Audiovisuel public : « Il est très largement impartial, mais il y a un travail à faire pour examiner ce qu’attendent les Français », estime le président de l’Arcom

Cible de critiques récurrentes, l’audiovisuel public fait actuellement l’objet d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. A la tête de l’Arcom, Martin Ajdari défend l’institution publique, tout en reconnaissant qu’il faut être à l’écoute des téléspectateurs.
Guillaume Cros

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« Un service public contesté dans un monde polarisé. » Invité de notre matinale, Bonjour chez vous ce mercredi 11 février, le président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), Martin Ajdari, est revenu sur la situation de l’audiovisuel public.

L’Arcom défend l’audiovisuel public

La commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, présidée par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons et Indépendants), qui a débuté ses travaux en octobre, fait l’objet de nombreuses critiques notamment de la gauche sur la façon dont sont menées les auditions par son rapporteur Charles Alloncle (UDR). Un rapporteur qui questionne régulièrement l’impartialité de France Inter ou France Télévisions.

L’audiovisuel public, subjectif ? Pour le président de l’Arcom, il est impératif de considérer les reproches des Français : « Cette défiance s’exprime d’une part de la population et il faut y répondre. L’enjeu est de montrer aux différentes composantes de la société qu’elles ont leur place, y compris ceux qui en doutent ». Ancien directeur général de Radio France (2004-2009) et ancien secrétaire général de France Télévisions (2010-2014), Martin Ajdari a vanté les qualités d’un service public « au rôle irremplaçable dans la couverture de l’information internationale, nationale, locale et ultra-marine ». 

Un service public impartial, mais à améliorer

L’Arcom se targue d’être le garant de l’impartialité de l’audiovisuel et de tracer elle-même les limites de ce principe. Son président admet devoir prendre plus au sérieux les préoccupations des téléspectateurs en réalisant des enquêtes d’opinion. « Il y a un travail à faire pour réfléchir et examiner ce qu’attendent les Français. Le service public est très largement impartial, mais on doit apporter des preuves et des gages supplémentaires », a commenté Martin Ajdari sur Public Sénat.  

Autre enjeu préoccupant pour le service public : son financement. « Je m’inquiète de l’absence de perspectives stables », affirme Martin Ajdari, qu’il justifie par des changements dans les perspectives budgétaires qui « sont compliquées à gérer pour les dirigeants et déstabilisent les salariés ». Pour y pallier, il recommande de s’orienter vers une stratégie de perspectives pluriannuelles pour plus de « ressources en proportion et cohérentes avec les missions du service public ».

« Nous n’avons de problème avec aucune chaîne »

Même si elle semble enterrée à ce stade par le gouvernement,  Martin Ajdari  semble apporter son soutien à la réforme de l’audiovisuel public tant défendue par Rachida Dati. « Une unification du commandement de la décision stratégique serait souhaitable pour réunir nos forces dans un monde plurimédia », a-t-il réagi à propos du texte visant à rassembler Radio France, France Télévisions et l’INA. Il a cependant nuancé sa position en ajoutant que l’« opportunité de cette réforme, c’est aux parlementaires d’en décider ». « Je n’ai pas vocation à me prononcer sur les équilibres parlementaires politiques qui déterminent l’avancement d’un projet de loi », a-t-il conclu.

Le président de l’Arcom est également revenu sur les sanctions à l’encontre de la chaîne privée Cnews, plus d’une vingtaine au total. « Certaines chaînes ont leur ligne éditoriale qui peut les conduire à être plus ou moins proche de notre ligne que nous dessinons entre la liberté de communication audiovisuelle et la liberté d’expression », a-t-il développé. Cnews a donc dépassé les limites fixées par l’autorité de régulation : « On intervient quand on est saisi par des téléspectateurs ou des observateurs. Si on remarque des manquements trop sérieux ou trop répétés, on intervient par une sanction ». Il a toutefois rappelé n’avoir aucun problème personnel ou idéologique avec la chaîne.  

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