Audition de Benalla : « Nous attendons des explications ou une rétractation » déclare Philippe Bas
Philippe Bas, Président de la commission des lois du Sénat, s’exprime sur les auditions de Patrick Strzoda, Christophe Castaner et Jean-Yves Le Drian qui ont eu lieu hier. Le sénateur revient sur l’obtention et l’utilisation des passeports diplomatiques par Alexandre Benalla.

Audition de Benalla : « Nous attendons des explications ou une rétractation » déclare Philippe Bas

Philippe Bas, Président de la commission des lois du Sénat, s’exprime sur les auditions de Patrick Strzoda, Christophe Castaner et Jean-Yves Le Drian qui ont eu lieu hier. Le sénateur revient sur l’obtention et l’utilisation des passeports diplomatiques par Alexandre Benalla.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Philippe Bas reconnaît que « ces auditions étaient nécessaires. » Pour lui, « ces informations nouvelles prouvent que l’action du Sénat est utile. » Il considère que « l’exécutif doit rendre des comptes au Parlement » qui « contrôle le fonctionnement de l’État. »

Philippe Bas considère que les informations sur l’utilisation des passeports sont « très importantes » et « renforcent les interrogations. » Le sénateur s’interroge : « Qu’est-ce qui a été fait pour priver M. Benalla des attributs de sa précédente fonction ? » Et craint que « le cordon ombilical entre Benalla et l’État ne soit pas rompu. »

Philippe Bas est très clair : « Il n’y aurait pas eu d’affaire Benalla s’il avait été licencié le 2 mai. » Il ajoute : « Et il n’y aurait pas eu de rebondissements si on avait été proactif pour lui retirer ses titres de voyage. Entre les passeports diplomatiques et de service, ça fait beaucoup. »

Philippe Bas constate qu’ « il a été très difficile pour l’Élysée de se séparer de M. Benalla » et déplore : « Une fois que son contrat a été rompu, les attributs de sa fonction ne lui ont pas été retirés. On ne s’est pas donné suffisamment de mal pour les lui retirer. »

Sur l’utilisation précise des passeports, Philippe Bas s’inquiète : « Ces voyages ont donné lieu à des entretiens avec des chefs d’État. Pourquoi un chef d’État étranger recevrait M. Benalla ? » Il poursuit : « M. Benalla occupait des fonctions en apparence modestes à l’Élysée, qu’est-ce qu’on attend de lui à l’étranger ? »

Philippe Bas n’a pas les réponses à ces nouvelles questions, qui sont « au-delà des pouvoirs de la commission d’enquête du Sénat. » Toutefois, considère-t-il, « on a le droit de s’inquiéter de ce que peut dire un ancien collaborateur du Président, à des chefs d’État étrangers, qui défendent leurs propres intérêts. »

Sur la question d’un éventuel parjure, Philippe Bas « ne se prononcera pas avant d’avoir entendu M. Benalla lundi. » Il relève que « la contradiction [entre les propos de M. Benalla et les derniers développements] est évidente. » Le sénateur conclut : « Nous attendons des explications ou une rétractation. »

Les auditions de MM. Benalla et Crase sont à suivre lundi, à partir de 14 heures, sur la chaîne Public Sénat et sur publicsenat.fr.

Partager cet article

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le