the republicans received at the elysee
The deputies and senators Laurent Wauquiez, Mathieu Darnaud and Michèle Tabarot of the right wing group Les Republicains (LR), answer questions from journalists after being received by Emmanuel Macron, as part of a consultation at the ElysÃ'''e. The President of the Republic receives the different political parties for a joint meeting except LFI and the RN. This meeting follows the motion of censure, with a view to the appointment of a new Prime Minister and a new government. December 10, 2024, Paris, France.//HUBERTTHOMAS_ConsultationLR-9/Credit:Thomas Hubert/Sipa/SIPA/2412102215

Bayrou à Matignon : la droite attend le projet du Premier ministre pour savoir « s’il est l’homme de la situation »

Après l’annonce de la nomination de François Bayrou à Matignon, les sénateurs LR du Sénat sont dans l’expectative. La participation de la droite au prochain gouvernement, dépendra de l’engagement du Premier ministre sur les priorités qu’il a fixé notamment sur la maîtrise de l’immigration et bien sûr du maintien en poste du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Simon Barbarit

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« Attendre une semaine pour se retrouver au point de départ… », soupire le sénateur LR, des Hauts de Seine, Roger Karoutchi, quelques minutes après la nomination de François Bayrou à Matignon. Dans les rangs de la droite, c’est peu dire que l’identité du nouveau Premier ministre, dévoilée après une matinée pleine de suspense, ne fait pas lever les foules.

Les relations entre François Bayrou et la droite sont faites de rancœurs mutuelles depuis que l’ancien patron de l’UDF, soucieux de son autonomie et croyant dur comme fer à son destin présidentiel, a refusé d’intégrer l’UMP en 2003. « François Bayrou a refusé d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle en 2007. Il a appelé à voter François Hollande en 2012 puis Emmanuel Marcon en 2017. Je ne comprends pas pourquoi les socialistes ne veulent pas intégrer son gouvernement », ironise Roger Karoutchi.

Entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou, c’est une haine réciproque qui caractérise leur rapport, exprimée dans des livres. « Il a toujours trahi ceux qu’il a choisis », écrivait en 2020 l’ancien chef d’Etat dans, « Le temps des tempêtes » (éditions de l’Observatoire). Onze ans plus tôt, le patron du Modem avait consacré un ouvrage entier à sa détestation du pouvoir sarkozyste dans « Abus de Pouvoir » (ed. Plon). Ce n’est pas pour rien que l’ancien Président a œuvré toute la semaine pour contrer la nomination du Béarnais.

« Je ne rentre pas dans les questions de personnes. Je m’en tiens à la ligne politique, notamment sur le régalien. Est-ce que la ligne que va fixer le Premier ministre permettra à Bruno Retailleau de se maintenir en poste ? C’est ce qui va déterminer notre participation », balaye l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et actuel sénateur de Haute-Saône, Alain Joyandet.

Dans chaque chambre, lors d’une réunion en visioconférence avec les parlementaires LR, les deux présidents des groupes de droite à l’Assemblée nationale et au Sénat, Laurent Wauquiez et Mathieu Darnaud ont conditionné cet après-midi, la participation au gouvernement au « projet » de François Bayrou.

« C’est à lui de parler désormais »

« François Bayrou considère qu’il est l’homme de la situation. Il semble qu’il y ait eu un psychodrame sur ce sujet à l’Elysée sur ce point. C’est à lui de parler désormais. Nous, nous avons déjà posé nos conditions pour participer au gouvernement. Des chantiers ont déjà été engagés depuis trois mois. Sur le régalien, Bruno Retailleau a travaillé sur des textes pour maîtriser l’immigration, lutter contre le narcotrafic. Annie Genevard à l’Agriculture, a repris les travaux du Sénat contre les surtranspositions. Michel Barnier s’était engagé à soutenir notre proposition de loi visant à assouplir le Zéro artificialisation nette », liste le sénateur des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson.

« Il faut que chacun mette de l’eau dans son vin »

L’année dernière, François Bayrou s’était montré critique envers la loi immigration. Un texte d’inspiration LR, que le président du Modem jugeait trop déséquilibré. Bruno Retailleau aura l’occasion d’évoquer ce sujet lors d’un entretien avec le Premier ministre, ce soir. Selon son entourage contacté par l’FP, le ministre démissionnaire va demander à être « confirmé dans la feuille de route qui était la sienne » sous l’ex-Premier ministre Michel Barnier, a détaillé son entourage. « La lutte drastique contre l’immigration illégale » et la « réduction de l’immigration légale au strict nécessaire » sont « non négociables ». Bruno Retailleau souhaite aussi avoir les « moyens » pour continuer à « lutter contre l’insécurité et notamment le narcotrafic », a encore dit son entourage.

Concernant le projet politique que François Bayrou exposera dans son discours de politique générale,  l’entourage de Bruno Retailleau prévient :« Si le Premier ministre veut mettre sur la table marqueurs de gauche trop forts, ce ne sera pas digérable

Mais les Républicains doivent s’attendre à voir leur contingent de 10 ministres être réduit, surtout dans le cadre d’un gouvernement qui se veut resserré. « Il faut que chacun mette de l’eau dans son vin et accepte des choses qui ne sont pas forcément dans son ADN propre. Pour qu’on arrive au moins à un budget voté en tant que tel », a préconisé la sénatrice LR, Christine Lavarde, au micro de Public Sénat, avant de rappeler quand même lors de ses débuts en politique elle était proche du courant centriste de l’UMP.

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