Au procès Balkany, la défense laborieuse du fidèle Aubry
Dévoué, jusqu'au bout. Au procès pour blanchiment des époux Balkany, le fidèle Jean-Pierre Aubry a passé mercredi un mauvais...

Au procès Balkany, la défense laborieuse du fidèle Aubry

Dévoué, jusqu'au bout. Au procès pour blanchiment des époux Balkany, le fidèle Jean-Pierre Aubry a passé mercredi un mauvais...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Dévoué, jusqu'au bout. Au procès pour blanchiment des époux Balkany, le fidèle Jean-Pierre Aubry a passé mercredi un mauvais moment mais n'a jamais désigné les édiles de Levallois-Perret comme les propriétaires d'un luxueux riad à Marrakech, comme les en suspecte la justice.

Sa ligne de défense est simple: il a participé au complexe montage de sociétés offshore impliquées dans l'acquisition du riad en 2010, mais il n'est bénéficiaire que "sur le papier" de titres "au porteur".

"Je le dis et le redis, je ne suis pas le propriétaire de cette maison. Je n'ai pas pris un rond dans cette affaire", affirme-t-il à la barre.

Les débats sont entrés dans le vif. C'est l'achat de ce somptueux riad de la palmeraie de Marrakech qui vaut aux époux Balkany d'être jugés pour les faits les plus graves de blanchiment et, pour le seul maire de Levallois, de corruption passive. Des délits passibles de dix ans de prison.

Dans cette affaire, Jean-Pierre Aubry est considéré par les enquêteurs comme ayant eu, avec l'avocat Arnaud Claude, un "rôle central" dans la réalisation du montage opaque qui entoure le riad.

Quant au promoteur saoudien Mohamed Al Jaber, il est poursuivi pour corruption active pour avoir réglé une partie du prix de la villa de Marrakech en échange de délais de paiement supplémentaires dans un juteux marché immobilier à Levallois.

Au président qui demande qui est le propriétaire du riad, Jean-Pierre Aubry répond, un brin fanfaron, "A ma connaissance, c'est l'Etat, puisque la maison a été saisie". Puis, pressé par le tribunal, il affirme qu'"elle appartient à M. Al Jaber", mais que "tout cela n'a rien à voir avec (le projet immobilier des) Tours de Levallois".

Comment Al Jaber a-t-il choisi cette maison, veut savoir le président. "Il ne l'a pas choisie", reconnaît l'ancien directeur général de la Semarelp, la société en charge de l'aménagement de Levallois. Il finit par dire du bout des lèvres que les Balkany, "de passage à Marrakech", l'ont "informé qu'il y avait cette villa qui correspondait bien à ce que cherchait M. Al Jaber".

"A vous entendre, attaque Hervé Temime, l'avocat du Saoudien, M. Al Jaber a acheté une maison au Maroc, qu'il n'a pas choisie, jamais visitée, où il n'est jamais allé et qu'il a payée, c'est bien ça?". Jean-Pierre Aubry marmonne.

"Sérieusement, reprend l'avocat, cette maison n'est pas à M. Balkany?". Jean-Pierre Aubry louvoie. "S'il avait voulu acheter une maison, il aurait appelé ses conseillers habituels", tente le fidèle du maire.

Partager cet article

Dans la même thématique

Au procès Balkany, la défense laborieuse du fidèle Aubry
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Au procès Balkany, la défense laborieuse du fidèle Aubry
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le

Retailleau ok
6min

Politique

Bruno Retailleau veut rétablir les contrôles à la frontière espagnole : c’est le cas depuis 2015

Suite à la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne, la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement des contrôles à la frontière espagnole. Or, ces contrôles ont été rétablis, théoriquement temporairement, mais sans discontinuer, depuis 2015. Par ailleurs, un titre de séjour délivré par un autre Etat-membre ne permet pas de séjourner légalement en France.

Le