Avec « Twitchons », Jean-Luc Mélenchon « a pris la colline » sur le numérique
Vendredi soir, Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France insoumise a lancé son émission « Twitchons », sur la plateforme numérique Twitch. Une première qu’analyse le streamer spécialisé dans la vie politique et parlementaire et présentateur sur Public sénat, Jean Massiet.

Avec « Twitchons », Jean-Luc Mélenchon « a pris la colline » sur le numérique

Vendredi soir, Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France insoumise a lancé son émission « Twitchons », sur la plateforme numérique Twitch. Une première qu’analyse le streamer spécialisé dans la vie politique et parlementaire et présentateur sur Public sénat, Jean Massiet.
Public Sénat

Par Cécile Sixous

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« On ne se rend pas compte de l’audace et de l’innovation dont est capable un vieux monsieur comme Jean-Luc Mélenchon ». Jean Massiet, notre spécialiste de la plateforme Twitch a regardé vendredi soir la première du chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon qui a lancé sa chaîne « Twitchons ». Et visiblement pour notre spécialiste le député a réussi l’exercice : « Monsieur Mélenchon est un ancien sénateur de 69 ans, il n’a pas du tout cherché à jouer le jeune et il a adopté une posture très sincère ». Pendant 2 h 30, le patron de LFI s’est soumis à l’exercice des questions-réponses aux internautes face caméra, « il est beaucoup revenu sur ses positions dans l’hémicycle contre l’application stop covid » précise Jean Massiet.

Twitch, une plateforme en mutation

À la base, Twitch est une plateforme de streaming spécialisée dans le jeu vidéo. Créée il y a une dizaine d’années, elle permet aux joueurs de commenter en direct leurs parties et d’interagir avec ceux qui les suivent. Mais depuis quelques années, la plateforme a développé d’autres usages que le jeu tout en gardant le même principe : le direct et l’échange avec le public. « Même si le jeu vidéo reste le premier usage, c’est en train de muter », explique Jean Massiet. « On a vu des sportifs s’y mettre comme Charles Leclerc et Antoine Griezmann mais aussi des animateurs télé comme Samuel Étienne ».

Et les politiques ? « Ça commence à décoller » selon Jean Massiet. Aux États-Unis, « Donald Trump avait lancé une chaîne avec la diffusion de ses meetings » et en France, «  ça reste anecdotique, je pense à des socialistes pendant la campagne des Européennes et un candidat LFI aux municipales de Châteauroux ». Mais il reconnaît que parler de politique sur cette plateforme n’est plus à démontrer car il le fait toutes les semaines sur Public sénat dans son émission « Questions aux sénateurs ». Il estime également que le phénomène va prendre de l’ampleur, « car beaucoup de gens ont découvert Twitch pendant le confinement ».

« Paraître plus gros » grâce à la présence sur internet

Jean-Luc Mélenchon est donc un précurseur. « Il avait déjà une chaîne Twitch où son équipe diffusait ses discours en direct mais éditorialement il n’y avait rien ». Cette « grosse » présence numérique fait partie de sa stratégie, selon Jean Massiet.

Il a commencé en 2017, pendant la présidentielle où il a mis en place une chaîne YouTube qu’il continue d’alimenter une fois par semaine. Il cherche à toucher un public jeune et faire ce que l’on appelle « la bataille culturelle », selon Jean Massiet, c’est-à-dire mettre en avant ses idées et permettre aux internautes de les adopter et de les défendre. Le numérique est dans l’ADN de son parti car les militants insoumis sont très présents sur internet. « Il y a une effervescence numérique » dans ce parti, par rapport aux autres et « ils ont vraiment pris la colline », estime Jean Massiet.

C’est aussi une stratégie de fond dans la perspective d’une candidature en 2022, selon Jean Massiet. « LFI est un petit parti, ne l’oublions pas, il a un petit groupe à l‘Assemblée nationale et pas de sénateur, il a besoin de faire du bruit sur internet, plus encore que sur le terrain parlementaire, il faut paraître beaucoup plus gros que ce qu’ils ne sont réellement politiquement ».

Enfin, le numérique a toujours été le refuge pour les personnalités politiques antisystèmes, et Jean-Luc Mélenchon a développé cette image : « il est antisystème, anti-média » estime Jean Massiet. Pour notre spécialiste, le phénomène est identique avec celui des gilets jaunes ou encore Didier Raoult : « puisque je ne peux pas m’exprimer dans les grands médias alors je vais aller sur internet ». Internet leur permet une autonomisation de la parole et Twitch entre dans cette stratégie, selon lui.

Partager cet article

Dans la même thématique

Chanteloup-les-Vignes : inter-ministerial meeting on cities
9min

Politique

Elisabeth Borne prend ses distances avec Gabriel Attal : « Non-événement » ou symptôme « des doutes » chez Renaissance avant 2027 ?

En quittant la présidence du Conseil national de Renaissance, Elisabeth Borne marque son « désaccord avec la ligne » de Gabriel Attal et met à mal la future candidature à la présidentielle du patron du parti. Si les proches du secrétaire général minimisent, quelques voix pointent en interne l’excès de « com’ » et « la tendance aux coups médiatiques ». François Patriat, patron des sénateurs Renaissance, prend aussi ses distances : « Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe ».

Le

Avec « Twitchons », Jean-Luc Mélenchon « a pris la colline » sur le numérique
7min

Politique

Droits TV du football : la chaîne Ligue 1+ n’est qu’une « solution par défaut », reconnaît Nicolas de Tavernost

Interrogé au Sénat ce mercredi, le patron de la filiale média de la Ligue de football professionnelle (LFP), Nicolas de Tavernost, n’a pas caché les limites de la chaîne Ligue1 +, montée dans l’urgence par la ligue, pour le financement des clubs français. Il a été longuement interrogé sur son départ en fin de saison, perçu par plusieurs sénateurs comme la conséquence des conflits d’intérêts au sommet du football français.

Le

Avec « Twitchons », Jean-Luc Mélenchon « a pris la colline » sur le numérique
3min

Politique

Banquets du Canon français : « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public », assure Laurent Nunez qui reste toutefois « vigilant »

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a été interpellé par le sénateur (PS) du Finistère, Jean-Luc Fichet sur la campagne de haine dont a été victime la maire de Quimper pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français, une organisation financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Sterin. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble » a dénoncé le ministre.

Le