Attentat de Berlin: « vigilance » en France déjà meurtrie
Au lendemain de l'attentat de Berlin, le gouvernement a mis en avant mardi sa "vigilance", notamment sur les marchés de Noël, tout en appelant à...

Attentat de Berlin: « vigilance » en France déjà meurtrie

Au lendemain de l'attentat de Berlin, le gouvernement a mis en avant mardi sa "vigilance", notamment sur les marchés de Noël, tout en appelant à...
Public Sénat

Par Marie GIFFARD et Colin HENRY

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Au lendemain de l'attentat de Berlin, le gouvernement a mis en avant mardi sa "vigilance", notamment sur les marchés de Noël, tout en appelant à ne pas céder à une "peur" déjà nourrie par les attaques jihadistes en France depuis près de deux ans.

"Nous avons un haut niveau de menace et nous avons un niveau et un plan de mobilisation et de vigilance particulièrement élevés aussi", a déclaré François Hollande.

Après l'attaque au camion-bélier, revendiquée par les jihadistes de l'Etat islamique (EI), qui a fait au moins 12 morts et 48 blessés sur l'un des marchés de Noël les plus achalandés de la capitale allemande, le gouvernement s'est employé à rassurer.

Bernard Cazeneuve lors de la minute de silence observée en hommage aux victimes de l'attentat de Berlin, le 20 décembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris
Bernard Cazeneuve lors de la minute de silence observée en hommage aux victimes de l'attentat de Berlin, le 20 décembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP

"Nous faisons depuis des mois le maximum", a martelé le Premier ministre Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale, où une minute de silence a été observée en solidarité avec les victimes de Berlin.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux avait peu après l'attaque annoncé un renforcement de "la sécurisation des marchés de Noël", qui s'est traduit selon Bernard Cazeneuve par l'envoi aux préfets "d'instructions leur demandant une application très vigilante" des mesures de sécurité.

Bruno Le Roux avait déjà évoqué mi-décembre une "protection renforcée" pour les fêtes de fin d'année, avec un nombre de militaires engagés dans l'opération Sentinelle se situant entre 7.000 et 10.000.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux (C) accompagné du  maire Roland Ries (G) le 20 décembre 2016 sur la marché de Noël à Strasbourg
Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux (C) accompagné du maire Roland Ries (G) le 20 décembre 2016 sur la marché de Noël à Strasbourg
AFP

Il s'est rendu mardi au marché de Noël de Strasbourg, l'un des plus grands et le plus célèbre du pays. Et a invité les Français à ne pas céder à un "climat de peur": "Je leur demande de s'amuser, de sortir, je leur demande aussi d'être prudents".

Le marché de Noël des Champs-Élysées figurait parmi une dizaine de sites retenus comme cibles potentielles pour six hommes arrêtés ces dernières semaines et qui projetaient un attentat le 1er décembre en région parisienne.

Mardi, les promeneurs déambulaient parmi les baraques installées sur la célèbre avenue parisienne, sous l'oeil de policiers patrouillant à pied.

Des policiers  patrouillent le long des échoppes du marché de Noël aux Champs-Élysées à Paris, le 20 décembre 2016
Des policiers patrouillent le long des échoppes du marché de Noël aux Champs-Élysées à Paris, le 20 décembre 2016
AFP

"Horrifié" et "consterné" par le drame de Berlin, Laurent Courtois, un cheminot de 48 ans, veut "continuer, être présent, c'est aussi une façon de lutter, de montrer qu'on n'est pas abattus". Caroline Sokoli, une vendeuse de bijoux de 37 ans, ne cachait pas son "angoisse": "J'hésite à revenir l'an prochain, surtout pour des raisons de sécurité".

- Echo à l'attentat de Nice -

L'attaque de Berlin rappelle la tuerie du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice qui avait fait 86 morts, avec un même modus operandi - un véhicule lancé sur la foule pour tuer le plus de gens possible - encouragé par les groupes jihadistes.

Les mesures de sécurité en Europe
Les mesures de sécurité en Europe
AFP

A Nice, le maire Philippe Pradal est venu inspecter le marché de Noël: "Nous avons décidé dès hier soir avec le préfet un renforcement des effectifs de la police".

En France, pays européen le plus touché par les attaques jihadistes avec 238 morts depuis près de deux ans, l'attaque de lundi soir a été unanimement condamnée.

"Les Français partagent le deuil des Allemands face à cette tragédie qui frappe toute l'Europe", a déclaré le chef de l'Etat.

"Le combat sans merci contre le terrorisme ne doit entamer ni les valeurs, ni le mode de vie" des démocraties, a-t-il déclaré, conjointement avec la chancelière Angela Merkel, lors d'un entretien téléphonique, selon l'Elysée.

"C'est l'Europe toute entière qui est attaquée, hier à Paris ou Nice, aujourd'hui à Berlin. Elle continuera à l'être si nous ne faisons rien", a lancé le candidat de la droite pour la présidentielle, François Fillon.

La crainte du terrorisme
La crainte du terrorisme
AFP

La candidate du Front national Marine Le Pen a mis en cause les politiques européennes en matière d'accueil des migrants: "Combien faudra-t-il de massacres et de morts pour que nos gouvernements cessent de faire entrer dans nos pays dépourvus de frontières un nombre considérable de migrants, alors qu'on sait parfaitement que des terroristes islamistes s'y mêlent?"

Après l'attaque à Berlin, un demandeur d'asile pakistanais a été arrêté avant d'être remis en liberté. L'auteur de l'attentat est donc en fuite.

L'Etat islamique cible régulièrement dans sa propagande et ses communiqués de revendication les dirigeants "croisés" occidentaux et notamment européens. La période de Noël, fête de la naissance du Christ, est donc tendue pour les forces de l'ordre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le