Assurance chômage : « Il y a une stigmatisation des chômeurs », dénonce Rémi Féraud
Durcir les sanctions contre les chômeurs. C’est en substance l’esprit du texte que présente Muriel Pénicaud aux partenaires sociaux, ce lundi.  Une démarche qui révèle l’orientation de « droite classique » du gouvernement selon le sénateur PS de Paris, Rémi Féraud.

Assurance chômage : « Il y a une stigmatisation des chômeurs », dénonce Rémi Féraud

Durcir les sanctions contre les chômeurs. C’est en substance l’esprit du texte que présente Muriel Pénicaud aux partenaires sociaux, ce lundi.  Une démarche qui révèle l’orientation de « droite classique » du gouvernement selon le sénateur PS de Paris, Rémi Féraud.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Personne ne peut être pour la fraude », pose en préalable le sénateur de Paris, Rémi Féraud. Néanmoins, l’élu socialiste goûte très peu la démarche de la ministre du Travail qui présente les nouvelles modalités de contrôle des chômeurs aux partenaires sociaux, ce lundi (lire notre article)

Si Muriel Pénicaud assure vouloir remédier à « l’incohérence » du système, le sénateur reste méfiant. « Il y a quand même une stigmatisation des chômeurs » - qui touche également « les cheminots »  et «  les fonctionnaires » - à travers la démarche de la ministre, selon Rémi Féraud.

« Ce qu’il y a de plus grave aujourd’hui c’est la fraude fiscale »

« Ce qui est très étonnant et difficile à accepter, c’est qu’aujourd’hui la priorité soit mise sur le contrôle des chômeurs avec des méthodes qui peuvent être assez dures, alors que nous savons que ce qu’il y a de plus grave aujourd’hui c’est la fraude fiscale et là le gouvernement est très silencieux et beaucoup moins pressant », pointe le sénateur socialiste qui juge que cette différence de traitement révèle l'« orientation de droite très classique » du gouvernement.

« Je crois qu’il se passe quelque chose et que la mobilisation sociale commence vraiment cette semaine », affirme Rémi Féraud
00:56

« Je crois qu’il se passe quelque chose et que la mobilisation sociale commence vraiment cette semaine », assure Rémi Féraud. Les syndicats, les fonctionnaires, les cheminots et une partie de l’opposition – dont le Parti socialiste – manifesteront le 22 mars prochain contre les réformes du gouvernement. Rémi Féraud espère que le mouvement pèsera face à un « gouvernement (qui) a tendance à négliger les corps intermédiaires ».

« Non, il n’y a pas de grandes consultations, il y a une volonté de mener des réformes, de les mener vite, de les mener souvent par ordonnances, sans véritables négociations »

Le rythme des réformes et la confortable majorité dont dispose l’exécutif à l’Assemblée favorisent le sentiment d’une hyper-présidence Macron (lire notre article). Et la tenue de concertations ne suffit pas, selon Rémi Féraud estime que : « Non, il n’y a pas de grandes consultations, il y a une volonté de mener des réformes, de les mener vite, de les mener souvent par ordonnances, sans véritables négociations ».

Mais la mobilisation sociale pourrait rapidement s’essouffler. Selon une enquête OpinionWay réalisée pour Public Sénat, Les Échos et Radio Classique, les deux tiers des personnes interrogées ont le sentiment que les réformes engagées depuis l’élection présidentielle vont soit au bon rythme, soit « pas assez vite ». Rémi Féraud espère prudemment « que les éléments seront réunis pour qu’il y ait une grande mobilisation sociale ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Assurance chômage : « Il y a une stigmatisation des chômeurs », dénonce Rémi Féraud
4min

Politique

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle » : malgré sa condamnation, Marine Le Pen se lance et se pourvoit en cassation

En dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics, la leader du RN annonce sa candidature à la présidentielle. Elle a décidé de se pourvoir en cassation, ce qui rend suspensif la décision de la Cour d’appel, lui permettant de faire campagne sans bracelet électronique. Assurant former un « couple politique » avec Jordan Bardella, ils mèneront campagne « en binôme ».

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
7min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : une éventuelle candidature à la présidentielle attaquée sous l'angle de l'éthique, à gauche comme à droite

Le délibéré de la Cour d'appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN laisse le personnel politique dans l'expectative. Condamnée mais éligible, Marine Le Pen peut, en théorie, être candidate à l'élection présidentielle. À droite comme à gauche, on met en avant la dimension éthique et morale d'une potentielle candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le