Audition Benalla : « Le Sénat est un contre-pouvoir qui est utile, dont les pouvoirs peuvent progresser » estime Jean-Yves Leconte
Les invités de l’émission « On va plus loin » analysent l’audition d’Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, qui s’est déroulée ce lundi.

Audition Benalla : « Le Sénat est un contre-pouvoir qui est utile, dont les pouvoirs peuvent progresser » estime Jean-Yves Leconte

Les invités de l’émission « On va plus loin » analysent l’audition d’Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, qui s’est déroulée ce lundi.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alexandre Benalla a de nouveau été entendu par la commission d’enquête au Sénat, lundi 21 janvier. L’ancien chargé de mission à l’Élysée a, à plusieurs reprises, refusé de répondre aux questions de la commission, en se retranchant derrière sa mise en examen.

Pour la co-rapporteure de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, Muriel Jourda « il est un peu tôt pour en tirer un bilan » : « Néanmoins (…) le bilan est déjà que nous avons un éclairage par les différents protagonistes. Ce qui ne signifie pas que nous avons la vérité encore. »

Le sénateur (les indépendants) Alain Marc, également membre de commission d’enquête sur l’affaire Benalla, a trouvé que cette audition de l’ancien chargé de mission à l’Élysée, était différente de celle de septembre : « Je l’ai senti quand même moins à l’aise, se réfugiant souvent derrière l’instruction judiciaire et puis attaquant ce coup-ci l’Élysée. Ce qui n’était pas le cas l’autre fois (…) Dès le début, on sentait, au mois de septembre qu’il y avait une certaine protection peut-être, de la part de l’Élysée. Aujourd’hui les uns et les autres s’attaquent. Et Monsieur Strzoda [le directeur de cabinet du président de la République - NDLR] a été chaque fois la cible de[s] flèches [d’Alexandre Benalla]. »  

De son côté, Jean-Yves Leconte, sénateur (PS) des Français établis hors de France et aussi membre de commission d’enquête sur l’affaire Benalla, estime que « cela montre que la commission d’enquête (…) pousse un peu plus loin que jusqu’à présent, les fonctions de commission d’enquête parlementaire » : « Et c’est bien. D’ailleurs, l’intérêt de cette nouvelle salve d’auditions, c’est de mettre en évidence les dysfonctionnements de l’exécutif en la matière (…) Il y aura plus de contrôle du Parlement sur l’exécutif après, compte tenu de ce qui a été fait. » Et il ajoute : « Cela montre aussi à quel point le Sénat est un contre-pouvoir qui est utile, dont les pouvoirs peuvent progresser. Cela ne dépend que de lui. »

Carine Bécard, journaliste politique à France Inter, tient à souligner le « changement de stratégie total d’Alexandre Benalla » : « En septembre, il est apparu volubile (…) presque heureux finalement d’être au cœur d’une polémique (…) Aujourd’hui, on a vu quelqu’un de très grave (…) qui joue un peu sa vie et puis surtout qui cherche à se défendre. Qui se rend compte (…) qu’il a été lâché par l’Élysée et que désormais il est tout seul pour réussir à s’en sortir. » Mais pour la journaliste, cette audition n’aura pas « servi à grand-chose » : « On a répondu à quasiment aucune question. »

 « Aujourd’hui, [Alexandre Benalla] fait porter la responsabilité de la situation dans laquelle il se retrouve, à ses anciens collègues (…) du cabinet » explique Arnaud Benedetti, professeur associé en histoire de la communication, et spécialiste de la communication politique. « Mais il tient encore nettement à préserver l’image et la personnalité du président de la République. »

Vous pouvez voir et revoir le débat sur l'audition d'Alexandre Benalla au Sénat, en intégralité :

 

OVPL-Débat sur l'audition au Sénat d'Alexandre Benalla (en intégralité)
55:11

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le