Banquets du Canon français : « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public », assure Laurent Nunez qui reste toutefois « vigilant »

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a été interpellé par le sénateur (PS) du Finistère, Jean-Luc Fichet sur la campagne de haine dont a été victime la maire de Quimper pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français, une organisation financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Sterin. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble » a dénoncé le ministre.
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« Depuis plusieurs semaines, nos concitoyens constatent la multiplication de faits inacceptables lors de certains banquets du Canon français. Propos racistes, appel à la violence, gestes rappelant les heures les plus sombres de notre histoire », a déclaré lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le sénateur PS, Jean-Luc Fichet.

L’élu du Finistère a cité plusieurs faits impliquant des participants à un banquet organisé par le Canon français, une structure financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin via un fonds d’investissement, Odyssée impact. Jean-Luc Fichet a alerté sur la situation de la maire de Quimper, victime d’une campagne de haine sur les réseaux sociaux pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français. « Comment le gouvernement entend-il protéger et soutenir concrètement les maires confrontés à ces menaces ? Demanderez-vous aux préfets d’interdire ces rassemblements et prendrez-vous vos responsabilités face à ceux qui les organisent et les financent ? », a-t-il interrogé.

« Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble »

Le ministre de l’Intérieur a d’abord apporté son soutien à Isabelle Assih, la maire de Quimper. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble […] La maire a reçu des insultes sur les réseaux sociaux qui sont absolument abjectes. Ce sont des insultes racistes, des propos ignobles. Le préfet est venu en soutien évidemment et si la justice est saisie, le préfet assurera la protection de cette élue ».

Toutefois, le ministre a écarté, à ce stade, une interdiction de ces banquets identitaires. « Pour pouvoir interdire ces manifestations, il faut qu’ils y aient des risques de troubles à l’ordre public. Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public à ce type de manifestations, qu’on aime ou qu’on n’aime pas.

Toutefois, « nous y sommes quand même vigilants parce qu’il y a aussi des contre-manifestations qui s’organisent et on veille à ce qu’il n’y ait pas d’affrontements », a-t-il ajouté.

A Caen, en avril, en marge d’un banquet du Canon français a donné lieu à des saluts nazis et des insultes racistes, dans les rues de la ville. Un journaliste de France Inter, présent à cet événement pour réaliser un reportage en micro caché, a également été témoin de gestes qui s’apparentent à des saluts nazis et de propos racistes à l’intérieur même du banquet normand.

Des faits qui ne laissent pas insensible le ministre. « On va regarder ça évidemment de très très près. Il y a un certain nombre de signalements qui sont remontés (…) parce que si ces signalements sont exacts, les propos qui ont été tenus sur l’espace public qui nous ont été remontés par de nombreux restaurateurs, sont absolument inacceptables et impliqueront une réaction du gouvernement s’il le faut », a-t-il indiqué.

 

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