Banlieues: face aux incidents, le gouvernement appelle au « calme »
Le gouvernement a lancé un appel au "calme" après les incidents qui se sont enchaînés depuis plus d'une semaine en banlieue parisienne et qui se...

Banlieues: face aux incidents, le gouvernement appelle au « calme »

Le gouvernement a lancé un appel au "calme" après les incidents qui se sont enchaînés depuis plus d'une semaine en banlieue parisienne et qui se...
Public Sénat

Par Tiphaine LE LIBOUX

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Le gouvernement a lancé un appel au "calme" après les incidents qui se sont enchaînés depuis plus d'une semaine en banlieue parisienne et qui se sont poursuivis lundi soir, dans le sillage de l'affaire Théo, victime d'un viol présumé lors d'une interpellation.

Selon un premier bilan établi peu avant minuit, douze personnes ont été interpellées en Seine-Saint-Denis, où trois véhicules ont été incendiés et une vingtaine de feux de poubelles recensés. Les incidents ont notamment touché les villes d'Epinay-sur-Seine, Clichy-sous-Bois et Neuilly-Plaisance, selon une source préfectorale.

Des heurts ont aussi éclaté à Goussainville (Val-d'Oise) où une quarantaine de jeunes ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Un passant a été légèrement blessé par "des débris de cocktail Molotov", selon la préfecture. Les échauffourées ont pris fin à 22H40.

Le président François Hollande au chevet de Théo à l'hôpital Robert Ballanger le 7 février 2017 à Aulnay-sous-Bois
Le président François Hollande au chevet de Théo à l'hôpital Robert Ballanger le 7 février 2017 à Aulnay-sous-Bois
LE PARISIEN/AFP

Deux personnes ont par ailleurs été interpellées à Dijon, après une manifestation de 150 personnes en soutien au jeune homme, qui dit avoir été violé par un policier avec une matraque lors de son interpellation le 2 février.

Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux avait appelé "au calme", "à la responsabilité" et "à la confiance dans la justice". Il a condamné dans le même temps les violences de ce week-end à Bobigny, où une manifestation pour réclamer "Justice pour Théo" a dégénéré en multiples dégradations, et à Argenteuil (Val-d'Oise).

Un homme brandit une pancarte
Un homme brandit une pancarte "Adama Théo, qui est le prochain" lors d'une manifestation à Bordeaux le 12 février 2017
AFP

"L'émotion légitime" suscitée par l'affaire Théo "ne saurait en rien justifier" ces "violences inacceptables", a affirmé de son côté le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Il recevait à Matignon des associations antiracistes, alors que les incidents ont remis les banlieues dans le débat à deux mois de l'élection présidentielle.

Carte de la grande banlieue de Paris répertoriant les principales manifestations et échauffourées du week-end liées aux suites de l'interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois le 2 février
Carte de la grande banlieue de Paris répertoriant les principales manifestations et échauffourées du week-end liées aux suites de l'interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois le 2 février
AFP

François Hollande, qui s'était déplacé au chevet du jeune homme la semaine dernière, se rend mardi matin à Aubervilliers pour un déplacement consacré à l'emploi des jeunes, fortement touchés par le chômage dans les quartiers.

Dimanche soir, plus de cinquante incidents ont été recensés dans une trentaine de communes de région parisienne, selon un rapport interne de la préfecture de police de Paris cité par Le Figaro à paraître mardi. Parmi ces incidents, 34 véhicules incendiés, 21 feux de poubelles, 4 véhicules de police et un bus "dégradés".

- 'Pourrie par des casseurs' -

Lundi, huit personnes étaient toujours en garde à vue après la manifestation de Bobigny samedi. 37 personnes avaient été interpellées dans les heures qui avaient suivi. Les audiences de comparutions immédiates pour les violences de ces derniers jours se sont poursuivies lundi à Bobigny, avec notamment deux hommes condamnés à des peines d'amende avec sursis pour "outrages".

Capture d'écran d'une video AFP, montrant des violences survenues lors d'une manifestation le 11 février 2017 à Bobibny
Capture d'écran d'une video AFP, montrant des violences survenues lors d'une manifestation le 11 février 2017 à Bobibny
AFP

La manifestation de samedi est restée au coeur de passes d'armes politiques.

François Fillon a estimé qu'elle n'aurait pas dû être autorisée et mis en cause dimanche "la responsabilité du gouvernement".

"Non, c'était une manifestation dont les organisateurs voulaient qu'elle soit pacifique et qui a été pourrie par des groupes de casseurs", a répliqué lundi Bruno Le Roux.

Le FN a lancé lundi une pétition en ligne "pour soutenir la police". La candidate du parti frontiste Marine Le Pen avait déjà jugé que ces incidents étaient "la conséquence du laxisme qui diffuse dans la société française".

Pour rassurer les habitants des banlieues, le Premier ministre a insisté sur la volonté du gouvernement de "lutter contre les discriminations et apaiser les échanges". Il compte notamment sur le dispositif de "caméra-piéton" - accrochée sur le torse de l'agent en patrouille - expérimenté au sein de la police et de la gendarmerie.

Moins de douze ans après les émeutes urbaines de 2005, il est urgent de calmer le jeu pour le candidat EELV Yannick Jadot: "Il y a un risque d'embrasement parce que ça fait des années et des années qu'on ne traite pas la question des quartiers populaires".

La couverture des heurts récents est également un défi pour les médias. RTL a porté plainte pour l'incendie d'un de ses véhicules lors des incidents de Bobigny et BFM Paris va faire de même après l'agression d'un journaliste à Argenteuil.

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