Assistants d’eurodéputés MoDem: Marielle de Sarnez à son tour mise en examen
La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez a à son tour été mise en examen mercredi pour détournement de fonds publics dans l...

Assistants d’eurodéputés MoDem: Marielle de Sarnez à son tour mise en examen

La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez a à son tour été mise en examen mercredi pour détournement de fonds publics dans l...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez a à son tour été mise en examen mercredi pour détournement de fonds publics dans l'affaire des emplois présumés fictifs des assistants de députés européens du parti centriste, qui menace également son président François Bayrou.

A l'issue de plus de dix heures d'audition au tribunal de Paris, Mme de Sarnez a été mise en examen pour le contrat d'une ancienne assistante, a appris l'AFP de sources concordantes.

Concernant les contrats de cinq autres assistants examinés par les juges, l'ex-eurodéputée a en revanche échappé à la mise en examen et été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté, selon une source judiciaire et une source proche du dossier.

"La procédure lui donne désormais les moyens d'intervenir activement dans l'enquête", ont réagi auprès de l'AFP ses avocats, Pierre Casanova, Christophe Ingrain et Paul Mallet. "Marielle de Sarnez démontrera que l'infraction qui lui est reprochée est sans fondement", ont-ils ajouté.

Depuis le 15 novembre, plusieurs figures du MoDem, dont l'ancien garde des Sceaux Michel Mercier ou encore le directeur financier du parti centriste Alexandre Nardella, ont déjà été mises en examen dans ce dossier.

L'ex-eurodéputée et actuelle vice-gouverneure de la Banque de France Sylvie Goulard l'a pour sa part été le 29 novembre. Le président du MoDem François Bayrou est de son côté convoqué vendredi.

Les juges cherchent à déterminer si des collaborateurs parlementaires ont été rémunérés par les fonds du Parlement européen alors qu'ils étaient en réalité affectés à d'autres tâches pour le parti centriste.

L'ouverture d'une enquête préliminaire du parquet de Paris, en juin 2017, avait entraîné la démission de M. Bayrou du poste de ministre de la Justice, de même que celles de Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et de Sylvie Goulard (Armées).

Plus récemment, cette affaire a par ailleurs conduit au rejet de la candidature de Mme Goulard au poste de commissaire européenne.

- "Affabulation" -

Marielle de Sarnez, qui fut élue au Parlement européen de 1999 à 2017, a été mise en cause par plusieurs protagonistes du dossier, dont une de ses anciennes assistantes, Karine Aouadj.

Cette dernière affirme n'avoir jamais réellement exercé de tâches liées au Parlement européen et avoir plutôt été son assistante personnelle, s'occupant de gérer ses questions domestiques comme le personnel de maison, la construction d'une maison en Grèce ou ses déclarations fiscales.

Devant les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) à Nanterre les 11 et 12 septembre, la responsable politique a qualifié ces affirmations d'"affabulation", selon un procès-verbal dont l'AFP a eu connaissance.

Elle a par ailleurs insisté sur le fait qu'au sein du MoDem sa fonction était "purement politique".

"Je n'étais pas en charge du fonctionnement du parti, je n'avais pas de fonction administrative au sein du parti ni de responsabilité sur un domaine particulier au parti", a-t-elle dit.

La semaine dernière, François Bayrou avait relativisé ces poursuites. "Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française", a-t-il déclaré sur RMC et BFMTV.

"Ca n'est pas parce qu'on vous accuse de quelque chose que c'est vrai", s'est-il défendu, expliquant que les collaborateurs travaillaient "à temps partiel" pour le MoDem et "étaient payés pour une fraction de temps par le Parlement européen et l'autre fraction du temps par (le) mouvement". "Qu'est ce qu'il y a de répréhensible à ça?", a-t-il demandé, attribuant la responsabilité de l'affaire à "des calomniateurs".

Le MoDem n'est pas la seule formation politique dans le viseur de la justice pour des emplois présumés fictifs au parlement européen. Des enquêtes similaires ont ainsi été ouvertes pour La France Insoumise (LFI) et pour le Front national (FN). Dans cette dernière, une vingtaine de personnes, dont Marine Le Pen, ont été mises en examen.

Partager cet article

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le