Après l'arrestation mardi de deux hommes, soupçonnés de vouloir perpétrer une attaque "imminente", le terrorisme s'invite dans la campagne, à quatre jours du premier tour de la présidentielle, estime mercredi la presse.
"Une fin de campagne sous la menace", titre en Une Libération pour qui "le terrorisme s'invite dans la campagne".
Une opinion partagée par Le Parisien et son éditorialiste Stéphane Albouy qui écrit : "la campagne avait jusqu'ici été épargnée par cette menace. Elle vient de se rappeler à nous".
Et Le Figaro de titrer : "une menace terrorisme sur la présidentielle".
Le procureur de Paris François Molins fait le point sur l'enquête sur les attentats menaçant des candidats à la présidentielle lors d'une conférence de presse le 18 avril 2017 à Paris
AFP
"La menace terroriste hantait depuis des mois la campagne électorale. Ce projet d’attentat déjoué va sans doute remettre la lutte contre le djihadisme au coeur de cette fin de campagne", estime Yves Thréard, du Figaro.
"Depuis des mois, la crainte nous habite que la campagne présidentielle soit l’occasion d’une attaque terroriste", reconnaît Guillaume Goubert, dans La Croix. "Voilà que ressurgit la menace", s'inquiète Hubert Coudurier, du Télégramme.
Pour Stéphane Siret, de Paris Normandie, "le terrorisme s’est subitement rappelé hier à la mémoire collective".
- 'Vigilance' -
Cette double arrestation "replace la question de la sécurité au cœur du débat alors que ce thème n’avait plus une place privilégiée dans les réunions et meetings", relève Hervé Chabaud, de l'Union/L'Ardennais.
"La sécurité dans la campagne pourrait ressurgir au cours des derniers jours", confie Yolande Baldeweck, de l'Alsace.
Après le constat, certains éditorialistes comme Xavier Brouet, du Républicain Lorrain, se demandent si "l’irruption du risque terroriste dans la campagne" ne va pas "peser sur son issue ?".
Combinaison de deux photos diffusées par la police montrant deux suspects Clément Baur (G) et Mahiedine Merabet arrêtés le 18 avril 2017 à Marseille
FRENCH POLICE/AFP
Didier Rose, des Dernières Nouvelles d'Alsace, pense pour sa part que "si près du premier tour, la menace terroriste brouille un peu plus le débat de fond dans la présidentielle". La campagne a pris "un tournant inattendu", souligne Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest.
"Sans céder à l’intimidation, les candidats sauront-ils se montrer à la hauteur de l’enjeu ?", s'interroge Rémi Godeau dans L'Opinion.
En tout cas, pour Hervé Chabaud (L'Union/L'Ardennais), la campagne doit continuer : "Il ne s’agit pas de changer quoi que ce soit aux programmes initiés. Ce serait un acte de faiblesse et une preuve de capitulation devant les intimidations", prévient-il.
TATP : un explosif prisé des jihadistes
AFP
"Cette double arrestation montre une chose : la vigilance reste plus que jamais de mise au sein des services de sécurité" se félicite, comme d'ailleurs tous ses confrères, Christophe Bonnefoy, du Journal de la Haute-Marne.
"Le travail de la DGSI et autres unités liées à l'antiterrorisme, est rassurant. On en a bien besoin", conclut l'éditorialiste.
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