Avec Rugy au gouvernement, le Perchoir est libre pour Richard Ferrand
Le départ de François de Rugy de l'Assemblée pour le gouvernement libère le Perchoir pour Richard Ferrand, très proche d'Emmanuel...

Avec Rugy au gouvernement, le Perchoir est libre pour Richard Ferrand

Le départ de François de Rugy de l'Assemblée pour le gouvernement libère le Perchoir pour Richard Ferrand, très proche d'Emmanuel...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le départ de François de Rugy de l'Assemblée pour le gouvernement libère le Perchoir pour Richard Ferrand, très proche d'Emmanuel Macron et actuel chef de file des députés marcheurs, mais déjà deux candidates LREM se présentent face à lui.

Le député du Finistère a annoncé sa candidature mardi à la mi-journée, lors d'une réunion du bureau du groupe majoritaire, ont indiqué des participants.

"Je souhaite que le président Richard Ferrand soit le prochain président de l'Assemblée nationale", avait tweeté l'un de ses fidèles, le député et premier questeur Florian Bachelier, dès la nomination de M. de Rugy, un "marcheur" issu des rangs écologistes.

Mais pour Damien Abad, vice-président des députés LR, le remaniement revient à "une manœuvre politicienne": cela permet "de faire la courte échelle pour mettre Richard Ferrand à la présidence de l'Assemblée nationale", a-t-il pointé à l'AFP.

Les prétendants LREM ont jusqu'à mercredi soir pour se faire connaître, avant un vote interne pour les départager, lundi, dans le cadre d'un séminaire de rentrée à Tours. Puis l'ensemble des députés voteront mercredi 12 septembre, jour de reprise, pour élire leur président, des candidatures de plusieurs bords étant alors possibles. L'Insoumise Mathilde Panot a d'ores et déjà annoncé qu'elle en était.

La présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, et la députée de l'Isère Cendra Motin sont sur les rangs LREM. "Nouveaux visages, nouveaux usages, telle est la dynamique qui nous a portés jusqu'ici et qui doit continuer à nous animer", a fait valoir la première dans un message à ses collègues.

La présidente de la commission du Développement durable, Barbara Pompili (LREM), dont le nom était cité pour succéder à Nicolas Hulot au gouvernement, a dit aussi à l'AFP "réfléchir" à se porter candidate.

- "Concurrence" -

M. Ferrand n'a jamais caché son souhait de devenir le quatrième personnage de l'État. Son inimitié avec François de Rugy était notoire mais le premier a pu paradoxalement pousser à la promotion du second.

Au programme du prochain président de l'Assemblée: la poursuite des chantiers de "transformation" de l'institution initiés par François de Rugy, la gestion avec le gouvernement d'un ordre du jour très chargé et aussi les relations avec les différents groupes politiques, parfois compliquées pour l'ex-président, notamment avec les Insoumis.

Si l'hypothèse Ferrand se concrétisait, les jeux seraient ouverts pour lui succéder à la tête des 312 députés LREM - une fonction stratégique mais souvent ingrate.

"Vous croyez que le rêve de sa vie était d'être président de groupe ?", lâchait il y a quelques semaines un élu LREM.

"Dire que j'y prends du plaisir, oui, que c'est intéressant, oui, que c'est agréable, oui, parfois frustrant, oui", reconnaissait alors l'intéressé.

M. Ferrand, brièvement ministre de la Cohésion des territoires au début du quinquennat, avait été contraint de démissionner du gouvernement après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière liée aux Mutuelles de Bretagne. L'information judiciaire ouverte à Paris pour "prise illégale d'intérêts" a été récemment dépaysée à Lille.

L'ancien socialiste rallié de la première heure à Emmanuel Macron avait alors été élu à la quasi-unanimité le 24 juin 2017 par les députés macronistes à leur présidence.

"Il a un fort caractère et, en même temps, il est là parce qu'il a ce fort caractère", soulignait une "marcheuse", pour qui "tenir un groupe de 300 personnes qui viennent d'horizon asymétriques, je ne sais même pas si c'est réalisable".

Au-delà de ce rôle moteur dans la cohésion d'un groupe où quelques figures de frondeurs commencent à émerger, M. Ferrand était revenu cet été sur le devant de la scène du théâtre parlementaire comme rapporteur général de la révision constitutionnelle. Ce projet qui a déjà du plomb dans l'aile pourrait souffrir de son départ, ainsi que de celui de François de Rugy, qui s'était érigé en défenseur des droits du Parlement.

Pour la présidence du groupe majoritaire, "il y a beaucoup plus de concurrence à attendre, mais Gilles Le Gendre (vice-président et porte-parole du groupe) apparaît comme le successeur naturel", d'après une source parlementaire. Parmi les autres candidats potentiels dont les noms reviennent figurent Aurore Bergé et Brigitte Bourguignon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Avec Rugy au gouvernement, le Perchoir est libre pour Richard Ferrand
6min

Politique

Justice criminelle : le Sénat adopte le texte qui instaure une nouvelle procédure de plaider-coupable 

Mardi soir, le Sénat a adopté le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte est l’objet depuis plusieurs jours de l’opposition des avocats contre l’instauration de l’extension de la reconnaissance préalable de culpabilité à certains crimes. Sorte de plaider-coupable à la française qui, selon le garde des Sceaux, permettrait de désengorger en partie les juridictions. Les arguments n’ont pas convaincu les groupes de gauche qui ont voté massivement contre.

Le

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

Avec Rugy au gouvernement, le Perchoir est libre pour Richard Ferrand
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

Avec Rugy au gouvernement, le Perchoir est libre pour Richard Ferrand
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le