Assurance chômage : « Ce que nous dit Gabriel Attal est une régression inacceptable qui n’a aucun effet sur l’emploi », tacle Alexis Corbière
Invité de la matinale de Public Sénat, le député insoumis, Alexis Corbière, s’est indigné contre le projet de réforme de l’assurance chômage voulu par le gouvernement de Gabriel Attal. Après 2019 et 2023, il s’agirait de la troisième réforme de l’assurance chômage.
« Je m’oppose radicalement, avec tout le monde du travail », assure Alexis Corbière qui réagit aux annonces du Premier ministre. Parmi les mesures, legouvernement souhaite durcir les conditions d’affiliation. Ainsi, il faudra compter huit mois de travail sur les vingt derniers mois pour pouvoir ouvrir des droits à une indemnisation. La durée d’indemnisation devrait baisser passant de 18 à 15 mois. Pour l’exécutif, qui doit publier les nouvelles mesures par décret, la réforme de l’assurance chômage doit permettre d’économiser 3,6 milliards d’euros pour l’Unédic (chargé de gérer l’assurance chômage) et de créer 90 000 emplois.
« On est dans une situation où 38 % des chômeurs touchent une indemnité, on va tomber à 30 % »
Pour Alexis Corbière, « ce que nous dit Gabriel Attal est une régression inacceptable qui n’a aucun effet sur l’emploi ». L’Unédic a récemment publié les projections de ses dépenses et de ses recettes et table sur un résultat excédentaire dès 2024. « On est dans une situation où 38 % des chômeurs touchent une indemnité, on va tomber à 30 % », alerte le député de Seine-Saint-Denis. Alors qu’Emmanuel Macron estimait, dans un entretien à L’Express, que « La France indemnise trop rapidement, trop longtemps, ce qui n’incite pas à la reprise d’activité », Alexis Corbière s’inquiète de la précarisation des bénéficiaires de l’assurance-chômage. Le député insoumis rappelle que « l’indemnité moyenne est de 1 033 euros » et que 45 % des allocataires sont en train de passer sous le seuil de pauvreté. L’élu appelle donc à dépasser les idées reçues sur le chômage et se concentrer réellement sur la création d’emplois. « Cette idée que les Français seraient installés dans le confort et qu’il faudrait un coup de pied aux fesses pour les faire chercher un boulot est une vision réactionnaire et totalement fausse », s’agace Alexis Corbière.
Le risque de « créer une pression sur l’ensemble des salaires »
Alors que les syndicats fustigent une réforme dangereuse pour tous les travailleurs, Alexis Corbière affirme que le gouvernement cherche à « créer une pression sur l’ensemble des salaires ». En restreignant les conditions d’accès à l’assurance chômage, cela pourrait notamment avoir un effet sur les salaires, les candidats étant prêts à accepter des salaires plus faibles. Au-delà de l’opportunité de la réforme, vivement contestée, le député insoumis assure que cela ne va pas permettre de créer de l’emploi. « Cela va créer l’inverse de ce que le gouvernement souhaite », déplore l’élu de Seine-Saint-Denis. Ce dernier évoque aussi l’impact sur l’emploi des seniors qui va aggraver les mesures issues de la réforme des retraites.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.