Au ministère des Outre-mer, des « gilets jaunes » demandent du « concret » à Girardin
Chlordécone, sargasses, pouvoir d'achat, corruption, ou encore avenir de France Ô, trois "gilets jaunes" dont Priscillia Ludosky,...

Au ministère des Outre-mer, des « gilets jaunes » demandent du « concret » à Girardin

Chlordécone, sargasses, pouvoir d'achat, corruption, ou encore avenir de France Ô, trois "gilets jaunes" dont Priscillia Ludosky,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Chlordécone, sargasses, pouvoir d'achat, corruption, ou encore avenir de France Ô, trois "gilets jaunes" dont Priscillia Ludosky, l'une des initiatrices du mouvement, ont demandé "des actes concrets" mardi soir lors d'une rencontre de plus d'une heure avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

La ministre avait invité les trois "gilets jaunes" samedi, lorsqu'elle était venue à la rencontre de manifestants devant son ministère à l'occasion pour l'acte XI du mouvement. Elle les avaient enjoints à venir débattre des questions liées aux Outre-mer en son ministère, en présence des médias.

Autour de la table, Priscillia Ludosky, originaire de la Martinique, fait remonter des revendications émanant des "gilets jaunes" "de Martinique, de Guadeloupe, de La Réunion".

"On ne s'est pas tourné les pouces depuis 18 mois", a assuré la ministre, rappelant notamment la mise en place des Assises des Outre-mers, auxquelles ont participé "25.000 personnes", et qui a abouti au Livre bleu Outre-mer, "feuille de route" du quinquennat.

"Ce genre de livret, les gens n'en veulent plus, ils veulent des actes concrets", répond l'un des "gilets jaunes", Philippe Pascot, qui n'hésite pas à donner du "Annick" à la ministre.

"On ne peut pas tout faire immédiatement", répond la ministre, assurant cependant que les "réponses d'urgence" ont été traitées, et que les réponses à court et moyen terme sont dans le Livre bleu.

Ils l'interrogent ensuite sur la vie chère en Outre-mer, le problème du monopole de certains fournisseurs, et les contrôles des prix, pas suffisants. "L'argent qu'on distribue pour le peuple, doit servir pour le peuple, et non à quelques uns", dit M. Pascot, mettant en cause à demi-mot la corruption de certains élus locaux.

Priscillia Ludosky évoque aussi pêle-mêle le chlordécone, insecticide cancérogène longtemps utilisé dans les bananeraies aux Antilles, l'accès difficile à l'eau potable en Guadeloupe, ou encore les sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques qui s'échouent sur les plages des Antilles. "Pourquoi l'état de catastrophe naturelle n'est pas encore déclaré sur les sargasses?", demande-t-elle.

"On ne peut pas les classer en catastrophe naturelle car c'est un phénomène qui revient tout le temps", explique la ministre, précisant que la loi actuelle ne prévoit pas ce cas de figure. Mais un "projet de loi sur les risques naturels" est en préparation sur le sujet, et la réponse sera apportée "avant la fin de l'année", a assuré Mme Girardin.

Plus tard, les "gilets jaunes" ont longuement déploré la suppression annoncée de la chaîne France Ô sur le réseau hertzien. La ministre, qui s'est dit "solidaire de la décision du gouvernement", a cependant souligné la nécessité de garantir une meilleure visibilité des Outre-mer sur France télévisions.

Cet échange s'inscrit dans le dialogue et le grand débat voulus par le président Emmanuel Macron pour sortir de la crise des "gilets jaunes" qui secoue le pays depuis deux mois et demi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le