En France comme au Royaume-Uni,  » les décisions sont prises d’en haut, sans aucune logique », souligne Olivier Cadic
Toutes les personnes qui passent par la France avant de se rendre au Royaume-Uni devront rester isolées dix jours. Cette décision prise mercredi, s’applique à partir du 2 août, soit lundi prochain. Le sénateur centriste Olivier Cadic ne comrpend pas cette décision.

En France comme au Royaume-Uni,  » les décisions sont prises d’en haut, sans aucune logique », souligne Olivier Cadic

Toutes les personnes qui passent par la France avant de se rendre au Royaume-Uni devront rester isolées dix jours. Cette décision prise mercredi, s’applique à partir du 2 août, soit lundi prochain. Le sénateur centriste Olivier Cadic ne comrpend pas cette décision.
Public Sénat

Par Elodie Hervé

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une décision d’autant plus incompréhensible pour le centriste Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France , qu’aucun autre pays de l’Union européenne n’est concerné. Dès lundi 2 août, même vaccinées, les personnes qui (re) viendront de France devront donc se soumettre à un isolement total et présenter deux tests négatifs, l’un le deuxième jour, l’autre le huitième jour. Interview avec ce sénateur qui vit à Londres, la moitié du temps.

Vous comprenez ces mesures ?

Sincèrement, non. C’est une mesure incohérente que je ne comprends pas. Quand je rentre en Angleterre, chez moi, il faut que je m’isole pendant dix jours même si j’ai un test PCR négatif et que j’ai fait mes deux vaccins. Pour sortir de cet isolement, je dois faire deux tests à mes frais, ce qui coûte une centaine d’euros. Est-ce une décision sanitaire ou politique ? Je l’ignore. Mais encore une fois, quelle est la logique quand vous êtes totalement vacciné et que votre test PCR est négatif ?

Une personne vaccinée peut transmettre le covid… Ne pensez-vous pas que le Royaume-Uni tente de limiter les cas positifs sur son sol ?

Dans ce cas pourquoi la France serait-elle le seul pays concerné par cette mesure ? Encore une fois, c’est incohérent. Je ne reconnais plus le Royaume-Uni, aujourd’hui. Quand je m’y suis installé en 1997, c’était le pays le plus ouvert que je connaissais. Maintenant, il est l’un des plus fermés d’Europe. Des difficultés sur place apparaissent, les rayons commencent à être vides, les petits transporteurs ont abandonné parce qu’ils ont peur d’être bloqués en Angleterre mais aussi à cause de nouvelles difficultés réglementaires…

Là, vous parlez du Brexit.

Oui tout à fait, et le covid n’a fait qu’aggraver les choses. Entre l’isolement forcé pendant dix jours pour les personnes passant par la France et la difficulté actuelle à travailler au Royaume-Uni depuis le Brexit, je ne vois pas comment la situation peut prospérer.

Avec le Brexit, l’Angleterre autrefois si proche est devenu un pays lointain difficile accès. Ce n’est plus possible de poursuivre comme ça.  C’est invivable pour les gens qui vivent à cheval entre les deux pays. Et sincèrement, je pense que c’est volontaire de la part du gouvernement britannique.  Il y a là un dessein que je ne m’explique pas.

En France, comment se passe le retour des Français vivant à l’étranger ?

Rien n’est très logique ici non plus. Quand vous êtes positif au covid, vous avez le droit de faire vos courses pendant deux heures sans problème. Ce qui était interdit pendant le premier confinement de mars 2020. Il n’y a aucune cohérence. Pareil pour les vaccins. Il a été demandé aux Français vivant à l’étranger de se faire vacciner où ils résident. Mais aujourd’hui, ces personnes vaccinées par un vaccin reconnu pourtant par l’OMS sont considérées comme des non vaccinées en France.

Autre difficulté, les tests PCR s’avèrent souvent payants pour les Français vivant à l’étranger qui sont venus passer leurs vacances en France. Et cela alors même que le gouvernement clame qu’ils sont gratuits. 

Le pire, je crois, c’est cette sensation de revirement permanent, ce mépris de nos politiques. Dès que l’on s’interroge sur la cohérence des mesures, Olivier Véran adopte un discours cassant en se réfugiant derrière une justification scientifique qui rend la discussion vite difficile voire impossible. Ce qui me désole, aujourd’hui, c’est que dans les deux pays, les décisions sont prises d’en haut, sans aucune logique ni évaluation de l’efficacité de leur application sur le terrain.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le