Attentat Champs-Elysées: le défi de la sécurité autour de la présidentielle
Après l'attentat sur les Champs-Elysées, qui a coûté la vie jeudi soir à un policier, le premier tour de l'élection présidentielle organisé...

Attentat Champs-Elysées: le défi de la sécurité autour de la présidentielle

Après l'attentat sur les Champs-Elysées, qui a coûté la vie jeudi soir à un policier, le premier tour de l'élection présidentielle organisé...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après l'attentat sur les Champs-Elysées, qui a coûté la vie jeudi soir à un policier, le premier tour de l'élection présidentielle organisé dimanche apparaît plus que jamais comme un défi sécuritaire pour les forces de l'ordre.

La sécurité dans les bureaux de vote

"Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays", a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve vendredi matin à l'issue d'un Conseil de défense réuni autour de François Hollande à l'Elysée.

Même si, comme le rappelait le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, "aucune force de sécurité armée ne peut apparaître dans et à proximité immédiate des bureaux de vote. C'est la règle démocratique", plus de 50.000 policiers et gendarmes, appuyés par 7.000 militaires de l'opération Sentinelle, seront mobilisés pour assurer la sécurité de l'élection présidentielle dans les 67.000 lieux de vote.

"Il peut y avoir des débordements venant d'extrémistes de tous bords", avait-il averti.

Dans un discours aux préfets le 5 avril, Matthias Fekl avait insisté : "Veillez bien à ce que chaque président de bureau de vote dispose d’un numéro d’appel direct aux forces de sécurité. Je demande à chacun de vos services, notamment en zone rurale où les points de vote sont éloignés les uns des autres, de se tenir prêts".

Il y aura "plus de bureaux de vote que de policiers et gendarmes et militaires mobilisés", note vendredi Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN/UNSA) sur Europe 1.

A Paris, 200 bureaux sur les 896 vont disposer d'un ou plusieurs vigile(s), employés par des sociétés privées de sécurité, et des patrouilles de la brigade mobile de la DPSP (Direction de la prévention et de la sécurité du public) ont été organisées aux alentours des bureaux de vote pour un "effet rassurant et dissuasif".

La protection des candidats

L'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) dispose d'une échelle de 1 à 4 pour évaluer le niveau de menace (1 correspondant à "attentat en cours").

Le service de protection des personnalités (SDLP) adapte ensuite le dispositif de sécurité, qui peut fluctuer selon les candidats.

"Il y a en permanence un échange entre les équipes de policiers qui entourent les candidats, les staffs et les autorités, pour que le dispositif soit le plus adapté", précise le ministère de l'Intérieur.

L'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) dispose d'une échelle de 1 à 4 pour évaluer le niveau de menace (1 correspondant à
L'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) dispose d'une échelle de 1 à 4 pour évaluer le niveau de menace (1 correspondant à "attentat en cours")
AFP/Archives

Outre le dispositif de protection rapprochée, il y a aussi toute une série de mesures d'ordre public engagées, comme le filtrage du public avant les meetings, des patrouilles et les traditionnels dispositifs de maintien de l'ordre.

A la fin de la semaine dernière, François Fillon a été réévalué en "Uclat 2", le plus haut niveau de menace pour une personnalité, après qu'une fausse information a fait état d'une menace sur un de ses meetings.

A l'exception de Marine Le Pen qui est évaluée "Uclat 3", c'est-à-dire qu'il y a des menaces à son encontre, les autres candidats sont tous "Uclat 4", exempts de menace.

La candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen le 15 avril 2017 à Perpignan
La candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen le 15 avril 2017 à Perpignan
AFP/Archives

Vers plus de sécurité ?

"Il y a un certain nombre de mesures qui peuvent être prises", a concédé le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet.

"Vigipirate ou les mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence, ce sont des mesures qui s'adaptent en permanence. Il y a beaucoup de mesures invisibles, d'autres sont visibles mais pour que ces dispositifs restent efficaces, il faut qu'ils demeurent confidentiels", a-t-il ajouté.

Avant même l'attentat de jeudi soir, "notre niveau de vigilance était particulièrement élevé parce que la menace n'a jamais été aussi forte", a-t-il encore estimé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attentat Champs-Elysées: le défi de la sécurité autour de la présidentielle
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le