Au terme d’une semaine difficile, l’exécutif se projette dans l’après-Hulot
Le week-end s'annonce studieux pour Emmanuel Macron qui doit trouver, d'ici à mardi, un remplaçant à Nicolas Hulot, dont le...

Au terme d’une semaine difficile, l’exécutif se projette dans l’après-Hulot

Le week-end s'annonce studieux pour Emmanuel Macron qui doit trouver, d'ici à mardi, un remplaçant à Nicolas Hulot, dont le...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le week-end s'annonce studieux pour Emmanuel Macron qui doit trouver, d'ici à mardi, un remplaçant à Nicolas Hulot, dont le départ fracassant contrarie la rentrée de l'exécutif.

Le gouvernement "sera au complet pour mardi", a annoncé son porte-parole Benjamin Griveaux, à l'issue du premier conseil des ministres depuis la démission du ministre de la Transition écologique mardi.

L’Élysée n'a pas voulu en dire plus, notamment sur l'ampleur du remaniement: sera-t-il limité au poste de Nicolas Hulot ou élargi à d'autres portefeuilles?

Rentré jeudi soir de Finlande, Emmanuel Macron devrait multiplier, avec Édouard Philippe, les consultations en toute discrétion sur ce choix délicat.

Parmi les noms les plus cités par les observateurs et les médias, figurent ceux de l'ancienne ministre Ségolène Royal, du président de l'Assemblée nationale François de Rugy, du secrétaire d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu, de Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public, voire de Daniel Cohn-Bendit, figure historique de l'écologie qu'Emmanuel Macron consulte régulièrement.

"Évidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée", a concédé Benjamin Griveaux. Mais "ce n'est pas le départ d'une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez", a-t-il ajouté.

S'adressant à ses ministres, Emmanuel Macron a d'ailleurs insisté sur le fait qu'ils étaient "là pour faire, pour être dans l'action" car "il n'est d'idéaux louables que s'ils cherchent à changer le réel".

- 'Mauvaises nouvelles' -

Après un été plombé par l'affaire Benalla, l'exécutif voulait repartir du bon pied en se concentrant sur les réformes économiques et sociales, de l'assurance chômage au plan de lutte contre la pauvreté. Avec l'objectif déclaré d'"être à l'écoute des angoisses, des impatiences et des inquiétudes" des Français, selon Benjamin Griveaux.

L'enjeu est de taille car seuls 28% d'entre eux considèrent que la politique de l'exécutif est "juste" et 27% qu'elle est "efficace", selon un sondage BVA diffusé vendredi pour Orange, RTL et La Tribune.

De ce fait, Emmanuel Macron et Édouard Philippe voient leur popularité chuter à leur plus bas niveau depuis le début du quinquennat, avec respectivement 34% et 38% d'opinions positives.

"Sur le plan politique, Emmanuel Macron semble pâtir d'un discrédit politique lié à la démission de Nicolas Hulot autant que d'une remobilisation de l'opposition sur fond d'affaire Benalla", résume l'institut de sondage.

"On doit assumer qu'il y ait de mauvaises nouvelles", a réagi jeudi soir Christophe Castaner, le patron de LREM, tout en insistant sur "les bonnes nouvelles qui font moins de bruit" comme "la désocialisation des heures supplémentaires", ou la baisse de la taxe d'habitation.

Mais, au cours des derniers jours, l'exécutif a encore été placé sur la défensive après la sortie mal accueillie d'Emmanuel Macron sur "le Gaulois réfractaire" et l'annonce de la nomination de l'écrivain Philippe Besson, un ami du président, au poste de Consul général à Los Angeles.

Plus important, le gouvernement peine à répondre aux interrogations sur la mise en place du prélèvement à la source en janvier 2019.

Benjamin Griveaux a assuré ne pas douter que le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, allait apporter "dans les quinze jours qui viennent", les "réponses précises et documentées" pour convaincre Emmanuel Macron de donner son feu vert. Il faudrait que "les couacs soient massifs" pour qu'un report, voire un abandon, de cette réforme soit décidé, a-t-il précisé.

La communication de l'exécutif sur ce dossier suscite de nombreuses critiques dans les rangs de l'opposition. "Techniquement, c'est sans doute prêt (...) mais politiquement ils ne savent pas comment prendre le truc", a commenté sur RMC le député La France insoumise Alexis Corbière.

Outre le remaniement attendu, la semaine prochaine sera placée sous le signe de la rentrée scolaire, qui donnera l'occasion à Emmanuel Macron de retourner en province. Il l'a vivra au milieu d'élèves de 6e d'un collège de Laval avec le populaire ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le