Au Congrès des Régions, « sans grandes annonces », Elisabeth Borne tente de regagner la confiance les élus

Lors d’un discours devant les présidents de région, la Première ministre a défendu la nécessité d’un « dialogue » permanent entre les territoires et l’Etat, régulièrement taxé de verticalité. Elle a annoncé le lancement des « COP territoriales », sorte de relais locaux de la planification écologique.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Je ne viens pas faire de grandes annonces, ni vous expliquer comment gérer vos politiques publiques ». Exercice difficile pour la Première ministre ce jeudi 28 septembre, qui s’exprimait devant les présidents de régions, réunis pour leur congrès annuel à Saint-Malo. La cheffe du gouvernement s’est livrée à une séance de câlinothérapie, réaffirmant sa volonté de « coconstruire » avec les collectivités, dans un contexte de tensions entre les élus et le président de la République.

Dimanche, lors de l’entretien qu’il a accordé à TF1 et à France 2, le chef de l’Etat a multiplié les piques, fustigeant notamment la hausse de la taxe foncière dans certaines communes alors que le gouvernement s’est engagé à faire baisser les impôts. Il a également balayé l’hypothèse d’une réduction des taxes sur les carburants tant que les présidents de région ne seront pas en mesure de présenter un plan d’économie sur leurs budgets.

« Il y a un an, je prenais devant vous un engagement. Toujours dialoguer, toujours construire des politiques communes. C’est ensemble, en confiance que nous répondrons aux attentes de nos concitoyens. Ce dialogue et cette volonté de construire ensemble sont le fil rouge de notre action », a déclaré Élisabeth Borne. Elle a réaffirmé une ligne de conduite bâtie autour de trois axes : « Concertation, confiance, différenciation », estimant que la collaboration avec les territoires était essentielle pour atteindre l’objectif du plein-emploi, accélérer sur la réindustrialisation et la transition écologique.

La planification écologique déclinée dans les territoires

Ce congrès des régions a été l’occasion pour la Première ministre de prolonger la séquence ouverte la semaine dernière sur la planification écologique, en annonçant le lancement des « COP territoriales », instances de dialogue copilotées par les présidents de régions et les préfets afin d’articuler la transition aux enjeux locaux. « Nous démarrons une seconde phase : la mise en œuvre et le déploiement concret de nos mesures avec la territorialisation de la planification écologique. Je tiens à ce que cette planification soit le fruit d’un travail partagé entre l’Etat et les territoires », a-t-elle expliqué.

« Les actions venues d’en haut, imposées depuis Paris, nous savons que cela ne marche pas. Pour être efficace, nous devons faire converger travaux nationaux et remontées des territoires », a reconnu cette ancienne préfète.

« Nous devons vous donner des marges de manœuvre »

Un peu plus tôt, Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, et Gérard Larcher, le président du Sénat, avaient pris la parole pour dénoncer la verticalité de l’Etat, l’absence réelle de décentralisation et une possibilité d’action souvent étouffée par « l’inflation normative ». Le sénateur a également pointé du doigt un système de financement à bout de souffle, appelant à sa refonte sur la base d’un rapport présenté par la Chambre Haute cet été.

« Nous devons vous donner des marges de manœuvre pour vous permettre d’innover », a reconnu Élisabeth Borne. « La confiance passe par le respect des engagements réciproques. Nous devons soutenir davantage l’investissement local. Nous devons réfléchir à certains sujets, comme le financement des transports », a encore admis la Première ministre. Ces déclarations interviennent alors qu’Emmanuel Macron vient de proposer « une autonomie à la Corse dans la République ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le