Au ministère des Outre-mer, des « gilets jaunes » demandent du « concret » à Girardin
Chlordécone, sargasses, pouvoir d'achat, corruption, ou encore avenir de France Ô, trois "gilets jaunes" dont Priscillia Ludosky,...

Au ministère des Outre-mer, des « gilets jaunes » demandent du « concret » à Girardin

Chlordécone, sargasses, pouvoir d'achat, corruption, ou encore avenir de France Ô, trois "gilets jaunes" dont Priscillia Ludosky,...
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Chlordécone, sargasses, pouvoir d'achat, corruption, ou encore avenir de France Ô, trois "gilets jaunes" dont Priscillia Ludosky, l'une des initiatrices du mouvement, ont demandé "des actes concrets" mardi soir lors d'une rencontre de plus d'une heure avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

La ministre avait invité les trois "gilets jaunes" samedi, lorsqu'elle était venue à la rencontre de manifestants devant son ministère à l'occasion pour l'acte XI du mouvement. Elle les avaient enjoints à venir débattre des questions liées aux Outre-mer en son ministère, en présence des médias.

Autour de la table, Priscillia Ludosky, originaire de la Martinique, fait remonter des revendications émanant des "gilets jaunes" "de Martinique, de Guadeloupe, de La Réunion".

"On ne s'est pas tourné les pouces depuis 18 mois", a assuré la ministre, rappelant notamment la mise en place des Assises des Outre-mers, auxquelles ont participé "25.000 personnes", et qui a abouti au Livre bleu Outre-mer, "feuille de route" du quinquennat.

"Ce genre de livret, les gens n'en veulent plus, ils veulent des actes concrets", répond l'un des "gilets jaunes", Philippe Pascot, qui n'hésite pas à donner du "Annick" à la ministre.

"On ne peut pas tout faire immédiatement", répond la ministre, assurant cependant que les "réponses d'urgence" ont été traitées, et que les réponses à court et moyen terme sont dans le Livre bleu.

Ils l'interrogent ensuite sur la vie chère en Outre-mer, le problème du monopole de certains fournisseurs, et les contrôles des prix, pas suffisants. "L'argent qu'on distribue pour le peuple, doit servir pour le peuple, et non à quelques uns", dit M. Pascot, mettant en cause à demi-mot la corruption de certains élus locaux.

Priscillia Ludosky évoque aussi pêle-mêle le chlordécone, insecticide cancérogène longtemps utilisé dans les bananeraies aux Antilles, l'accès difficile à l'eau potable en Guadeloupe, ou encore les sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques qui s'échouent sur les plages des Antilles. "Pourquoi l'état de catastrophe naturelle n'est pas encore déclaré sur les sargasses?", demande-t-elle.

"On ne peut pas les classer en catastrophe naturelle car c'est un phénomène qui revient tout le temps", explique la ministre, précisant que la loi actuelle ne prévoit pas ce cas de figure. Mais un "projet de loi sur les risques naturels" est en préparation sur le sujet, et la réponse sera apportée "avant la fin de l'année", a assuré Mme Girardin.

Plus tard, les "gilets jaunes" ont longuement déploré la suppression annoncée de la chaîne France Ô sur le réseau hertzien. La ministre, qui s'est dit "solidaire de la décision du gouvernement", a cependant souligné la nécessité de garantir une meilleure visibilité des Outre-mer sur France télévisions.

Cet échange s'inscrit dans le dialogue et le grand débat voulus par le président Emmanuel Macron pour sortir de la crise des "gilets jaunes" qui secoue le pays depuis deux mois et demi.

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