Arnaques en ligne : « Ça empêche les seniors de faire des démarches par ordinateur » alerte cette conseillère numérique

Et si le meilleur moyen de lutter contre les arnaques en ligne tenait dans une petite mallette de carton ? Depuis quatre ans Marylise Lemarié, conseillère numérique à la communauté de communes Val-ès-Dunes dans le Calvados, utilise la mallette cyber, développée par les pouvoirs publics pour faire de la prévention et accompagner les victimes des arnaques en ligne, comme elle le raconte au micro de Quentin Calmet dans l’émission Dialogue citoyen.
Mathieu Terzaghi

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est une petite mallette bien utile. Dans ce petit coin de Normandie, rares sont les jours où Marylise Lemarié n’entend pas parler d’arnaque téléphonique et en ligne. Pour la conseillère numérique, « les SMS, les appels, les mails : tout le monde reçoit ça quotidiennement en ce moment, c’est pourquoi il me fallait trouver une réponse » détaille-t-elle. Depuis quelques années, elle propose des formations pour faire face aux sollicitations frauduleuses.

Quels sont les profils escroqués ?

Des « personnes âgées », « très vite dépassées par ces nouvelles technologies », explique-t-elle. Les personnes âgées ont l’impression que ces arnaques sont apparues avec Internet. « Mon but c’est de leur expliquer que les arnaques existent depuis toujours mais qu’elles se sont adaptées à ce qui se fait aujourd’hui », poursuit la conseillère numérique. Elle est confrontée à des personnes effrayées, « ça les empêche de faire des démarches qui peuvent se faire par ordinateur, sur smartphone ou tablette ». Son but est donc de les « rassurer » et les « déculpabiliser » à travers ses ateliers.

Cependant, Marylise Lemarié tient à nuancer : « J’ai aussi des jeunes, je tiens à enlever un peu le cliché que les jeunes sont nés avec Internet donc ils savent tout faire, ce n’est pas vrai ». Tous ne connaissent pas les « bonnes pratiques à avoir sur ces arnaques ».

Les conseils pour éviter de se faire avoir

Les arnaques sont de plus en plus liées à l’actualité, comme les Zones à Faible Émission (ZFE) annoncées dans une partie du Calvados, le département de Marylise : « Dès que quelque chose est connu du grand public, l’arnaque va mettre très peu de temps à se mettre en place sur ce sujet-là ». Mieux vaut rester vigilant. Les escrocs jouent sur le sentiment d’urgence, mettent la personne escroquée sous pression, et la plongent dans la précipitation pour la pousser à l’erreur.

Le principal conseil, « c’est de ne rien faire ». N’ouvrir aucun lien envoyé par SMS, aucune pièce jointe reçue par mail, ne répondre à aucun appel d’un numéro inconnu… De la même façon qu’on nous a appris « à ne pas ouvrir la porte de chez nous et parler à des inconnus, ou à donner des informations sur soi, il faut transposer cela dans le monde virtuel », conclut la conseillère.

Olivier Cadic, sénateur Union Centriste des Français établis hors de France, salue « la réussite » du projet, ce qui arrive selon lui « quand on travaille de façon collective ». D’après l’élu, « tout le monde a un rôle à jouer » pour répondre à ce qui est « un besoin pour la population ».

Une émission à revoir en intégralité sur notre espace replay .

Partager cet article

Dans la même thématique

Arnaques en ligne : « Ça empêche les seniors de faire des démarches par ordinateur » alerte cette conseillère numérique
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Arnaques en ligne : « Ça empêche les seniors de faire des démarches par ordinateur » alerte cette conseillère numérique
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le