Attentat à Paris: Cazeneuve accuse Le Pen et Fillon d’avoir fait “le choix de l’outrance et de la division”

Attentat à Paris: Cazeneuve accuse Le Pen et Fillon d’avoir fait “le choix de l’outrance et de la division”

Bernard Cazeneuve a accusé vendredi Marine Le Pen et François Fillon d'avoir choisi "l'outrance et la division", accusant notamment la candidate...
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Bernard Cazeneuve a accusé vendredi Marine Le Pen et François Fillon d'avoir choisi "l'outrance et la division", accusant notamment la candidate du FN à la présidentielle de chercher à "exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes", après l'attentat de jeudi soir à Paris.

Marine Le Pen a pour "véritable objectif" de chercher "comme après chaque drame, à en profiter pour instrumentaliser et diviser. Elle cherche à exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes", a accusé le Premier ministre lors d'une déclaration sur le perron de Matignon.

Quant à François Fillon, il "préconise la création de 10.000 postes de policiers. Comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu'il était Premier ministre en avait supprimé 13.000 dans les forces de sécurité intérieure ?", a-t-il dit, rappelant que le candidat de droite propose de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires.

A deux jours du premier tour de la présidentielle, M. Cazeneuve a appelé "solennellement" à la "responsabilité", à être "collectivement à la hauteur" et aux "refus des postures".

Le président Francois Hollande, son secrétaire général Jean-Pierre Jouyet et le Premier ministre Bernard Cazeneuve lors de la réunion du Conseil de défense le 21 avril 2017 à l'Elysée
Le président Francois Hollande, son secrétaire général Jean-Pierre Jouyet et le Premier ministre Bernard Cazeneuve lors de la réunion du Conseil de défense le 21 avril 2017 à l'Elysée
POOL/AFP

"Notre avenir ne peut pas être à l'image de celui que nous proposent les attiseurs de haine du Front national. Notre meilleure réponse, c'est de faire bloc", a-t-il affirmé.

Le Front national a immédiatement répliqué, par la voix de son numéro deux Florian Philippot: "Pour son inconséquence et sa légèreté, Cazeneuve depuis longtemps aurait dû démissionner", a lâché le bras droit de Marine Le Pen sur Twitter.

Au lendemain de l'attaque contre des policiers sur les Champs-Elysées, la candidate FN a estimé que "depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a(vait) été fait pour que nous perdions" la "guerre" contre le terrorisme.

Visant le plus longuement la candidate du Front national, dont le parti n'a voté aucune des lois antiterroristes du quinquennat, M. Cazeneuve a cherché à lui répondre point par point en défendant le bilan de l'exécutif Hollande.

Marine Le Pen fait une déclaration sur le terrorisme à son QG de campagne le 21 avril 2017
Marine Le Pen fait une déclaration sur le terrorisme à son QG de campagne le 21 avril 2017
AFP

Quand Mme Le Pen "demande la restauration immédiate de nos frontières nationales", "elle fait mine d'ignorer que c'est ce gouvernement qui a rétabli le contrôle aux frontières", avec depuis le 13 novembre 2015 "105 millions de personnes contrôlées" et "80.000" refoulées.

Quant à sa demande d'expulsion des fichés S étrangers, depuis 2012, "117 personnes ont été expulsées du territoire pour des activités terroristes" et ce "dans le cadre de l'Etat de droit".

"La plus grande fermeté prévaut donc en la matière, sans arbitraire", a-t-il affirmé, soulignant également que la poursuite des fichés S pour "intelligence avec l'ennemi" se traduirait par des sanctions "moins fermes" que celles prévues par les nouvelles lois antiterroristes.

François Fillon fait une déclaration sur la lutte contre le terrorisme à son QG de campagne le 21 avril 2017
François Fillon fait une déclaration sur la lutte contre le terrorisme à son QG de campagne le 21 avril 2017
AFP

"La facilité n'est pas la fermeté, ni l'outrance le gage de la fermeté", a-t-il critiqué.

Quant à François Fillon, M. Cazeneuve lui a notamment reproché de proposer une révision des accords de Schengen sur la libre circulation dans l'Union européenne, "constamment évoquée" lorsqu'il était Premier ministre mais qui n'a fait l'objet d'"aucune initiative" à l'époque.

"C'est sous l'impulsion de ce gouvernement que la France" a obtenu l'instauration dans les règles de Schengen d'un contrôle aux frontières de l'UE, même pour les citoyens de l'Union.

Tout en prônant "l'unité", François Fillon a jugé que "certains n'avaient pas totalement pris la mesure du mal" qu'il entend combattre "d'un main de fer", notamment via un "criblage" des fichés S.

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