Alors que la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public a suscité la polémique, le président centriste de la commission de l’éducation, de la culture et de la communication du Sénat, Laurent Lafon, a interrogé la ministre de la Culture, Catherine Pégard, sur son ambition sur le sujet, ce mercredi, lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat.
« La politique de l’Etat est devenue illisible et engendre l’immobilisme du secteur » dénonce Laurent Lafon
Rappelant que la Haute assemblée a voté « à deux reprises la création de la holding » de l’audiovisuel public, le sénateur regrette que le texte, qui était porté par Rachida Dati, quand elle était ministre, eût été retiré par le gouvernement. « La politique de l’Etat est devenue illisible et engendre l’immobilisme du secteur », dénonce Laurent Lafon, pointant un « stop and go », avec « six ministres de la Culture, qui se sont succédé en 10 ans », et dont les ambitions ont varié sur le sujet.
« Si le gouvernement avait eu le courage d’aller au bout de la réforme proposée par le Sénat, le débat à l’Assemblée nationale, ces dernières semaines, n’aurait certainement pas eu le même écho », pense le sénateur UDI du Val-de-Marne, auteur de la proposition de loi.
Holding : « Les conditions ne semblaient pas réunies », selon la ministre
« Je comprends votre impatience. Mais vous le savez, les conditions ne semblaient pas réunies pour créer un consensus et avancer de manière sereine sur les propositions que votre assemblée a soutenues », a répondu Catherine Pégard, qui tente de convaincre que l’exécutif ne reste pas les bras croisés. « Le premier ministre a demandé à France Télévision de tirer les conséquences du rapport de la Cour des comptes, […] la direction s’y est engagée », souligne la ministre, qui annonce que le gouvernement élabore actuellement, « en lien avec les entreprises concernées, les contrats d’objectifs et de moyens, qui fixeront leurs priorités stratégiques. Ils vous seront présentés à l’été au Parlement ».
« Au-delà, la responsabilité du gouvernement, c’est que l’audiovisuel public relève les défis de notre société, notamment la menace de la désinformation, l’accès de tous à la culture, la reconquête des jeunes publics, de plus en plus dépendants des réseaux sociaux », souligne Catherine Pégard. Assurant de son attachement à la « mission de service public », la ministre de la Culture soutient que « l’horizon qui est le nôtre, c’est de bâtir le service public de l’audiovisuel des années qui viennent, au service de tous les Français. Et croyez-le, je ne crois pas au statu quo ».