Aquarius: pour le Défenseur des droits, il fallait « accueillir d’abord »
Le Défenseur des Droits a critiqué la réponse française à la crise du navire humanitaire de l'Aquarius, jugeant qu'il aurait...

Aquarius: pour le Défenseur des droits, il fallait « accueillir d’abord »

Le Défenseur des Droits a critiqué la réponse française à la crise du navire humanitaire de l'Aquarius, jugeant qu'il aurait...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Le Défenseur des Droits a critiqué la réponse française à la crise du navire humanitaire de l'Aquarius, jugeant qu'il aurait fallu "accueillir d'abord" les migrants et étudier leur "situation administrative ensuite" alors que Paris, longtemps silencieux, a fait le choix inverse.

"La réponse qu'il fallait donner à l'errance des migrants d'Aquarius était une réponse humanitaire : accueillir ces personnes dans l’urgence", a estimé Jacques Toubon dans une interview au Journal du dimanche, alors qu'un mini-sommet européen consacré à la crise migratoire est prévu à Bruxelles dans la journée.

L'Aquarius, un navire humanitaire qui transportait 630 migrants, a terminé le 17 juin sa route à Valence, en Espagne, après une errance d'une semaine en Méditerranée provoquée par le refus de l'Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports.

En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement français n'ait pas proposé d'accueillir le bateau, passé près des côtes corses.

Face aux critiques, Paris a fini par accepter une partie de ces migrants mais ne n'est dit prêt à accueillir que ceux "qui répondraient aux critères du droit d'asile" après examen de leur situation en Espagne.

"Le principe de non refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l'errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d’abord, observer leur situation administrative ensuite", assure M. Toubon.

Le Défenseur des Droits a par ailleurs plus généralement déploré que "la peur" et l'idée "fausse" d'une "submersion" migratoire "guident les opinons et les choix politiques".

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, dont le projet de loi controversé sur l'immigraton doit être adopté pendant l'été, a été critiqué pour avoir déclaré que certaines régions étaient "submergées par les flux de demandeurs d'asile".

"Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux", a exhorté M.Toubon.

Dans son interview, il appelle par ailleurs de ses voeux la "fin" du règlement "injuste et inefficace" de Dublin, qui confie principalement la charge du traitement des demandes d'asile aux pays de première entrée dans l'UE.

Partager cet article

Dans la même thématique

Aquarius: pour le Défenseur des droits, il fallait « accueillir d’abord »
5min

Politique

Budget de l’agriculture : le Sénat adopte des crédits en baisse, la gauche dénonce les coupes dans la transition écologique

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Sénat a adopté les crédits de la mission agriculture du budget 2026. En prenant en compte les crédits européens, les dépenses fiscales et sociales, l’enveloppe allouée à l’agriculture s’élève à 25 milliards. Toutefois les crédits sont en baisse par rapport au dernier exercice effectivement exécuté en 2024. A gauche, les sénateurs ont dénoncé les fortes coupes dans la transition écologique.

Le

Aquarius: pour le Défenseur des droits, il fallait « accueillir d’abord »
2min

Politique

Dermatose des bovins : « Nous ne laisserons aucun éleveur seul », promet Annie Genevard

Alors que le Sénat examine les crédits de la mission agriculture du budget 2026, la ministre, Annie Genevard a assuré que l’Etat serait aux côtés des éleveurs de bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et a réaffirmé la politique d’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés et d’une vaccination élargie.

Le

Paris : Session of the examination of the government of the finance bill PLF
11min

Politique

Budget : les tractations ont commencé pour tenter d’arracher un accord en commission mixte paritaire

Au moment où les sénateurs s’apprêtent à terminer l’examen du budget, les esprits sont déjà dans l’étape suivante, la commission mixte paritaire. Malgré de très grosses différences entre les députés et le texte du Sénat, l’idée d’un accord en CMP fait son chemin. Mais avant de voir une fumée blanche, beaucoup de chemin reste à faire. Pour préparer le terrain, les échanges informels ont déjà commencé.

Le