Audition de Bruno Le Maire sur le déficit public : « L’amnésie est confondante quand elle est poussée à ce point », tance le rapporteur

A la sortie de l’audition de Bruno Le Maire par la mission d’information du Sénat sur le dérapage du déficit public, le rapporteur général Jean-François Husson (LR) a estimé « qu’il n’était ni acceptable, ni entendable » de la part de l’ancien ministre d’affirmer que le déficit à 6,1 % « était de la seule responsabilité du nouveau gouvernement ».
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« C’est le début d’une reconnaissance, enfin, d’une part de responsabilité de Bruno Le Maire dans la situation actuelle de nos finances publiques très dégradées ». C’est avec ces précautions que le rapporteur général Jean-François Husson (LR) a commenté la longue audition de l’ancien ministre de l’Economie et des finances devant la mission d’information du Sénat sur le dérapage du déficit public.

Le sénateur n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que lors des sept dernières années, le ministre n’avait pas « été très aimable » et « assez peu présent au Sénat ». C’est pourquoi, l’élu mesure aujourd’hui « le progrès qui est fait ». Lors de ces 2 heures 30 d’audition, Bruno Le Maire « a souvent reconnu que le Sénat avait vu juste, avait interpellé et proposé ». « Alors, ça m’étonne quand même », reconnaît l’élu soulignant « que le gouvernement n’avait jamais tenu compte de ce que le Sénat avait proposé ».

Voilà pour le satisfecit. Pour le reste, Jean-François Husson a estimé qu’il n’était « ni acceptable, ni entendable » de la part de l’ancien ministre d’affirmer que le déficit à 6,1 % « était de la seule responsabilité du nouveau gouvernement ». « C’est méprisant car tout ça n’est que la résultante de ce qui n’a pas été fait auparavant » […] Il part le 21 septembre et dès le 22 septembre, c’est la faute de ceux qui vont arriver. C’est une triste plaisanterie », a-t-il tancé.

Le rapporteur rappelle, en outre, que Bruno Le Maire disposait d’une note de ses services en septembre 2024 lui indiquant que le déficit pouvait atteindre 6,3 %. « L’oubli est l’ennemi de la démocratie. Mais l’amnésie est parfois confondante quand elle est poussée à ce point », a taclé le sénateur.

Et quant à l’argument de Bruno Le Maire, mettant en avant « une étanchéité totale entre le travail des services sur les recettes et son cabinet, il n’a pas convaincu non plus la mission. « Dans toutes collectivités et haut plus haut niveau de l’Etat, il y a une administration et le politique arbitre. Le fait de se défausser en disant qu’il y a moins de recettes, ce n’est pas uniquement une faute technique ou une erreur de prévision […] Jamais le gouvernement n’a arbitré pour réduire le niveau d’un certain nombre de dépenses publiques ».

Partager cet article

Dans la même thématique

France Simone Veil
9min

Politique

Bernadette Chirac, l’ancienne Première dame, est morte à 93 ans 

L’épouse du président Jacques Chirac, lui-même disparu en 2019, est morte vendredi 5 juin dans la soirée à 93 ans, annonce sa fille Claude à l’AFP. L’ancienne Première dame qui a progressivement pris la lumière durant les années passées à l’Elysée, a aussi mené une longue carrière d’élue locale, d’abord dans l’ombre de son mari, puis de manière indépendante.

Le

France Missing Girl
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il y a une chaîne judiciaire qui n’a pas fonctionné, c’est assez accablant », affirme Isabelle Florennes

Depuis les révélations autour du profil de Jérôme Barella mis en examen pour enlèvement et séquestration de Lhyanna dans le Gers le 29 mai, la classe politique jusqu’à Emmanuel Macron pointe les failles de la justice. Les sénateurs attendent que les résultats de l’enquête administrative diligentée par le gouvernement leur soient présentés dans les semaines à venir.

Le

PARIS Gerald Darmanin place Vendome
4min

Politique

Affaire Lyhanna : que dit la circulaire de Gérald Darmanin de 2025 ?

Une semaine après la disparition de la jeune Lyhanna à Fleurance, Gérald Darmanin dénonce les « dysfonctionnements » de l’État dans le suivi du principal suspect, actuellement mis en examen. Le ministre de la Justice fait notamment référence à sa circulaire de politique pénale générale, envoyée en janvier 2025, où il appelait au « traitement prioritaire » des violences sur enfants. Celle-ci n’aurait pas été respectée.

Le