Audiovisuel public : le Sénat entérine la fin de la redevance
Malgré une opposition de divers sénateurs à ce type de financement, le Sénat a adopté l’article confirmant la fin de la redevance de l’audiovisuel public, remplacée par l’affectation d’une partie de la TVA.

Audiovisuel public : le Sénat entérine la fin de la redevance

Malgré une opposition de divers sénateurs à ce type de financement, le Sénat a adopté l’article confirmant la fin de la redevance de l’audiovisuel public, remplacée par l’affectation d’une partie de la TVA.
Public Sénat

Par Clara Robert-Motta

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

S’il y a une chose sur laquelle les sénateurs se sont entendus cette nuit, c’est bien le caractère obsolète de la redevance audiovisuelle. Impôt injuste, aveugle et fondé sur la seule détention d’un téléviseur, la redevance est une taxe « que les Français ne regretteront pas » selon le centriste, Olivier Cadic. En revanche, c’est plutôt une impréparation du projet gouvernemental qui est pointé du doigt.

Roger Karoutchi et Jean-Raymond Hugonet, les deux auteurs d’une mission d’information sur l’audiovisuel public, sont montés au créneau dans la nuit de lundi à mardi. Alors que les sénateurs examinaient l’article 1er du projet de loi de finances rectificatif, les deux Républicains ont fustigé la réponse qu’ils estiment trop précipitée. « Il y a un problème de tempo, a analysé Jean-Raymond Hugonet qui juge la démarche démagogue. On a un président qui veut se faire réélire, et il propose quelque chose de très populaire : la suppression d’un impôt éculé, injuste et dont plus personne ne veut. »

Manque de vision et de débats sur le futur de l’audiovisuel public

Roger Karoutchi, lui, a réclamé cette « réforme de l’audiovisuel, cette loi Riester, attendue depuis 2017 ». Ce manque de débats sur l’avenir de l’audiovisuel public est un reproche partagé par des sénateurs qui n’a pas manqué de revenir pendant les discussions, malgré les promesses de la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, d’une réflexion prochaine sur le futur de l’audiovisuel public.

» Lire aussi : Audiovisuel : un rapport choc du sénat préconise la fusion de France Télévisions et Radio France

Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics, a, lui aussi, tenté de rassurer les parlementaires. « Le financement sera bien là, la question, aujourd’hui, c’est la modalité. Le débat sur l’audiovisuel public, c’est de savoir si on peut le faire sans avoir à prélever 138 euros aux concitoyens. » Malgré cette réassurance, les sénateurs n’étaient pas si sereins.

Pour le socialiste, David Assouline, utiliser une partie de la TVA pour financer l’audiovisuel public, comme prévu par l’article 1er, n’est pas la solution. « Vous louez la gloire et les réalisations de l’audiovisuel public, mais vous créez les conditions de son affaiblissement », affirme le sénateur de Paris en prenant exemple sur nos voisins européens.

La TVA est aussi vue comme un impôt injuste qui fera peser le financement de l’audiovisuel public également sur les ménages les plus vulnérables. Les sénateurs écologistes et socialistes avaient, d’ailleurs, proposé des amendements afin d’instituer une contribution progressive du financement de l’audiovisuel public, mais sans succès. Pour Thomas Dossus, sénateur du Rhône, ce gage d’indépendance qu’est le financement public est mis à mal par cet article qui ne rend pas le dispositif pérenne car il devra être réexaminé en 2025. « C’est un risque pour la vitalité de notre démocratie. »

Pour autant, le Sénat a adopté l’article 1er et la fin de la redevance audiovisuelle avec 196 voix pour et 147 voix contre, après un peu moins de deux heures de discussions au milieu de la nuit.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le

Photo illustration collage affiches election presidentielle de 2027
5min

Politique

Présidentielle : et si les électeurs français étaient moins indécis qu’on ne le pense ?

Une étude de Terra Nova en partenariat avec Cluster 17 sortie ce mercredi étudie la structure de l’électorat français à quelques mois de la présidentielle. Elle décrit des électeurs répartis en cinq blocs politiques. Si la porosité entre eux est possible, elle est plus probable entre blocs voisins. Si aucune majorité ne se dégage des estimations du premier tour, au second, le modèle prédit une victoire de Marine Le Pen dans tous les cas.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
11min

Politique

« La disparition de François Patriat nous ressoude encore plus » : confiant sur son maintien lors des sénatoriales, le groupe RDPI face à l’après Macron

Avec le décès de François Patriat, qui dirigeait le groupe macroniste depuis sa création en 2017, le RDPI, dont plus de la moitié des membres est renouvelable, aborde les sénatoriales dans des conditions très spéciales. Mais la disparition du fidèle d’Emmanuel Macron vient aujourd’hui resserrer les liens. Des questions se poseront plutôt après la présidentielle, où la « recomposition au centre » pourrait concerner le groupe, qui va avant se trouver un nouveau président. Plusieurs noms circulent.

Le