Avec Joe Biden, le retour en force de l’Otan aux côtés des Européens ?
Alors que le président américain entame une tournée en Europe, ponctuée par un sommet de l’Otan à Bruxelles le 14 juin, Joe Biden parviendra-t-il à relancer l’Alliance atlantique mise à mal par son prédécesseur ? Au-delà, faut-il enfin que les Européens disposent d’une défense commune et autonome et ainsi se libérer de la tutelle américaine ? Au Parlement européen, beaucoup de députés y sont favorables.

Avec Joe Biden, le retour en force de l’Otan aux côtés des Européens ?

Alors que le président américain entame une tournée en Europe, ponctuée par un sommet de l’Otan à Bruxelles le 14 juin, Joe Biden parviendra-t-il à relancer l’Alliance atlantique mise à mal par son prédécesseur ? Au-delà, faut-il enfin que les Européens disposent d’une défense commune et autonome et ainsi se libérer de la tutelle américaine ? Au Parlement européen, beaucoup de députés y sont favorables.
Public Sénat

Par Marie Brémeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Marian-Jean Marinescu, eurodéputé (PPE) se veut confiant et rassuré par la volonté politique du président américain, Joe Biden, au sein de l’Otan. Depuis son arrivée, celui qui veut revitaliser l’alliance atlantique joue l’apaisement avec ses alliés européens après quatre années mouvementées sous l’ère Trump. Pour l’élu roumain, la présence du géant américain sur le vieux contient est perçue d’un bon œil, alors que la Russie multiplie les provocations menaçantes.

« L’Otan va être très présente sur le flanc est »

« J’ai compris qu’il y aurait plus de soldats américains en Roumanie et dans d’autres pays de l’Est. Et c’est normal, car nous, on est à l’Est de l’Union européenne et on a un passif avec les Russes. Donc nous avons peut-être un sentiment différent que d’autres Européens qui sont plus loin à l’Ouest. Je crois que l’Otan va être très présente sur le flanc Est. »

« Le mot armée européenne soulève trop de résistance. Donc moi personnellement, j’évite d’employer ce mot mais je suis en faveur d’une force commune permanente ». Michael Gahler, eurodéputé allemand

Lors de ce sommet, les 21 Etats membres de l’Union européenne qui participent à l’Alliance atlantique devraient afficher leur unité avec les Etats-Unis sans pour autant occulter les sujets qui fâchent. Parmi eux, la Russie donc, mais aussi l’attitude de la Turquie membre elle-même de l’Otan, alors que Recep Tayyip Erdogan vient de relancer une offensive contre les Kurdes, mais a aussi mené un bras de fer avec les Grecs en Méditerranée à l’automne 2020.

Une armée européenne, des mots encore tabous

Et c’est pourquoi, au sein du Parlement, ils sont nombreux à soutenir « l’autonomie stratégique » de l’UE et à défendre l’idée d’une armée de défense européenne, même si ces mots apparaissent encore un peu tabous, comme le concède l’Allemand Michael Gahler (PPE). « Le mot armée européenne soulève trop de résistance. Donc moi personnellement, j’évite d’employer ce mot, mais je suis en faveur d’une force commune permanente. Ce serait en plus des armées nationales, car je ne veux pas remplacer les armées nationales. »

« Une infanterie, une force aérienne, des tanks, des blindés »

On peut jouer sur les mots, mais l’idée d’une armée de défense européenne fait petit à petit son chemin dans les couloirs de l’institution européenne. « Moi je veux une force de réaction commune : une infanterie, une force aérienne, des tanks, des blindés… », précise le roumain Marian-Jean Marinescu. Signe encouragent dans cette lente construction, l’avion de combat européen prend forme après un accord entre la France, l’Allemagne et l’Espagne. Le SCAF, le système de combat aérien futur, devrait remplacer les avions de combat Rafale et Eurofighter en 2040.
 

Retrouvez l’intégralité de l’émission ici

 

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le