Après un an de présidence Wauquiez, Les Républicains en plein doute
Sondages au plus bas pour les Européennes, aucun bénéfice tiré de la crise des "gilets jaunes" et même mea culpa de Laurent Wauquiez: Les...

Après un an de présidence Wauquiez, Les Républicains en plein doute

Sondages au plus bas pour les Européennes, aucun bénéfice tiré de la crise des "gilets jaunes" et même mea culpa de Laurent Wauquiez: Les...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sondages au plus bas pour les Européennes, aucun bénéfice tiré de la crise des "gilets jaunes" et même mea culpa de Laurent Wauquiez: Les Républicains sont en plein doute un an après l'arrivée de leur nouveau chef, pourtant en pointe dans l'opposition à Emmanuel Macron.

"Wauquiez, c'est terrible, ça ne prend pas. Il n'arrive pas à imprimer", cingle une élue francilienne. L'ancien député Bernard Debré a même réclamé son départ.

Avec la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a reculé sur la fiscalité des carburants, mis dix milliards d'euros sur la table et même ressuscité la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure phare du quinquennat Sarkozy.

Pour autant, Les Républicains n'en tirent guère avantage. Un sondage Odoxa les crédite d'un maigre 8% d'intentions de vote aux élections européennes de mai, au coude à coude avec Nicolas Dupont-Aignan (7%), loin derrière le Rassemblement national (21 à 24%).

Pire, dans une étude BVA, Laurent Wauquiez n'arrive qu'en cinquième position auprès des sympathisants de droite, alors que le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, qui a quitté le parti depuis un an, domine le classement dans l'ensemble de l'électorat.

M. Wauquiez a d'ailleurs fait amende honorable. "Nous n'avons pas toujours su convaincre ni nous faire entendre", a-t-il reconnu, ajoutant que lui même avait "parfois donné prise aux caricatures médiatiques".

Le président d'Auvergne-Rhône-Alpes a sérieusement écorné son image avec ses propos au vitriol enregistrés à son insu devant des étudiants lyonnais. Plus récemment, il s'est attiré une nouvelle polémique en affirmant n'avoir jamais revêtu de gilet jaune, ce qu'a démenti une photographie prise le 24 novembre en Haute-Loire.

- Sarkozy "jamais loin" -

"A chaque fois, on essaie de le dézinguer sur le détail du détail", se lamente l'un de ses soutiens.

Laurent Wauquiez lors d'un meeting à Saint-Quentin dans l'Aisne, le 6 décembre 2018
Laurent Wauquiez lors d'un meeting à Saint-Quentin dans l'Aisne, le 6 décembre 2018
AFP/Archives

"Il est le premier à avoir tapé fort sur Macron quand même les gens de notre électorat nous disaient: +vous y allez fort+". Et "les gilets jaunes correspondent à ce que dit Laurent depuis un an. C'est le premier à avoir recensé les failles qui se manifestent cruellement aujourd'hui: faille territoriale, hausse de la CSG, racket des automobilistes, saturation de l'impôt", fait valoir le secrétaire général délégué de LR, Geoffroy Didier.

En 2019, M. Wauquiez sera attendu au tournant des Européennes. Le choix de la tête de liste devra être "collégial", a averti le président du Sénat Gérard Larcher, guère enthousiaste pour celle de François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie proche de la Manif pour tous. "Une stratégie du désespoir" qui ne s'adresserait qu'au seul "socle de militants", s'alarme un dirigeant.

M. Wauquiez doit composer avec un autre paramètre: la présence de Nicolas Sarkozy, reçu par Emmanuel Macron en pleine crise des "gilets jaunes". "Sarkozy n'est jamais bien loin quand Macron est en difficulté et que la droite pourrait émerger", accuse un dirigeant LR.

Si son entourage assure que l'ancien président n'a "aucune envie" de retour, d'autres croient en sa volonté de reconquérir l'Elysée. "Il lui faudrait trois choses: le désordre dans le pays -on n'en est pas loin-, pas de leader naturel à droite -c'est le cas-, et un risque des extrêmes", juge un député qui toutefois n'y croit guère, en raison de son calendrier judiciaire.

Mais "Nicolas Sarkozy est une condition sine qua non de la non-reconstruction de la droite. Son ombre tutélaire persistante empêche la réorganisation des Républicains. Si Laurent Wauquiez ne parvient pas à s'imposer, c'est parce que Nicolas Sarkozy reste présent et apparaît comme une hypothèse permanente. En cela, il est un allié de circonstance pour nous", résume, dans Le Figaro, un membre du premier cercle d'Emmanuel Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Après un an de présidence Wauquiez, Les Républicains en plein doute
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le