Audit: « le coup de l’héritage » n’est « pas crédible », juge Sapin
L'ancien ministre des Finances Michel Sapin a jugé lundi, au sujet de l'audit de la Cour des comptes demandé par l'exécutif, que ...

Audit: « le coup de l’héritage » n’est « pas crédible », juge Sapin

L'ancien ministre des Finances Michel Sapin a jugé lundi, au sujet de l'audit de la Cour des comptes demandé par l'exécutif, que ...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancien ministre des Finances Michel Sapin a jugé lundi, au sujet de l'audit de la Cour des comptes demandé par l'exécutif, que "le coup de l'héritage" n'était "pas crédible", et a demandé à l'actuel gouvernement de "prendre ses responsabilités".

"Le coup de l'héritage, à droite comme à gauche on l'a fait. Aujourd'hui, ce n'est pas crédible", a déclaré M. Sapin sur franceinfo.

"Les chiffres (de la Cour des comptes) sont exacts. Les commentaires de la Cour des comptes, comme d'habitude, sont acerbes mais ils le sont avec tout gouvernement. Par contre, le terme d'insincérité me choque. (...) Les auditeurs, les gens disent : +ils ont triché+. C'est faux. Il n'y a aucune tricherie, aucune cachotterie", a assuré l'ancien ministre des Finances.

"Quand le Premier ministre dit +il y a 8 milliards de chèques en blanc+, ça voudrait dire qu'on a dépensé, qu'on a acheté quelque chose et qu'on ne l'a pas payé. C'est totalement faux", a poursuivi M. Sapin.

S'agissant d'Areva, "j'ai fait en sorte que dans un compte d’affectation spéciale - peut-être ne l'a-t-il pas vu, M. Philippe - il y ait les sommes nécessaires pour cette recapitalisation" (2,3 milliards d'euros), a-t-il dit.

Par ailleurs, "les ministres établissent les dépenses. Les dépenses, elles sont arrêtées au mois de juillet. Donc au mois de juillet de l'année dernière, tous les ministres connaissaient exactement l'état des finances", a rappelé M. Sapin, comme on lui rappelait que M. Macron avait été ministre de l'Economie jusqu'en août 2016.

"Le gouvernement a des décisions à prendre cette année, elles sont difficiles. Au lieu de dire c'est la faute aux autres il vaut mieux prendre ses responsabilités soi-même", a conclu M. Sapin.

M. Sapin a relevé que "pour 2017 comme pour 2018, il y a déjà des impôts qui vont baisser et qui ont été votés précédemment", comme la baisse de l'impôt sur les sociétés. Ce que "tout le monde oublie, y compris le gouvernement d'aujourd'hui". Edouard Philippe a annoncé samedi que les prélèvements obligatoires baisseraient de 7 milliards en 2018.

Par ailleurs, s'il n'a "jamais été critique" sur une réforme de la taxe d'habitation, M. Sapin n'est en revanche "pas du tout d'accord" avec la réforme de l'ISF prônée par M. Macron, car "ce qui est proposé c'est de maintenir l'ISF sur les biens immobiliers, les maisons et les appartements, c'est-à-dire les petites fortunes, et de supprimer l'ISF sur tout ce qui est fortunes financières, c'est-à-dire les grandes fortunes".

Sur le report du prélèvement à la source, "pourquoi pas, ce sont des choix que le gouvernement doit faire. Mais qu'on ne dise pas que ce n'était pas prêt. C'était totalement, complètement prêt". "Je sais que le président Macron tient beaucoup à sa baisse de cotisations d'un côté et à l'augmentation de la CSG de l'autre. Ils le feront, ils ne voulaient pas qu'il y ait concomitance entre ces deux réformes".

Partager cet article

Dans la même thématique

Audit: « le coup de l’héritage » n’est « pas crédible », juge Sapin
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Audit: « le coup de l’héritage » n’est « pas crédible », juge Sapin
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le