ARCHIVE. Jean-Louis Debré : « Les politiques n’ont plus rien à dire »

L’ancien président du Conseil constitutionnel et de l’Assemblée nationale est décédé à l’âge de 80 ans dans la nuit de lundi à mardi. Le 4 octobre 2023, retiré de la vie politique, Jean-Louis Debré était l’invité de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat.
Caroline Deschamps

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A l’occasion des 65 ans de la Constitution de la Vème République, dont son père fût l’un des rédacteurs, Jean-Louis Debré était l’invité le 4 octobre 2023 d’Oriane Mancini sur Public Sénat. La veille Jean-Pierre Elkabbach vient de mourir. Appelé à réagir à son décès, l’ancien président de l’Assemblée nationale reconverti dans le théâtre, évoque ses souvenirs du journaliste qu’il a bien connu. « C’était l’époque où face à ces grands journalistes, il y avait des grands leaders […] Tout le monde retient encore les débats avec Georges Marchais (le secrétaire général du Parti communiste de 1972 à 1994).

Fidèle à son franc-parler, Jean-Louis Debré estime alors que cette époque est désormais révolue : « Les politiques n’ont plus rien à dire. Il n’y a plus de débats idéologiques. Il y a eu très peu de périodes dans notre histoire où il n’y a pas de personnage qui émerge. »

Pas même Emmanuel Macron, le plus jeune président de la Vème République, qui vient de se faire réélire pour un deuxième mandat ? La réponse de Jean-Louis Debré est sans appel : « Plus personne n’émerge. Quand vous aviez Mitterrand, il dominait la gauche. Et la droite se déterminait par rapport à Mitterrand… Quand il y avait Chirac, Chirac dominait la droite. » Et de déplorer : « Aujourd’hui, il n’y a plus de combats idéologiques ».

L’ancien président du Conseil constitutionnel voit dans ce constat plusieurs raisons : « Les réseaux sociaux qui jouent un rôle médiocre ». En second lieu, le non-cumul des mandats qui selon lui « a écarté un certain nombre de personnalités politiques ».

« Je tourne au théâtre dans toutes les villes, je vois qu’un certain nombre de personnes préfèrent être président de région ou de département, ou être maire de grandes villes… plutôt que de venir au Parlement. Il n’y a plus de combats d’idées », ajoute-t-il.

 

Pour revoir l’interview en intégralité, c’est ici.

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