Le rejet de la première partie du projet de loi de finances, et par ricochet de la seconde, a libéré deux semaines de l’agenda parlementaire au Sénat en séance. Une série de débats thématiques, sur l’économie, la sécurité ou encore l’environnement vont opposer la haute assemblée au gouvernement.
Après le rejet du budget, des débats thématiques sont organisés au Sénat
Le rejet de la première partie du projet de loi de finances, et par ricochet de la seconde, a libéré deux semaines de l’agenda parlementaire au Sénat en séance. Une série de débats thématiques, sur l’économie, la sécurité ou encore l’environnement vont opposer la haute assemblée au gouvernement.
Par Guillaume Jacquot, avec Louis Mollier-Sabet
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Le rejet ce mardi du budget chamboule l’agenda du Sénat. En votant contre la première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2022, sur les recettes, les sénateurs ont mis fin prématurément à l’examen du texte dans son ensemble. Ils n’examineront pas des budgets des différentes missions de l’État, ce qui était normalement prévu du 23 novembre au 7 décembre. Le budget ne reviendra pas dans l’hémicycle avant le 14 décembre, date d’une nouvelle lecture.
Outre les travaux de commissions qui se poursuivent, l’hémicycle du Sénat ne restera pas pour autant silencieux. La conférence des présidents – l’instance où est fixé l’agenda parlementaire – a décidé d’organiser deux journées de débats, auxquels prendront part le gouvernement. « Le fait d’avoir mis un peu en mode pause l’examen budgétaire, ça ne balaye pas d’un revers de main l’ensemble des dossiers qui sont devant nous », a expliqué le rapporteur général de la commission des finances, Jean-François Husson (LR), ce matin sur Public Sénat.
Au total, sept « thématiques d’actualité » vont donner lieu à des échanges en séance les 30 novembre et 1er décembre : sur la « perte de puissance économique de la France » et ses conséquences sur le pouvoir d’achat, l’action environnementale de la France, la situation des comptes publics, le bilan sécuritaire et judiciaire du gouvernement, la situation sociale et sanitaire dans les outre-mer, l’éducation ou encore l’appui des collectivités territoriales. Les sujets abordés couvriront donc une large partie du spectre des discussions budgétaires qui auraient normalement dû se tenir, mais sans la possibilité d'amender des textes.
Ces débats sont dits « interactifs ». Après une heure de prises de parole des groupes politiques, suivies d’une réponse du gouvernement, s’enchaîneront une séance de questions-réponses de deux minutes (réplique incluse), sur le modèle des questions au gouvernement.
Les marcheurs du Sénat pourraient refuser de participer aux débats
Contacté par Public Sénat, le chef des marcheurs au Sénat, François Patriat (LREM) annonce que son groupe envisage de ne pas participer à ces débats. « Les masques sont tombés, la majorité sénatoriale est incohérente et fuit ses responsabilités. Les LR veulent transformer le débat budgétaire en débats qui comportent seulement des prises de parole. Ce serait donner une tribune aux Républicains et une forme de réquisitoire contre le gouvernement », déplore le président du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI).
La sénatrice Nathalie Delattre (RDSE) a elle aussi regretté sur Twitter un agenda « bouleversé ». « Dommage qu’une majorité de sénateurs ait refusé de poursuivre l’examen du PLF 2022… Un débat pourtant indispensable pour défendre nos territoires ! » a écrit la parlementaire.
Quant aux deux premières semaines de décembre, elles demeurent inchangées. Les sénateurs doivent examiner une série de propositions de loi, dans le cadre de trois niches parlementaires (Union centriste, groupe socialiste et groupe communiste). La période sera aussi marquée par l’examen du projet de loi relatif à la protection de l’enfance et des adoptions définitives de propositions de loi.
Nommée par Emmanuel Macron à la tête de la Cour des comptes, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin qui va disposer d’un mandat irrévocable, pourrait rester rue de Cambon une trentaine d’années. C’est trop pour les sénateurs socialistes qui ont déposé une proposition de loi pour limiter son mandat.
Après la mort du militant nationaliste, Quentin Deranque, le gouvernement a appelé les présidents d’universités à interdire les réunions politiques dans leurs établissements en cas de risque de trouble à l’ordre public. Un rappel du droit existant qui fait craindre une « neutralisation des campus ».
La mort de Quentin Deranque, 23 ans, survenue samedi 14 février à Lyon, deux jours après une violente agression en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon, a suscité une vive émotion et des réactions en cascade au sein de la classe politique. L’enquête pour « homicide volontaire », ouverte par le parquet de Lyon, se poursuit sans interpellation à ce stade. La question a notamment été évoquée lors des réunions hebdomadaires des groupes au Sénat.
Mercredi 25 février, les communistes du Sénat défendront une proposition de loi constitutionnelle visant à « restreindre certaines prérogatives du Président de la République ». Il s’agit de retirer des prérogatives du chef de l’Etat et de les transférer au Premier ministre, comme le pouvoir de dissolution ou encore la présidence du Conseil des ministres.