Paris: French Pm Press conference
Conférence de presse de François Bayrou du 25 août 2025 /Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2508251710

Bayrou demande un vote de confiance le 8 septembre à l’Assemblée nationale pour acter l’urgence financière du pays

Le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé ce lundi qu’il engagerait le 8 septembre la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, réunie en session extraordinaire. Ce vote de confiance, organisé conformément à l’article 49 alinéa premier de la Constitution pourrait entraîner la chute de son gouvernement.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors que la rentrée politique s’annonce électrique entre la menace de motion de censure, la mobilisation attendue le 10 septembre et l’arrivé de l’examen du budget, le Premier ministre a donné le ton. « Notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement. » C’est l’avertissement lancé par François Bayrou, lundi 25 août, lors d’une conférence de presse à Matignon. Alors que son budget visant 44 milliards d’euros d’économies est contesté, le Premier ministre a annoncé qu’il engagerait le 8 septembre la « responsabilité du gouvernement », avec un vote de confiance, devant l’Assemblée nationale réunie en session extraordinaire, autour de la « question centrale » de « la maîtrise de nos finances ».

« Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe. »

Le Premier ministre dit avoir demandé au président de la République Emmanuel Macron, « qui l’a accepté », de « convoquer le Parlement en session extraordinaire » pour y prononcer une nouvelle déclaration de politique générale et trancher si la France reconnaît ou non l’urgence nationale de rétablir ses finances publiques, le tout suivie d’un vote pouvant entrainer la chute de son gouvernement. Bayrou justifie ce choix par la gravité de la situation budgétaire. Présentant à nouveau son plan d’économies de 44 milliards d’euros, il a alerté sur le « danger immédiat » d’un surendettement qui menacerait, selon lui, « la liberté et la souveraineté » du pays. « Notre pays est au bord du surendettement. Si nous choisissons de faire semblant, et de feindre que le problème n’existe pas, […] nous ne nous en sortirons pas », a-t-il averti, ajoutant : « Je ne laisserai pas la France s’enfoncer dans ce risque. » A l’issue de son allocution, le 8 septembre, les députés voteront. Si l’Assemblée nationale désapprouve la déclaration de politique générale de François Bayrou, la Constitution prévoit que « le Premier ministre doit remettre au président de la République la démission du gouvernement ».

Un accord sur le diagnostic avant les débats sur les mesures

Le Premier ministre distingue deux temps. La première, celle du vote de confiance, doit permettre de dégager un accord minimal sur le diagnostic, admettre qu’il y a urgence à rétablir les comptes publics et à sortir d’une « dépendance chronique à la dette ». « Si cet accord n’existe pas, ça ne sert à rien, on n’y arrivera pas », a insisté le chef du gouvernement. Ce socle commun est, à ses yeux, la condition de toute discussion. « Ne débattre que des mesures, c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble », a-t-il averti. En revanche, les mesures concrètes parmi lesquelles la très contestée suppression de deux jours fériés restent « discutables et amendables ». Bayrou rappelle que la discussion détaillée sur chaque proposition aura lieu ensuite, avec le Parlement et les partenaires sociaux. « Il faut une clarification dès cette rentrée : y a-t-il ou non urgence nationale à échapper à la malédiction du surendettement, a tranché le Premier ministre, convaincu que les Français « prendront conscience de la gravité » de la situation à condition que « l’effort soit juste ».

Déterminé à ne pas « subir la rentrée », le Premier ministre tente ainsi de reprendre l’initiative politique, quitte à mettre son gouvernement en jeu. « Notre survie dépend de chacun des députés », a-t-il lancé, convaincu que les Français « prendront conscience de la gravité » de la situation.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bayrou demande un vote de confiance le 8 septembre à l’Assemblée nationale pour acter l’urgence financière du pays
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le