Assurance chômage : le gouvernement « reprend le dossier » et présentera ses mesures au printemps
Après l’échec des négociations entre les partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance chômage, le Premier ministre a confirmé que le gouvernement reprenait la main dès cette semaine. De nouvelles consultations vont s’ouvrir, avec pour objectif de mettre en œuvre la réforme dès l’été.

Assurance chômage : le gouvernement « reprend le dossier » et présentera ses mesures au printemps

Après l’échec des négociations entre les partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance chômage, le Premier ministre a confirmé que le gouvernement reprenait la main dès cette semaine. De nouvelles consultations vont s’ouvrir, avec pour objectif de mettre en œuvre la réforme dès l’été.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La réponse du gouvernement n’a pas traîné après l’échec de la négociation entre les partenaires sur le futur de l’assurance chômage. « Nous allons reprendre ce dossier », a confirmé Édouard Philippe à Matignon ce mardi 26 février, aux côtés de la ministre du Travail. Le chef du gouvernement a précisé que le ministère engagerait une nouvelle phase de consultation des syndicats et des organisations patronales. Il annoncera les mesures retenues « au printemps » et le décret devrait permettre une « mise en œuvre à l’été 2019 ».

L’exécutif restera fidèle à la lettre de cadrage qui avait fixé le cadre des discussions entre les partenaires sociaux ces quatre derniers mois. Matignon reste sur la fourchette de 1 à 1,3 milliard d’euros d’économies par an sur trois ans réclamées à l’Unédic.

Après avoir assoupli le droit du travail à l’été 2017, le gouvernement entend « responsabiliser » davantage les entreprises. « La contrepartie, c’est une responsabilité accrue des entreprises », a considéré Édouard Philippe, déplorant l’explosion du nombre de contrats courts ces 15 dernières années. C’est sur la lutte contre ce phénomène qu’ont échoué les négociations.

Taxation des contrats courts : « L’instrument est sur la table »

Le gouvernement laisse entendre que la taxation des contrats courts (7 embauches sur dix se font avec un contrat de moins d’un mois), à laquelle s’est opposé le patronat, sera vraisemblablement la solution retenue. « Personne à ce stade ne nous a proposé une meilleure solution. L’instrument est sur la table », a répondu Édouard Philippe.

Une autre source d’économie pour le régime assurantiel a été évoquée. Comme c’était pressenti, le gouvernement va également se pencher sur les allocations-chômage les plus élevées, celles des cadres. « La France est singulière » en Europe, a expliqué la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui a opposé la France au Danemark. Dans notre pays, l’allocation est plafonnée à 7.700 euros, là où le Danemark la limite à 2.700 euros. « Il est légitime de se poser la question », selon la ministre du Travail, qui rappelle que le chômage des cadres n’atteint que 3,8%.

Le gouvernement veut aussi s’assurer que le « travail paye plus que le chômage ». « Beaucoup de concitoyens ne savent pas qu’il y a des cas où l’allocation-chômage peut être supérieure à la moyenne des revenus perçus », a noté Muriel Pénicaud. Ces situations atypiques, créées par l’empilement de plusieurs règles, concerne selon elle un demandeur sur cinq.

Une réforme sur « trois à quatre » points

Au total, le gouvernement veut se concerter sur « trois à quatre » points pour « améliorer » le régime d’assurance-chômage. « Dans la plupart des cas, les règles justes, nous n’allons chercher à les remettre en cause », a précisé le Premier ministre.

Les consultations au ministère du Travail, qui anticipe une « cinquantaine » de réunions, vont s’engager dès cette semaine. Des parlementaires et des cercles de réflexion devraient également prendre part à ces réflexions, « même si aucune mesure législative nouvelle n’est nécessaire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Suspension of session of Appeal trial of Marine Le Pen
2min

Politique

Procès en appel des assistants FN : le parquet requiert quatre ans de prison, dont un ferme, et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, mais sans application immédiate

Trois semaines après l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen et de dix autres prévenus dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national), le parquet a présenté ses réquisitions ce mardi. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 avec sursis, 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

Le

Conference pour la relance economique de la ville de Paris
11min

Politique

« Manipulation », « coups de billard », « roue de secours » : la campagne des municipales se tend à Paris, alors que cinq candidats pourraient se retrouver au second tour

Un sondage, qui ouvre pour la premier fois la voie au maintien de cinq candidats au second tour, avec Sarah Knafo qui atteint les 10 %, pourrait « changer tout » à l’issue du scrutin. La candidate Reconquête devient « un caillou dans la chaussure de Dati », qui ne progresse pas, relève-t-on à gauche, alors que du côté de Pierre-Yves Bournazel, la tension est palpable, un élu Horizon l’accusant de vouloir « faire élire un maire de gauche ». Pour éviter la dispersion, les équipes de Dati et de Grégoire misent sur « le vote utile ».

Le

7min

Politique

Réintroduction de l’acétamipride : le sénateur Laurent Duplomb repasse à l’offensive

Après la censure du Conseil constitutionnel de certaines dispositions de sa proposition de loi l’été dernier, le sénateur Laurent Duplomb a déposé un nouveau texte au Sénat, soutenu par plusieurs groupes politiques. L’objectif : réintroduire, pour certaines cultures, deux insecticides néonicotinoïdes, en adaptant la copie aux réserves émises par les Sages. Une initiative dénoncée par les Écologistes.

Le