Auschwitz: le « choc » d’Edouard Philippe face à une « radicale part d’inhumanité »
En visite au camp d'Auschwitz 75 ans après sa libération, Edouard Philippe a souligné lundi la "radicale part d'inhumanité" qui a conduit à l...

Auschwitz: le « choc » d’Edouard Philippe face à une « radicale part d’inhumanité »

En visite au camp d'Auschwitz 75 ans après sa libération, Edouard Philippe a souligné lundi la "radicale part d'inhumanité" qui a conduit à l...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En visite au camp d'Auschwitz 75 ans après sa libération, Edouard Philippe a souligné lundi la "radicale part d'inhumanité" qui a conduit à l'Holocauste et exhorté des lycéens à en transmettre la mémoire.

"Lorsqu'on vient visiter le camp (...), le choc est net", a observé le Premier ministre en évoquant "cet effroi, ce silence absolu qui prévaut face à la découverte de cette radicale part d'inhumanité".

"On est donc partagé entre la volonté de savoir et de comprendre et la certitude qu'au fond, il y a quelque chose d'incompréhensible. On est partagé entre la nécessité du silence et de la mémoire et la nécessité de dire les choses, de les transmettre", a-t-il poursuivi, lors d'une allocution sur le site de la "Judenramp", lieu de sélection des prisonniers à leur arrivée en captivité.

C'est à cet endroit-même qu'est "arrivé quelque chose d'incroyable" à Isabelle Choko, âgée de 91 ans, rescapée juive des camps d'extermination et présente lundi aux côtés du Premier ministre.

"Un homme qui nettoyait la gare s'est approché de moi et malgré l'interdiction de parler s'est mis à me répéter tout doucement: +fais attention. Là bas au bout du quai il y a une sélection. A gauche c'est la vie et à droite c'est la mort+", a-t-elle témoigné.

"Alors moi, en entraînant ma mère et en essayant d'aller le plus vite possible, je me suis mise à dire +allez à gauche+, pour que le maximum de personnes puissent m'entendre", a-t-elle raconté.

Avant de prendre part à une cérémonie internationale dans l'après-midi à Birkenau, le Premier ministre était accompagné lundi matin lors de la visite du camp d'Auschwitz I d'une classe de lycéens de Jouy-le-Moutier (Val d'Oise), vainqueurs du Concours national de la résistance et de la déportation.

Le Premier ministre français Edouard Philippe entre par le portail d'accès à l'ancien camp de concentration nazi d'Auschwitz (Pologne), le 27 janvier 2020, pour le 75e anniversaire de sa libération
Le Premier ministre français Edouard Philippe entre par le portail d'accès à l'ancien camp de concentration nazi d'Auschwitz (Pologne), le 27 janvier 2020, pour le 75e anniversaire de sa libération
AFP

"Souhaitons que les élèves qui nous accompagnent prennent conscience de ce qui a été le plus grand génocide du siècle dernier", a plaidé un autre survivant de l'Holocauste, Henri Zajdenwergier, 92 ans. Ce dernier, lui-même déporté en Estonie en 1944 dans le convoi 73, a perdu 13 membres de sa famille à Auschwitz dont son père.

"Il vous appartiendra désormais, quand vous le pourrez, avec les mots qui sont les vôtres, sans prétendre à la perfection historique, mais avec sincérité, de dire ce que vous avez vu", a lancé aux élèves M. Philippe. "Et de faire en sorte que collectivement nous n'oublions pas qu'il y a eu ici un des pires exemples d'inhumanité, que l'inhumanité fait partie de ce que nous sommes, et qu'il ne faut pas l'oublier", a-t-il conclu.

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting of Candidate in France’s 2027 presidential election, Jean-Luc Melenchon in Le Bourget
8min

Politique

« Il est l’heure de tout changer » : au Bourget, LFI met en scène sa « Nouvelle France » 

À l’occasion de la présentation de la nouvelle édition de L’Avenir en commun, samedi 7 novembre, La France insoumise a transformé le Bourget en théâtre de campagne. Scénographie immersive, démonstration de force militante et discours de Jean-Luc Mélenchon résolument tourné vers la jeunesse, le mouvement entend faire de son programme le premier acte de la présidentielle de 2027. Reportage

Le

Auschwitz: le « choc » d’Edouard Philippe face à une « radicale part d’inhumanité »
6min

Politique

Mobilisation de la jeunesse : « Nous avons construit un État-providence qui fonctionne seulement pour les adultes », reconnaît cette eurodéputée

Une Europe en ébullition sociale. De la France à l'Italie, en passant par la Belgique, la Grèce ou l'Allemagne, une vague de contestation secoue les capitales de l'Union. Nés de mouvements lycéens et étudiants initiés en France, ces soulèvements traduisent un malaise profond touchant l'avenir de la jeunesse, la crise du logement et l'effritement du pouvoir d'achat. Face à ce front commun qui surprend les gouvernements européens, des syndicats et des associations issus de sept pays appellent à des manifestations coordonnées pour la fin du mois de novembre.

Le

France : Edouard Philippe visits Zuydcoote to discuss immigration
10min

Politique

« La fébrilité est de leur côté, pas du sien » : sous pression du camp Attal et Retailleau, Edouard Philippe reste droit dans ses bottes et refuse la primaire

Après Gabriel Attal et David Lisnard, Bruno Retailleau s’est rangé à l’idée de primaire de la droite et du centre, au point de commencer à y travailler. Si le candidat Horizons ne change pas d’avis, « il portera seul la responsabilité de la division », prévient Laurence Garnier, porte-parole de Bruno Retailleau. « On attend du prochain chef de l’Etat qu’il sache résister à la pression de Trump ou Poutine, ce n’est pas celle des candidats mal partis qui fera fléchir Edouard Philippe », rétorque Nathalie Loiseau, porte-parole d’Edouard Philippe…

Le