Pédagogie et médiation, ce sont les maîtres-mots des policiers municipaux. A Auch, des patrouilles parcourent la ville chaque jour au contact des habitants. Avec deux de ses collègues, le brigadier-chef Frédéric Sabadie passe une bonne partie de sa journée à déambuler dans les rues : « On est requis par [les habitants] pour diverses problématiques qu’ils sont susceptibles de rencontrer sur la voie publique ou à leur domicile. On prend attache avec la population, avec les commerçants pour savoir si tout se passe bien. »
Les trois agents profitent de cette patrouille pédestre pour visiter de nombreux commerces et vérifier que tout va bien. Une présence jugée rassurante pour les Auscitains, comme l’explique entre deux coups de ciseaux Laïd Charkaoui, gérant d’un salon de coiffure : « Comme je le dis tout le temps, on remercie [les policiers municipaux] pour leur travail formidable ! Ils sont là, tout le temps, pour tout : la circulation, les gens qui viennent gêner… pour tout, ils interviennent ! »
Des armes de poing depuis 2024
Depuis 2024, la police municipale d’Auch est dotée d’armes de poing, comme c’est le cas dans 6 polices municipales sur 10 en France. Le port de cette arme létale est scrupuleusement encadré, les agents se la voient délivrer au terme d’une formation pratique et juridique. Si les policiers ont désormais leur arme attachée à la ceinture de leur uniforme en permanence, Frédéric Sabadie explique qu’il s’agit avant tout d’un outil de dissuasion : « Je souhaite ne jamais avoir besoin de dégainer le pistolet semi-automatique, mais auprès des individus avec lesquels on aurait certaines difficultés, cela reste quand même dissuasif […], ça sécurise. »
La ville d’Auch s’est dotée d’une police municipale seulement en 2014. Mais depuis, l’institution s’est largement renforcée : si l’arme vient compléter l’uniforme et sécuriser un peu plus les agents, tout un système de vidéoprotection a également été mis en place dans les rues de la ville. Vingt et une caméras sont actuellement en service, surveillées en direct douze heures par jour par un agent au sein des locaux de la police municipale.
Vingt et une caméras de vidéoprotection
« On peut visionner plusieurs caméras en même temps. Cela peut être pour de la surveillance, ou bien si on repère un fait sur le mur d’images, alors on peut prendre la main sur la caméra et voir ce qui se passe. Cela sert aussi de protection pour les collègues qui interviennent sur la voie publique, ils sont focus sur leur intervention, ils font attention à leur environnement mais on peut, avec la caméra, avoir une surveillance complémentaire sur cette intervention », explique Jérémy, brigadier-chef référent de la vidéoprotection.
Bien souvent, la police municipale est la première à intervenir sur le terrain, et est confrontée à tous types de situations et d’individus. Bien loin de l’image du policier municipal dédié au stationnement, comme l’explique Frédéric Bonnassies, chef de service adjoint de la police municipale d’Auch : « il y a quelques décennies en arrière, le policier [municipal] ne s’occupait que du stationnement, aujourd’hui, on a un volet vraiment sécuritaire sur la voie publique. C’est pour ça qu’on a de nouveaux équipements, les policiers municipaux se sentent vraiment reconnus. »
Une police municipale renforcée… dans une commune de gauche
La vidéoprotection et l’armement des policiers municipaux sont depuis longtemps plébiscités par les municipalités de droite, mais les mairies de gauche sont de plus en plus nombreuses à s’y résoudre. Christian Laprébende, maire d’Auch depuis 2017, est socialiste, et pour lui, il n’est plus question de couleur politique : « Je crois que l’objectif de tout élu c’est de renforcer la sécurité de ses citoyens, de proposer un haut sentiment de sécurité. Cela passe par cet outil de vidéoprotection, par l’armement de la police municipale… Maintenant il n’y a plus de couleur politique, ça rentre dans les mœurs. »
A Auch ces dernières années, le renforcement de la police municipale a coûté plus de 300 000 euros, une somme en partie financée par l’Etat, preuve que la sécurité est l’une des priorités du chef-lieu du Gers. En vue des élections municipales, « la sécurité et la lutte contre la délinquance » arrivent en tête des thématiques jugées prioritaires chez 50 % des électeurs, selon une étude Odoxa pour Public Sénat parue en décembre 2025. Ce chiffre grimpe à 60 % au sein de la tranche d’âge des 65 ans et plus.
Clément Guillonneau