Barrage au FN ou « ni-ni »: l’entre-deux-tours agite déjà Les Républicains
A moins de deux semaines des législatives, la question du "ni-ni" secoue de nouveau Les Républicains, divisés entre partisans du désistement...

Barrage au FN ou « ni-ni »: l’entre-deux-tours agite déjà Les Républicains

A moins de deux semaines des législatives, la question du "ni-ni" secoue de nouveau Les Républicains, divisés entre partisans du désistement...
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Par Anne Pascale REBOUL

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A moins de deux semaines des législatives, la question du "ni-ni" secoue de nouveau Les Républicains, divisés entre partisans du désistement pour faire barrage au FN et réfractaires à une consigne de vote explicite.

François Baroin, chef de file LR pour les législatives, a pris les devants, prônant lundi "le désistement" en cas de victoire possible du FN, sans manquer de faire référence à Jacques Chirac et à son cordon sanitaire .

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a aussi promis le désistement en cas de "risque" FN, et Marine Le Pen a aussitôt attaqué un "mariage" entre La République en marche et Les Républicains.

Les propos de M. Baroin ont fait réagir dans son parti. Le sénateur-maire de Troyes les a tempérés en comité de campagne mardi, évoquant une "position personnelle" et soulignant que le bureau politique de LR aurait à en décider au lendemain du 1er tour, le 12 juin.

M. Baroin veut-il enterrer le "ni-ni" (ni FN, ni PS), qui avait été fixé par feue l'UMP pour les cantonales de 2011 afin, selon Nicolas Sarkozy, de ne "pas alimenter la campagne anti +UMPS+ développée par le FN"?

Depuis, et à mesure que le FN progresse, la question agite régulièrement les dirigeants de la droite, aux positions parfois fluctuantes. Après l'élimination de François Fillon au premier tour de la présidentielle, LR avait eu de longues discussions pour finir par un compromis excluant l'abstention face à Marine Le Pen sans toutefois soutenir explicitement Emmanuel Macron.

La discussion avait été houleuse entre les partisans de l'appel explicite à voter pour le candidat d'En marche! - Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Gérard Larcher, Jean-François Copé, Luc Chatel, Thierry Solère - et ceux qui appelaient à "faire barrage au FN" -Laurent Wauquiez, François Baroin, Eric Ciotti, Jean-Frédéric Poisson-, sans évoquer M. Macron.

Le chiraquien François Baroin avait, alors, varié, puisqu'au soir de ce premier tour, il avait, à titre personnel, appelé à voter Emmanuel Macron.

- 'Sans fleurs ni couronnes' -

Nathalie Kosciusko-Morizet, à Paris le 5 mai 2017
Nathalie Kosciusko-Morizet, à Paris le 5 mai 2017
AFP/Archives

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate aux législatives à Paris, avec l'idée désormais d'un "désistement", "il y a eu une évolution" de François Baroin, mais "pas de tous encore".

"J'ai gagné (...) On enterre le +ni-ni+, et bien pour moi ce sera sans fleurs ni couronnes", a lancé mercredi l'ancienne numéro deux des Républicains. Elle avait été évincée en décembre 2015 de la direction du parti pour avoir critiqué cette ligne dans l'entre-deux-tours des régionales.

A l'inverse, l'ex-président de l'UMP Jean-François Copé a jugé que le sujet du front républicain "n'a pas d'intérêt aujourd'hui", d'autant qu'"on ne sait même pas s'il y aura des triangulaires".

Le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) Jean-François Copé le 9 mai 2017 à Paris
Le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) Jean-François Copé le 9 mai 2017 à Paris
AFP/Archives

Il a cependant rappelé le "contexte" d'instauration du "ni ni": "on avait à choisir dans certaines circonscriptions entre un candidat FN et un candidat PS allié à un candidat du Front de gauche" et "je considère que le FG et le FN, c'est exactement la même chose, ce sont deux partis extrémistes".

Avec Emmanuel Macron, "c'est différent", a-t-il glissé, rejetant implicitement tout retrait en faveur de La France insoumise.

Le secrétaire général de LR Bernard Accoyer a fait sa synthèse sur RTL: "les situations de triangulaires seront rarissimes, en raison de l'affaiblissement du Front national, en raison de la participation" qui sera faible et fera monter la barre pour accéder au second tour.

Ainsi, le bureau politique verra, "cas par cas, ce qu'il faudra faire (...) pour que la démocratie et les partis républicains l'emportent".

Le parti, en difficulté après le fiasco de la présidentielle, veut éviter à tout prix de nouveaux déchirements avant le 18 juin. Le débat sur la ligne politique de LR doit s'ouvrir après ce second tour, un congrès étant prévu à l'automne.

Les tenants d'une ligne modérée semblent avoir marqué un point. Le juppéiste et candidat LR dans les Hauts-de-Seine, Gilles Boyer, un proche du Premier ministre Edouard Philippe, avait été le premier, lundi matin, à plaider pour "une stratégie de désistement réciproque" entre LR et la République en marche.

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