Assemblée: les jeunes députés comptent se faire une place au côté des « vieux briscards »
Ils cassent un peu les codes et sont pleins d'enthousiasme: les députés de moins de 30 ans, de tous bords, comptent bien se faire une place au...

Assemblée: les jeunes députés comptent se faire une place au côté des « vieux briscards »

Ils cassent un peu les codes et sont pleins d'enthousiasme: les députés de moins de 30 ans, de tous bords, comptent bien se faire une place au...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ils cassent un peu les codes et sont pleins d'enthousiasme: les députés de moins de 30 ans, de tous bords, comptent bien se faire une place au côté des "vieux briscards", certains tablant même sur leur jeune âge pour duper l'adversaire.

Dans le grand renouvellement des législatives, l'Assemblée a perdu plus de cinq ans de moyenne d'âge en passant de 54 ans en 2012 à environ 49 ans en 2017, un niveau jamais vu depuis 1981. Ils sont 28 députés à ne pas avoir la trentaine, alors qu'il n'y avait qu'une élue dans cette catégorie en 2012, Marion Maréchal-Le Pen (FN).

Les députés de La France insoumise (LFI) sont en moyenne les plus jeunes (43 ans et 4 mois), devant ceux de la République en Marche (45 ans et demi). Suivent le FN et Les Républicains, devant le PS, les communistes et l'UDI.

Parmi ces nouveaux venus, arrivés pour certains en baskets au Palais Bourbon, Ludovic Pajot, 23 ans, élu FN du Pas-de-Calais, dit à l'AFP sa "fierté" d'être le benjamin de l'Assemblée.

Damien Adam, élu député de la République en Marche (REM), le 13 mai 2017 à Paris
Damien Adam, élu député de la République en Marche (REM), le 13 mai 2017 à Paris
AFP/Archives

Ce jeune homme, qui a fait des études de droit, fera partie mardi du "bureau d'âge" lors de la première séance, présidée par le doyen, le LR Bernard Brochand, 79 ans, assisté des six plus jeunes. Cette mission ne semble pas du tout intimider cet élu local (conseiller municipal et conseiller régional des Hauts-de-France).

Elu de La République en marche (REM), qui a fait du renouvellement son credo, Damien Adam, 27 ans (Seine-Maritime), estime lui aussi que l'âge n'est "pas un handicap", comme Fannette Charvier (REM, Doubs), 32 ans, pour qui "l'Assemblée a besoin d'être représentative de la société".

Pour Damien Adam, diplômé d'une école de commerce, c'est plutôt "ceux qui sont habitués aux codes de l'Assemblée qui vont être perturbés, qui vont peut-être mal le vivre".

Gabriel Attal, élu député de La République en Marche, le 13 mai 2017 à Paris
Gabriel Attal, élu député de La République en Marche, le 13 mai 2017 à Paris
AFP/Archives

Gabriel Attal (REM, Hauts-de-Seine), 28 ans, se sent investi de la "responsabilité de montrer que la jeunesse fait son entrée", alors que, "jusqu'à présent, on avait l'impression que les jeunes parlementaires c'étaient des FN".

"Pendant la campagne, on était une quinzaine de candidats de moins de 30 ans et on était en contact SMS, on s'échangeait nos impressions, nos conseils car c'est un peu impressionnant", confie-t-il, espérant garder ce lien de "solidarité générationnelle".

- 'Ne pas faire de jeunisme' -

Adrien Quatennens, élu député de La France Insoumise, le 31 mai 2017 à Faches-Thumesnil
Adrien Quatennens, élu député de La France Insoumise, le 31 mai 2017 à Faches-Thumesnil
AFP/Archives

"On sait qu'on est attendus au tournant", reconnaît Adrien Quatennens (LFI), 27 ans, qui se dépeint toutefois comme un "militant politique aguerri". Cet élu du Nord confie avoir ressenti "le poids de l'Histoire" en arrivant à l'Assemblée.

"Il ne faut pas faire de jeunisme", considère cet "insoumis", jugeant que, chez REM, c'est "du renouvellement sans changement, avec des jeunes personnes qui portent de vieilles idées libérales".

Ugo Bernalicis, son collègue LFI du même âge et même département, n'a pas l'impression de "peser moins lourd" qu'un Jean-Luc Mélenchon et se voit siéger "dans une commission prestigieuse".

Il compte même faire de son âge un atout: "nos adversaires vont nous sous-estimer, et on en profitera..."

Robin Reda, élu député Les Républicains, le 19 juin 2017 dans les jardins de l'Assemblée nationale, à Paris
Robin Reda, élu député Les Républicains, le 19 juin 2017 dans les jardins de l'Assemblée nationale, à Paris
AFP/Archives

Côté LR, où de nombreux sortants ont été réélus, Robin Reda, 26 ans et une "expérience de trois ans d'élu local" dans l'Essonne (il est maire de Juvisy-sur-Orge), fera lui aussi partie du "bureau d'âge".

Considèré par certains comme une étoile montante de la droite,l'édile au look de jeune premier veut croire à une prise de conscience dans son camp quant à l'"atout jeunesse". Mais "dire que le groupe LR n'est pas enfermé sur quelques traditions serait mentir", selon lui.

Il vise la commission des Finances ou des Affaires économiques, des postes "généralement +trustés+", espérant que la droite montrera "qu'elle n'envoie pas ses vieux briscards dans les commissions les plus prestigieuses". Sinon, cela créera des "frustrations".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Olivier Faure convention municipales 2026
10min

Politique

Municipales : le PS fait du scrutin un « enjeu majeur » dans la bataille du leadership face à LFI

Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».

Le

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le

BORDEAUX : second round of mayoral elections
17min

Politique

Municipales : les enjeux détaillés, parti par parti

Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.

Le

« Le gouvernement est à l’action », tient à rassurer Sébastien Martin.
4min

Politique

Prix des carburants : « Il n’y a pas de risque de pénurie », déclare Sébastien Martin

En réaction aux bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit très stratégique d'Ormuz. Plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux y transitent par bateaux, entraînant une flambée du prix des carburants à travers le monde. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à balayer les inquiétudes des particuliers et des professionnels.

Le