Assistants présumés fictifs d’eurodéputés FN: Bruno Gollnisch (RN) mis en examen
L'eurodéputé RN (ex-FN), Bruno Gollnisch, a été mis en examen vendredi par les juges d'instruction financiers parisiens pour ...

Assistants présumés fictifs d’eurodéputés FN: Bruno Gollnisch (RN) mis en examen

L'eurodéputé RN (ex-FN), Bruno Gollnisch, a été mis en examen vendredi par les juges d'instruction financiers parisiens pour ...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'eurodéputé RN (ex-FN), Bruno Gollnisch, a été mis en examen vendredi par les juges d'instruction financiers parisiens pour "abus de confiance" pour l'emploi présumé fictif entre 2005 et 2015 d'assistants parlementaires, a appris l'AFP auprès de l'intéressé.

Il s'agit de la 10e mise en examen dans cette affaire où sont déjà poursuivis le FN en tant que personne morale et huit assistants ou eurodéputés, dont la présidente du RN, Marine Le Pen, et le député des Pyrénées orientales, Louis Aliot.

"C'est dérisoire. Je n'ai pas détourné un centime du Parlement européen", a réagi Bruno Gollnisch, sollicité par l'AFP.

"Au contraire, mes assistants parlementaires ont fourni un travail acharné, conformément à la législation et aux usages de la vie parlementaire", a-t-il fait valoir.

Les assistants de M. Gollnisch concernés sont Guillaume L'Huillier, ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, et Micheline Bruna, qui a été secrétaire du cofondateur du Front national.

M. Gollnisch dénonce en outre le fait que "l'administration politisée du Parlement européen a déclaré devant le tribunal du Luxembourg qu'elle n'avait aucune procédure en cours contre moi, alors qu'elle s'est constituée partie civile contre quasi tous les élus FN" au Parlement européen. "Ce qui constitue un délit d'escroquerie au jugement", selon l'eurodéputé, proche de Jean-Marie Le Pen.

Dans un communiqué, l'eurodéputé qui avait brigué en 2011 la présidence du FN face à Marine Le Pen, a dénoncé une "tentative d'assassinat politique qui vise à ruiner nos formations politiques et leurs dirigeants en leur extorquant des sommes faramineuses avant tout jugement et au mépris de toutes les règles de droit".

- "Système" organisé -

Il indique vouloir "formuler tous les recours possibles" en France et à Luxembourg et envisager "porter plainte contre les responsables européens concussionnaires qui sont à l'origine de cette persécution parfaitement relayée".

Le 7 mars, le tribunal de l'UE à Luxembourg a rejeté une requête de Jean-Marie Le Pen, également eurodéputé, et de Bruno Gollnisch qui demandaient l'annulation de la décision du Parlement européen, début 2016, de leur faire restituer respectivement 320.026 et 275.984 euros qui auraient été indûment versés pour ces assistants parlementaires.

La justice de l'UE a aussi confirmé le 19 juin que Marine Le Pen devait rembourser près de 300.000 euros au Parlement européen pour l'emploi douteux d'une assistante quand elle était eurodéputée.

Le préjudice total estimé par le Parlement européen est de 7 millions d'euros sur la période 2009 à 2017.

Les juges d'instruction enquêtent sur un possible "système" organisé par le parti, devenu début juin Rassemblement national (RN), et Marine Le Pen pour faire rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l'embauche d'assistants parlementaires.

Le 4 juin, la cour d'appel de Paris a rejeté les recours formés par le FN et Marine Le Pen qui contestaient la compétence de la justice française, estimant aussi que l'enquête judiciaire s'affranchissait du principe de séparation des pouvoirs.

L'enquête, déclenchée en 2015 après un signalement de l'ex-président socialiste du Parlement européen, Martin Schultz, vise 17 élus ou ex-élus frontistes et une quarantaine d'assistants.

Les investigations ont mis au jour des courriels et des tableaux suggérant que les contrats d'assistant étaient ventilés selon les crédits disponibles sur les enveloppes des élus, sans nécessairement demander l'accord de ces derniers.

Marine Le Pen est notamment soupçonnée d'avoir "donné des instructions" afin que des eurodéputés engagent comme assistants des personnes "occupant en réalité des emplois" au FN, selon les termes de sa mise en examen intervenue le 30 juin 2017, d'après une source proche du dossier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le