Assistants d’eurodéputés: la Cour de cassation rejette les recours du FN pour annuler la procédure
La Cour de cassation a rejeté mardi les demandes d'annulation de la procédure dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs d...

Assistants d’eurodéputés: la Cour de cassation rejette les recours du FN pour annuler la procédure

La Cour de cassation a rejeté mardi les demandes d'annulation de la procédure dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs d...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Cour de cassation a rejeté mardi les demandes d'annulation de la procédure dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés FN (devenu RN), dans laquelle le parti et Marine Le Pen sont mis en examen, selon un arrêt consulté par l'AFP.

Saisie de pourvois de la présidente du RN et du parti après l'échec de leur recours devant la cour d'appel de Paris le 4 juin 2018, la plus haute juridiction judiciaire a définitivement validé la procédure, permettant la poursuite de l'enquête.

Marine Le Pen soutenait d'une part que la justice française n'avait pas à connaître d'une affaire concernant le Parlement européen et d'autre part, que l'enquête judiciaire s'affranchissait du principe de séparation des pouvoirs.

La cour d'appel avait écarté ces arguments, estimant qu'"aucun texte n'interdit à l'autorité judiciaire" d'enquêter sur d'éventuelles infractions commises par des députés concernant l'utilisation de fonds publics, selon son arrêt.

Dans l'arrêt, dont l'AFP a obtenu copie, la Cour de cassation souligne que les procédures de recouvrement des sommes indûment versées aux collaborateurs parlementaires, engagées en parallèle par le Parlement européen, "s’exercent sans préjudice de l’engagement, devant le juge national, de poursuites pénales qui ne portent ainsi atteinte ni au principe de séparation des pouvoirs ni à celui de l’autonomie parlementaire".

Depuis fin 2016, les juges enquêtent sur un possible "système" organisé "de manière concertée et délibérée" par le RN et sa présidente pour financer des salaires de ses permanents en détournant les fonds de l'Union européenne destinés à l'emploi d'assistants parlementaires.

L'enquête cible 16 députés et 54 contrats de collaborateurs parlementaires pour un préjudice évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d'euros entre 2009 et 2017.

Mise en examen pour "détournements de fonds publics", Marine Le Pen est soupçonnée d'avoir rémunéré, entre 2009 et 2016 sur son enveloppe d'ancienne eurodéputée, sa cheffe de cabinet au FN, Catherine Griset, et son garde du corps, Thierry Légier, et d'avoir "donné des instructions" afin que des eurodéputés engagent comme assistants des personnes "occupant en réalité des emplois" au FN.

Elle conteste les faits mais elle s'est refusée à répondre aux questions des juges lors de ses deux interrogatoires, en juin 2017 et en octobre 2018, indiquant suspendre ses réponses à la décision de la Cour de cassation.

L'information judiciaire cumule à ce stade une quinzaine de mises en examen connues, initialement pour "abus de confiance", complicité ou recel de ce délit, dont le Front national, la présidente Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot.

Les magistrats ont commencé cette automne à alourdir toutes les mises en examen, confortés par une jurisprudence récente de la Cour de cassation qui autorise les poursuites pour "détournements de fonds publics" contre des parlementaires.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le

Assistants d’eurodéputés: la Cour de cassation rejette les recours du FN pour annuler la procédure
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Assistants d’eurodéputés: la Cour de cassation rejette les recours du FN pour annuler la procédure
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le

Retailleau ok
7min

Politique

Bruno Retailleau veut rétablir les contrôles à la frontière espagnole : c’est le cas depuis 2015

Suite à la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne, la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement des contrôles à la frontière espagnole. Or, ces contrôles ont été rétablis, théoriquement temporairement, mais sans discontinuer, depuis 2015. Par ailleurs, un titre de séjour délivré par un autre Etat-membre ne permet pas de séjourner légalement en France.

Le