Marseille: Amine Kessaci candidate
Amine Kessaci. Amine Kessaci candidate of the Nouveau Front Populaire (NFP) left-wing coalition for the legislatives elections during a campaign event for the second round of the upcoming legislatives elections in Marseille, southern, France, on July 5, 2024.Amine Kessaci candidat de la coalition de gauche du Nouveau Front Populaire (NFP) pour les elections legislatives lors d un evenement de campagne pour le second tour des prochaines elections legislatives a Marseille le vendredi 5 juillet 2024.//ALAINROBERT_1Y8A0941/Credit:Alain ROBERT/SIPA/2407062346

Assassinat du frère d’Amine Kessaci : le militant écologiste engagé contre le narcotrafic était « sous protection policière et exfiltré de Marseille depuis un mois »

Le petit frère d’Amine Kessaci, jeune militant écologiste marseillais, connu pour son combat contre le narcotrafic, a été tué par balles jeudi soir à Marseille. L’hypothèse d’un assassinat d’avertissement est privilégiée et pourrait faire basculer la France un peu plus vers ce qui définit les narco Etats. C’est ce que craignaient les sénateurs de la commission d’enquête sur le narcotrafic. Le sénateur écologiste de Marseille Guy Benarroche, proche d’Amine Kessaci a pu s’entretenir avec lui, ce matin.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« J’ai eu Amine au téléphone ce matin, il est complètement détruit. C’est son second frère qui est victime du narcotrafic et il a l’impression d’en être responsable ». Le sénateur écologiste de Marseille, Guy Benarroche est un proche d’Amine Kessaci. Après la mort de son frère aîné, Brahim, en 2020, le jeune garçon avait fait de la lutte contre le narcotrafic, le cœur de son engagement. Avec son association « « Conscience » », il est l’un des porte-voix des familles endeuillées de cette ville régulièrement secouée par des narchomicides. Amine Kessaci a aussi porté son combat sur le terrain politique et était candidat aux dernières élections européennes et législatives sous la bannière écologiste.

Jeudi 13 novembre 2025, c’est le petit frère d’Amine Kessaci, Mehdi, qui a été tué par balles. Le procureur Nicolas Bessone n’exclut pas l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement visant à atteindre Amine Kessaci.

« Si tel devait être le cas, on aurait franchi une étape supplémentaire. Ça rappelle un certain nombre de périodes terribles connues dans notre pays, où vous allez assassiner des gens, simplement parce qu’ils sont membres d’une famille avec laquelle vous avez des problèmes », a-t-il estimé sur franceinfo.

« Il avait reçu des menaces depuis la sortie de son livre »

« Amine était sous protection policière et avait été exfiltré de Marseille depuis un mois. Il avait reçu des menaces depuis la sortie de son livre « Marseille, essuie tes larmes » (Ed. Le Bruit du Monde 2 octobre 2025). Cette protection s’inscrit aussi dans le contexte du procès des assassins de son frère aîné qui se déroulera dans les prochains mois. Amine et sa mère, qui est présidente de l’association Conscience, avaient prévu de rappeler que la justice ne devait pas uniquement sanctionner les petites mains, mais aussi le haut du spectre. C’est d’ailleurs ce que nous avons dit au cours des travaux de notre commission d’enquête sur le narcotrafic. Nous nous étions d’ailleurs déplacés à Marseille notamment pour rencontrer des membres de l’association « Conscience » », explique Guy Benarroche.

« On est en train de connaître un changement de nature du crime »

Etienne Blanc, sénateur LR qui était rapporteur de la commission d’enquête, ne cache pas son inquiétude sur les implications de cet assassinat qui s’est déroulé en plein jour, alors que Mehdi venait de déposer en voiture sa mère à la pharmacie « Soit c’est une erreur sur la personne et les assassins ont confondu la victime avec son frère. Soit, ils s’en sont pris à un membre de la famille d’une personne qui gêne le narcotrafic pour le terroriser. Et à ma connaissance, c’est inédit en France. C’est ce qui se passe dans les narco-Etats. C’est très révélateur d’un fonctionnement des réseaux mafieux, c’est d’une gravité extrême. On est en train de connaître un changement de nature du crime et ça prend des proportions non maîtrisées. On remplit de plus en plus les critères d’un narco Etat, soit un Etat dans lequel les trafiquants font régner la terreur ».

« Je ne dirais pas que la France est devenue un narco-Etat, mais qu’on a passé une étape, car jusqu’à présent, les victimes sont toujours liées de près ou de loin au trafic », complète Guy Benarroche.

Ce crime intervient moins d’un an après l’adoption de la proposition de loi transpartisane du Sénat sur la lutte contre le narcotrafic. « Je pense qu’aujourd’hui les moyens sont mis. Il y a aussi la volonté du garde des Sceaux de regrouper les plus gros narcotrafiquants dans des prisons de haute sécurité. Mais nous avons affaire à une hydre », constate Etienne Blanc.

Le combat d’Amine Kessaci contre le narcotrafic est le sujet du documentaire « Marseille, des larmes au combat », Anaïs Merad, à revoir sur Public Sénat. voir ci-dessous.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

« C’est la survie de notre famille qui se joue » : l’union des droites avec le RN travaille les LR

Alors que Nicolas Sarkozy n’appellera pas au front républicain et que Bruno Retailleau défend l’union des droites « par les urnes », la question d’un possible rapprochement des LR avec le RN divise encore. La ligne reste au rejet de tout accord d’appareils, plusieurs parlementaires craignant pour « la survie » des LR en cas de fusion-absorption avec le RN. Mais certains sont prêts à se laisser tenter.

Le

XINHUA PHOTOS OF THE DAY
5min

Politique

[Info Public Sénat] Nicolas Sarkozy pour l’union des droites ? « Un emballement totalement disproportionné », pointe son entourage, « il n’a jamais pactisé avec le RN »

Dans son ouvrage écrit en prison, Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’appellera pas au front républicain et soutient pour la droite le « rassemblement le plus large possible, sans exclusive ». Beaucoup y voient une défense de l’union des droites. Mais l’entourage de l’ex-chef de l’Etat dément. « Nicolas Sarkozy a toujours dit qu’il fallait parler aux électeurs du RN, mais absolument pas s’allier au parti », soutient-on.

Le

Assassinat du frère d’Amine Kessaci : le militant écologiste engagé contre le narcotrafic était « sous protection policière et exfiltré de Marseille depuis un mois »
4min

Politique

Budget 2026 : le Sénat vote les crédits en hausse pour lutter contre l’immigration illégale

Lundi matin, le Sénat a adopté la mission « Immigration, asile et intégration » du projet de loi de finances pour 2026, avec des crédits en hausse de 80 millions par rapport à l’année dernière pour atteindre 2,16 milliards d’euros. Une enveloppe destinée à mettre en œuvre l’application du Pacte Asile et immigration, et le doublement de la capacité des centres de rétention administrative (CRA) à 3 000 places en 2029. La gauche a dénoncé le manque de moyens pour l’intégration.

Le