Pour le premier meeting de François Asselineau samedi à Paris, ses soutiens arborent fièrement sur la poitrine un petit ruban bleu blanc rouge,...
Au meeting d’Asselineau, des militants heureux d’être « pris au sérieux »
Pour le premier meeting de François Asselineau samedi à Paris, ses soutiens arborent fièrement sur la poitrine un petit ruban bleu blanc rouge,...
Par Tiphaine HONORE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Pour le premier meeting de François Asselineau samedi à Paris, ses soutiens arborent fièrement sur la poitrine un petit ruban bleu blanc rouge, symbole de la mesure phare de leur candidat inattendu: la sortie de l'Union européenne pour "rétablir notre démocratie".
"Les traités européens sont des passoires. On sacrifie nos services publics, notre agriculture...", égrène Bruno Michel, ancien sympathisant Lutte ouvrière qui mise cette année sur le président de l'Union populaire républicaine (UPR) parce qu'il "a compris qu'on ne pouvait pas interdire les délocalisations tout en restant dans l'UE".
"Il est très clair, il n'a pas de casserole et surtout il rentre dans la complexité des sujets. On se sent pris au sérieux" ajoute le quadragénaire venu de l'Eure. Pour ces militants, les longues vidéos didactiques du candidat sur internet sont devenues une référence.
"Elles vont à l'essence même de la situation actuelle" abonde Cyrus Iranpour-Moreau, médecin à la retraite. "Cet homme est instruit. Il montre, il démontre". Et la méthode semble fonctionner auprès de ses sympathisants qui reprennent les éléments de langage de cet ancien inspecteur général des finances âgé de 59 ans.
Le candidat à la présidentielle François Asselineau, le 25 mars 2017
AFP
Le triptyque de François Asselineau, un temps proche de Charles Pasqua qui mène sa campagne essentiellement sur les réseaux sociaux, résonne aux oreilles de ses sympathisants. Quitter l'Otan, la zone euro et l'UE permettrait à la France "de rétablir notre démocratie" et de "choisir son destin" estime Julie L, ingénieur "dégoutée de la politique", jusqu'à ce qu'elle "tombe sur l'une de ses vidéos".
-Vote blanc au second tour-
Celui qui se décrit comme le candidat du "Frexit" revendique désormais 20.000 adhérents "de tous horizons. Des LGBT aux chrétiens traditionnels, des athées militants, des juifs et des musulmans" affirme-t-il samedi à son pupitre, devant ses drapeaux fétiches de l'ONU, de la France et de la francophonie.
"Je ne crois pas qu'il y ait d'exemple d'un parti politique ces dix dernières années qui ait connu autant de succès", affirme François Asselineau.
"S'il n'y avait pas Asselineau, je ne voterais pour personne", assure Julie L. qui ne voit aucun autre "homme politique crédible". Un sentiment partagé par de nombreux sympathisants, dont près de 5.000 auraient fait le déplacement au Paris Event Center de La Villette dans le XIXème arrondissement, selon les organisateurs.
"C'est notre sauveur de la mafia qu'est devenue la France" juge Catherine Evesque, 61 ans et particulièrement "révoltée" par la classe politique actuelle. "Fillon est un parjure, Mélenchon ne m'inspire pas confiance" et en cas de duel entre M. Macron et Mme Le Pen cette retraitée a déjà fait son choix, "je voterai blanc".
Le candidat à la présidentielle François Asselineau, le 25 mars 2017
AFP
Même constat pour Mike Valenza, jeune chômeur qui a fait le trajet depuis Pézenas (Hérault) pour soutenir François Asselineau et votera blanc lui aussi, si son candidat ne passe pas le premier tour. "Il est différent des autres. Il dégage de l'expérience" juge-t-il, rappelant son CV qui l'a mené d'HEC en passant par l'ENA pour exercer ensuite dans plusieurs cabinets ministériels.
Bien que M. Asselineau juge que les médias ne lui accordent pas assez d'audience et regrette le "procès permanent qui me dépeint comme ayant les pensées les plus noires" ou comme "complotiste", il assure faire les "mêmes analyses depuis 10 ans". "On court au désastre. Tous les indicateurs sont au rouge" prévient-il une nouvelle fois à son meeting, voyant dans l'euro "un tsunami qui arrive".
La délégation aux droits des Femmes du Sénat a lancé fin novembre un cycle d’auditions sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes. Un mouvement dangereux pour la société, selon la présidente de la délégation, Dominique Vérien car « il prône une forme d’anti-féminisme ».
Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.
Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».
Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite.