Alors qu'Emmanuel Macron caracole dans les sondages, les élus socialistes sont de plus en plus nombreux à envisager un ralliement au fondateur d'En marche!, voire un désistement du vainqueur de leur primaire à son profit, pour éviter un second tour entre Marine Le Pen et François Fillon.
"La dynamique autour d'Emmanuel Macron ne cesse de s'intensifier, et nos soutiens viennent de la gauche et de la droite", s'est réjoui lundi sur RTL le secrétaire général d'En marche! Richard Ferrand (PS).
Derniers ralliements en date au Parti socialiste: le député de l'Yonne Jean-Yves Caullet, ou l'adjointe au maire de Lyon Anne Brugnera.
Emmanuel Macron a lui-même appelé vendredi dans La Voix du Nord les socialistes qui "croient dans (le) projet (d'En marche!) à (les) rejoindre, sans même attendre le résultat de la primaire" du PS et des alliés.
Beaucoup attendront cependant le deuxième tour de cette consultation, le 29 janvier, pour se décider.
"Si c'est Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon qui gagne, les partisans de Manuel Valls iront chez Emmanuel Macron", prédit une députée qui soutient l'ex Premier ministre.
Emmanuel Macron lors de l'annonce de sa candidature à la présidentielle le 16 novembre 2016 à Bobigny
AFP
Pour un autre soutien de Manuel Valls, séduit par Emmanuel Macron, si un frondeur gagne la primaire, ou si Manuel Valls est mal élu, "il faudra tolérer qu'il puisse y avoir un appel demandant que le PS se range derrière Macron".
Peu de poids lourds ont pour l'instant franchi le pas, mais ils sont nombreux à ne rien exclure, et à le faire savoir.
- "Concours hippique" -
"Une fois désigné le vainqueur de la primaire, je verrai en fonction de tout: de l'ambiance, du niveau de la primaire, de ce qui se passe, de ce qui se dit. Je n'ai aucune contrainte. Je ferai ce qui me semble le plus utile à la victoire de la gauche", a confié la ministre de l’Environnement Ségolène Royal au JDD.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, n'écarte rien non plus. "Lorsque nous y verrons plus clair, lorsque toutes les candidatures seront sur la table, que les candidats auront leurs signatures, alors il y aura des choix à faire", a-t-il expliqué dimanche sur France 3, en précisant ne pouvoir se résigner à devoir "choisir entre le candidat de la droite (...) et Marine Le Pen".
Même chose pour l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, qui a confié au Parisien qu'il verrait "dans les prochaines semaines".
Selon certains de ses proches, le chef de l'Etat qui était au théâtre dimanche soir plutôt qu'à regarder le second débat de la primaire, pourrait lui-même être tenté par un tel ralliement. "François Hollande va probablement soutenir Macron", a déclaré au JDD un de ses vieux amis, l'avocat Dominique Villemot.
Mais l’Élysée a souligné que les propos de M. Villemot "n'engage(aient) que lui". "Quand la primaire arrivera à son terme, le président de la République s'exprimera. Il laisse le scrutin se dérouler, le débat se faire", a-t-on ajouté.
Un désistement de Manuel Valls au profit d'Emmanuel Macron est-il envisageable? L'ex Premier ministre s'est agacé de la question, lors du premier débat de la primaire, jeudi. "La présidentielle ça n'est pas un concours hippique, ça n'est pas un jeu de petits chevaux", a-t-il cinglé.
Emmanuel Macron, le 14 janvier 2017 à Lille
AFP
Mais il a convenu lundi sur Europe 1 qu'il devrait parler avec Emmanuel Macron "pour créer les conditions du rassemblement", s'il sort vainqueur de la compétition. "Le candidat issu de la primaire aura une force et une légitimité, j'en suis convaincu", a-t-il ajouté, espérant que le rapport de force s'inversera à son profit.
Le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg, François Kalfon, en est aussi persuadé, se demandant en quoi Emmanuel Macron serait plus légitime après quelques meetings réussis que "ceux qui auront le suffrage de 3 millions de personnes". "Ça n'existe même pas que le candidat issu de la primaire se retire", a-t-il ajouté sur Sud Radio/Public Sénat.
Quant à Benoît Hamon, il a été lapidaire: Emmanuel Macron n'est pas de gauche "quand il remet en cause les 35 heures" ou l'ISF, a-t-il dit sur BFMTV et RMC, fustigeant le "mi-gauche mi-droite, ou ni gauche ni droite" de l'ancien ministre.
Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).
Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.
Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.
Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.