Baisse des APL : La polémique enfle après l’appel d’Emmanuel Macron aux propriétaires
Critiques à gauche, à droite, associations vent debout : l’exécutif est de plus en plus critiqué sur le dossier de la réduction des aides au logement

Baisse des APL : La polémique enfle après l’appel d’Emmanuel Macron aux propriétaires

Critiques à gauche, à droite, associations vent debout : l’exécutif est de plus en plus critiqué sur le dossier de la réduction des aides au logement
Public Sénat

Par Guillaume Jacquot (Sujet vidéo : Jordan Klein)

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L’indignation a repris de plus belle sur le dossier sensible des aides personnalisées au logement (APL). En appelant mardi les propriétaires à réduire de cinq euros les loyers pour compenser la baisse des APL annoncée cet été, Emmanuel Macron a quasiment déclenché l’unanimité contre lui. Qu’il s’agisse des responsables politiques de la droite ou de gauche, des professionnels de l’immobilier ou des représentants des locataires.

Les associations engagées sur le terrain de la lutte contre la précarité sont montées une nouvelle fois au créneau ce matin. Des dizaines d’entre elles, réunies au siège de la Fondation abbé Pierre, ont appelé le gouvernement à annuler les coupes dans les aides au logement.

« Cinq euros pour une personne au RSA c’est beaucoup »

Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), a dénoncé au micro de Public Sénat la « multiplication des mesures d’économies sur le dos des plus précaires et de réductions des politiques de solidarité ». La réduction du nombre de contrats aidés vient se greffer à la grogne sur les APL.

APL : Une « multiplication des mesures d’économies sur le dos des plus précaires », dénonce Florent Gueguen (FNARS)
01:29
Images : Jordan Klein

Face à ce « faisceau de mesures antisociales », Florent Gueguen demande un l’exécutif un « rééquilibrage » en faveur des plus modestes. « Cinq euros par mois pour une personne qui est au RSA, c’est beaucoup », rappelle-t-il.

Des rassemblements pourraient se tenir dans les prochains jours pour protester contre le coup de rabot.

« Complètement illusoire »

Plus tôt dans la journée, les élus se sont succédé dans les matinales pour commenter l’appel du chef de l’État. Pour le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, il s’agit d’une « improvisation hasardeuse » qui n’est « pas à la hauteur d’un chef de l’État ». Pour la porte-parole du parti, Brigitte Kuster, Emmanuel Macron « persiste dans son erreur originelle ».

Lire aussi : Woerth reproche à Macron « d’opposer les Français » sur les APL

À gauche, les « incantations » d’Emmanuel Macron sont pointées du doigt. Alexis Corbière, député de la France insoumise, a affirmé qu’il fallait baisser les loyers par la « réglementation », « ça ne pas être laissé comme ça au libre arbitre ». Même réponse du côté de Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris en charge du Logement, qui demande à l’exécutif de « légiférer ».

L’incompréhension est totale également chez les acteurs du secteur. « Je crois que c’est complètement illusoire », a réagi Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement, une association de locataires. « Absurde et contre-productif », a jugé pour sa part Jean Perrin, président de l'Union nationale de la propriété immobilière.

Système de « fidélité » pour les locataires

Alors que la tempête médiatique se déchaîne, le dossier n’a toutefois pas été « abordé » en Conseil des ministres, d’après Christophe Castaner. Dans son point presse hebdomadaire, le porte-parole du gouvernement a toutefois livré son « commentaire » sur « l’invitation » présidentielle, après une question d’une journaliste :

« Je ne trouve pas totalement illogique d’imaginer qu’effectivement les propriétaires qui ont connu – je ne sais pas, si on est sur Paris – le doublement de la valeur de leur capital en immobilier sur les dix dernières années, les très fortes augmentations de loyers, peuvent aussi être sollicités pour contribuer au pouvoir d’achat de leurs locataires. »

APL : "L’invitation du Président était une invitation au débat", explique Christophe Castaner
01:59

Christophe Castaner n’a pas hésité à livrer lui aussi son conseil aux propriétaires (voir la vidéo ci-dessus). « Je pense que la fidélité par exemple avec un locataire pourrait se valoriser ».

Des idées, le gouvernement en fournira d’autres dans les jours à venir. Le 13 septembre, il présentera un projet de loi sur la politique immobilière et la question de l’accession au logement. Le ministre de la Cohésion des territoires en a livré un aperçu ce matin dans les colonnes du Figaro. Jacques Mézard a notamment annoncé que la poursuite de la baisse des APL ne serait engagée qu’en cas de baisse parallèle des loyers dans le parc social.

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