Arbitrage Tapie : Christine Lagarde dément « toute négligence »
L’ancienne ministre de l’Economie a comparu ce lundi devant la Cour de Justice de la République pour « négligence » dans le cadre de l’affaire Tapie.

Arbitrage Tapie : Christine Lagarde dément « toute négligence »

L’ancienne ministre de l’Economie a comparu ce lundi devant la Cour de Justice de la République pour « négligence » dans le cadre de l’affaire Tapie.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 « Je n’ai pas l’intention de me taire ». Christine Lagarde donne le ton dès le début de son procès, alors que la présidente de la Cour de Justice de la République l’informe qu’elle a le droit de garder le silence.

La présidente du FMI comparaît depuis lundi 14 heures pour « négligences » pour avoir choisi le recours à un arbitrage privé dans le conflit opposant le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie dans l’affaire de la vente d’Adidas.

 « Christine Lagarde souhaite écarter les griefs qui sont formulés à son encontre. Elle souhaite les discuter. Elle est là personnellement, physiquement, et elle sera là tout au long de l’audience » a expliqué son avocat Patrick Maisonneuve avant le début du procès (voir la vidéo ci-dessus).

Rejet du sursis à statuer

Ce dernier a demandé le report du procès en attendant la fin de l’enquête pénale. Un sursis à statuer rejeté par la CJR. Il a dans le même temps dénoncé la « violence » des termes de l’arrêt de renvoi qu’il juge « invraisemblables ». Dans cet arrêt, les magistrats ont notamment estimé que les explications de Christine Lagarde dans cette affaire étaient « peu convaincantes, sinon affligeantes », et que son attitude face au dossier témoignait « d’une précipitation et d’une légèreté constitutives de graves négligences de la part d’un ministre chargé de la conduite des affaires de l’Etat ».

« Pas de négligence »

De son côté, Christine Lagarde s’est dite également « profondément choquée » par les « raccourcis » et « approximations », et par le ton employé par cet arrêt. « Ai-je été abusée ? Je veux le savoir. Ai-je été négligente ? non » a-t-elle affirmé. 

Face à la présidente de la CJR Martine Ract Madoux, qui lui pose des questions très précises sur les détails de l’affaire, elle assure que cet arbitrage « n’était pas une priorité » à l’époque, mais que « ça valait la peine d’explorer cette voie » pour mettre fin au contentieux judiciaire avec Bernard Tapie.

Pour autant, Christine Lagarde, ancienne avocate, assure ne pas être « une spécialiste » de ces procédures privées.

Le procès reprendra mercredi, avec notamment le témoignage de Stéphane Richard, son ancien directeur de cabinet. Jean-François Rocchi et Bernard Scemama, chargés à l'époque de liquider une partie des actifs du Crédit Lyonnais seront également présents.

Partager cet article

Dans la même thématique

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le

Arbitrage Tapie : Christine Lagarde dément « toute négligence »
4min

Politique

Aide à mourir : le Sénat rejette le texte, la gauche dénonce un « sabordage »

Après avoir supprimé lundi, l’article 2, clé de voûte de la proposition de loi sur l’aide à mourir, le Sénat a rejeté l’ensemble du texte, en adoptant des amendements de suppression sur l’ensemble des articles. A gauche comme à droite, chacun s’est renvoyé la responsabilité de ce « sabordage ».

Le

Arbitrage Tapie : Christine Lagarde dément « toute négligence »
3min

Politique

« François Hollande veut l’union des centres, nous voulons l’union de la gauche », estime Clémentine Autain

Invitée de notre matinale, Clémentine Autain a lancé un ultimatum au Parti socialiste, et appelle le PS à « trancher » sur sa participation ou non à la primaire de la gauche « non-mélenchoniste. » Si la primaire ne se tient pas, la cofondatrice du parti l’Après n’entend pas être « la candidate de la division » et n’exclut « aucune hypothèse », même un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Le

Debate on France’s role in preventing international political crises
9min

Politique

« J’ai assez honte que mon parti se tabasse toute la journée » : la crise interne continue au PS sur la stratégie pour 2027

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud espère créer un « sursaut ». Le président du groupe PS de l’Assemblée veut mettre « la nouvelle gauche plurielle », soit toutes les forces de gauche, hors LFI, autour de la même table pour trouver « un contrat de gouvernement », avant l’incarnation. « On ne comprend absolument pas le sens de sa démarche, si ce n’est exister », rétorque un lieutenant d’Olivier Faure, qui entend rester premier secrétaire.

Le