Attaque à Arras : « C’est un de nos héros », déclare Alexis Corbière à propos du professeur assassiné 

Invité de la matinale de Public Sénat, le député LFI de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière est revenu sur l’attaque du lycée à Arras et l’assassinat d’un professeur par un ancien élève fiché S.
Henri Clavier

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 « Mon métier, c’est professeur », précise directement Alexis Corbière, lui-même professeur d’histoire géographie et touché par les événements du vendredi 13 octobre. Dominique Bernard, professeur de français de 57 ans, est décédé après un coup de couteau et après  « avoir protégé ses élèves », rappelle Alexis Corbière. « C’est un de nos héros », poursuit le député de la France Insoumise.

 « Il ne faut pas raconter à nos concitoyens que les immigrés sont responsables des crimes et des attentats qui sont commis sur le territoire national »

Ancien élève de l’établissement, fiché S, les services de renseignements surveillaient l’assaillant sans avoir été en mesure d’empêcher l’attaque. La famille de l’assaillant, né en Russie, avait également fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français en 2014 mais était finalement restée en France et s’était installée à Arras. « Si des gens sont dangereux, il faut les expulser, il faut agir. Mais attention à ce que ça ne serve pas de prétexte », prévient Alexis Corbière cherchant à défendre l’institution scolaire. Le député de Seine-Saint-Denis se veut également vigilant et ne veut pas que cela serve de prétexte pour criminaliser l’immigration, alors qu’un projet de loi sur le sujet doit être examiné à partir du 6 novembre au Sénat. « Il ne faut pas raconter à nos concitoyens que les immigrés sont responsables des crimes et des attentats qui sont commis sur le territoire national », avertit Alexis Corbière. Surtout, le député de la France insoumise réfute le besoin de renforcer la loi sur le sujet estimant que des solutions étaient possibles « à droit constant ».

 « L’école c’est la base de la République »

Pour le député de la Seine-Saint-Denis, si la réaction du gouvernement est positive, il déplore cependant un contexte de réduction des moyens accordés aux différents services de l’Etat, en particulier le renseignement et l’éducation. « C’est bien que le ministre apporte son soutien mais les gens ont l’impression que ça fait des années qu’ils sont abandonnés », explique Alexis Corbière en rappelant que l’actuel ministre de l’éducation nationale, Gabriel Attal, était auparavant ministre du budget. Un sujet particulièrement d’actualité alors que l’examen du projet de loi de finances a débuté, en commission, à l’Assemblée nationale. Comme la plupart des textes budgétaires, le projet de loi devrait faire l’objet d’un 49.3. « Alors qu’il y a une augmentation d’élèves dans le second degré, il y a 8 000 enseignants en moins », affirme Alexis Corbière, insistant sur un corps enseignant livré à lui-même. En outre, Alexis Corbière pointe un sentiment d’abandon alors même que « l’école c’est la base de la République ». L’ancien professeur d’histoire-géographie s’étonne de l’absence de changement de circonstances depuis l’assassinat de Samuel Paty, trois ans plus tôt. Alexis Corbière pointe à la fois le manque de formation sur la laïcité et l’isolement des professeurs pour traiter ce type de situation.

Un manque de moyens qui vaut aussi pour le renseignement pour le député LFI. « la DGSI nous dit qu’il faudrait 8 000 personnes », martèle Alexis Corbière, contre 5 000 actuellement. « Je défends la police concrètement, je veux qu’elle ait les moyens de travailler », continue le député qui prône un renforcement du travail de renseignement.

 

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