Au Sénat, les Etats généraux de l’Europe
A dix jours de l’anniversaire du traité de Rome, des ambassadeurs et diplomates des pays de l'Union européenne se sont réunis à vingt-sept pays au Sénat.

Au Sénat, les Etats généraux de l’Europe

A dix jours de l’anniversaire du traité de Rome, des ambassadeurs et diplomates des pays de l'Union européenne se sont réunis à vingt-sept pays au Sénat.
Public Sénat

Par Pierre de Boissieu

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mercredi 15 mars, le « groupe de suivi », intitulé « Retrait du Royaume-Uni et refondation de l'UE », dirigé par Jean-Pierre Raffarin (Les Républicains), président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, et Jean Bizet (Les Républicains), président de la commission des affaires européennes, a réuni vingt-six ambassadeurs européens.

Jean-Pierre Raffarin et Jean Bizet avaient présenté dans la matinée un rapport de quatre-cents pages, appelé « Relancer l’Europe : retrouver l’esprit de Rome ». « Le Brexit est un sujet difficile et dangereux, avait alors prévenu Jean-Pierre Raffarin. Mais c’est une opportunité historique pour refonder l’Europe ».

« Une puissance douce et transformatrice pour ses voisins »

Dans leur discours, les ambassadeurs se sont employés à rappeler les fondamentaux de l’Union européenne et les « bénéfices que nous considérons trop souvent comme acquis », selon l’ambassadeur slovène, Andrej Slapničar. « La présence, aujourd’hui, d’étudiants Erasmus dans la salle est le résultat concret de cette Europe », a souligné Carlos Pires, conseiller à l’ambassade du Portugal en France.

Les ambassadeurs ont salué les bénéfices de l’intégration dans l’Union. « Nous ne devrions pas sous-estimer le rôle que joue l’Union européenne dans son voisinage immédiat, à travers la politique d’élargissement. L’Union a agi comme une puissance douce et transformatrice, avec un effet stabilisateur et réformateur » pour Andrej Slapničar.

L’Europe de la défense évoquée    

Pour Isabel Hénin, diplomate d’échange allemande au quai d’Orsay, « une Europe qui soit une force crédible de paix est plus important que jamais ». Elle a rappelé que « la France et l’Allemagne travaillent ensemble en faveur d’une union de sécurité, en vue de parvenir à une politique de défense et de sécurité renforcée. »

Après les attentats du 13  novembre 2015, l’Allemagne s'était engagée à défendre son allié français et avait alors accepté d’envoyer des avions de reconnaissance au-dessus de la Syrie et de l’Irak.

Brexit, les inquiétudes de l’Irlande

L'Irlande rappelle ses inquiétudes face au Brexit
00:47

« 86 % des marchandises transportées en camion dans des ports irlandais viennent du Royaume-Uni, tandis que 46 % des exportations des produits alimentaires et des animaux vivants vont vers le Royaume-Uni » a souligné Gráinne Hayes, première secrétaire de l’ambassade d’Irlande. 

Elle a présenté les inquiétudes de son pays face à une frontière étanche entre la République d’Irlande et le Royaume-Uni. Gráinne Hayes a exposé la volonté de l’Irlande de maintenir la zone de libre circulation existante, le « Common travel area », dont les premiers accords datent de 1923, rappelant ainsi les difficultés concrètes qui accompagneront la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.  

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le