépendants qui s’engagent en 2019 iront directement au régime général. Pour les autres, la bascule se fera en 2020 » a précisé Agnès Buzyn, soulignant « la période transitoire de 2 ans ». « Pour les systèmes d’information, nous ne mettons pas de date butoir. L’évolution se fera en fonction de la maturité des projets » a-t-elle ajouté.

Pour le groupe Union centriste, Élisabeth Doineau a exprimé son « enthousiasme » et son « optimisme ». « A l’issue de ce débat, on a des garanties », a-t-elle estimé. « Moi je ne suis pas en marche, mais je veux que ça marche ! »

Saisine du Conseil constitutionnel ?

Jean-Noël Cardoux, sénateur LR du Loiret, s’est montré en revanche critique. Il a reconnu que « oui, il fallait réformer », mais pas comme l’exécutif le fait. « Le gouvernement a cédé à la pression médiatique » et a décidé de « réformer à la va-vite », pointe-t-il. « Les indépendants qui attendaient une baisse de charges de cette réforme vont être déçus » a ajouté Jean-Noël Cardoux. « On peut s’interroger sur la constitutionnalité de ce texte », souligne même le sénateur LR, qui y voit un « cavalier législatif », c'est-à-dire une disposition qui n’a pas sa place dans un projet de loi car elle s’en trouve trop éloignée. Jean-Noël Cardoux prévient : « Une saisine (du Conseil constitutionnel) peut être envisagée ».

Des interrogations qui ont étonné le président du groupe LREM du Sénat, François Patriat : « On ne peut pas avoir chacun sur nos bancs décrié le RSI pendant des semaines pour avoir aujourd’hui des hésitations ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Meeting of the Popular Front NFP
9min

Politique

Olivier Faure désavoué par les députés avant le vote crucial de jeudi 

Désavoué par son groupe sur la motion de censure des Écologistes contre le gouvernement, le premier secrétaire du Parti socialiste aborde le vote interne du 9 juillet dans une position fragilisée. Derrière le débat sur les modalités de la primaire présidentielle, c’est désormais son autorité à la tête du PS qui est en jeu.

Le

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
7min

Politique

Procès en appel de Marine le Pen : relaxe, peine d’inéligibilité raccourcie, pourvoi en cassation… Quels cas de figure lui permettraient d’être candidate à la présidentielle ?

Dans quelques heures, Marine Le Pen sera fixée sur sa capacité à être une quatrième fois candidate à l’élection présidentielle. Comme en première instance, le parquet a requis, en appel, une peine de 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Dans ces conditions, y a-t-il toujours du suspense sur l’orientation de ce second jugement ?

Le

Edouard Philippe Holds A Politic Meeting
10min

Politique

Présidentielle : pour son premier meeting, Edouard Philippe joue la carte du bon père de famille qui veut préparer « l’avenir » de nos enfants

Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.

Le