Bayrou, détracteur régulier de Macron avant leur alliance
François Bayrou a finalement choisi mercredi la voie d'une alliance en vue de la présidentielle avec Emmanuel Macron, un candidat...

Bayrou, détracteur régulier de Macron avant leur alliance

François Bayrou a finalement choisi mercredi la voie d'une alliance en vue de la présidentielle avec Emmanuel Macron, un candidat...
Public Sénat

Par Lina TRABELSI

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François Bayrou a finalement choisi mercredi la voie d'une alliance en vue de la présidentielle avec Emmanuel Macron, un candidat que le président du MoDem avait pourtant régulièrement critiqué en privé comme en public, notamment sur le thème de l'argent.

Mercredi, il a estimé "nécessaire à un certain moment de montrer qu'on ne pense pas à soi même mais qu'on pense à son pays et qu'on rassemble les gens", comme pour mieux faire oublier ses anciennes attaques, parfois virulentes, contre le candidat Emmanuel Macron.

Le leader d'En marche!, candidat à l'élection présidentielle ? "Ca ne marchera pas", promettait ainsi M. Bayrou en septembre. Avant d'ajouter: "Derrière cet hologramme, il y a une tentative, qui a déjà été faite plusieurs fois, de très grands intérêts financiers et autres qui ne se contentent plus d'avoir le pouvoir économique, ils veulent avoir le pouvoir politique!"

A plusieurs reprises l'ex-ministre de l'Education (1993-1997) a épinglé M. Macron pour sa proximité supposée avec "le monde de l'argent", comparant son projet à celui de Nicolas Sarkozy en 2007. Obligeant l'ancien banquier d'affaires à dénoncer en retour "un discours simpliste qui n'honore pas celui qui l'émet, parce qu'insulter les autres, les attaquer, ça ne vaut pas projet".

Mercredi, M. Bayrou a d'ailleurs exigé que M. Macron inscrive à son programme une proposition de loi sur "la moralisation de la vie politique", en la reliant toutefois aux "affaires" touchant le candidat de la droite François Fillon.

"Ce n'est pas une volte-face, c'est une garantie obtenue", s'est défendu un peu plus tard sur France 2 M. Bayrou. "C'est une exigence sans laquelle je n'aurais pas fait cette alliance", a-t-il ajouté.

A quelques semaines de l'annonce d'une offre d'alliance, le duo Bayrou-Macron ne semblait pourtant toujours pas couler de source: "J'ai lu avec beaucoup de soin le discours (à Lyon, ndlr) d'Emmanuel Macron, mais je n'y ai pas trouvé beaucoup de substance", déplorait François Bayrou le 5 février, reprochant à M. Macron de "faire des promesses à tout le monde".

S'il critiquait déjà Emmanuel Macron du temps où ce dernier était encore locataire de Bercy (2014-2016), François Bayrou avait de nouveau dégainé dès la démission du gouvernement de l'ancien banquier d'affaires fin août 2016, décochant ses flèches à mesure que sa candidature se dessinait.

"Emmanuel Macron est le principal responsable de la politique économique de François Hollande depuis quatre ans. Pour quel résultat ?", s'interrogeait-il avec acidité en septembre.

"Tant que je serai là, il n'y aura pas d'OPA sur le centre! J'en ai toujours combattu les tentatives", menaçait-il en septembre, flairant le danger chez ce candidat susceptible de siphonner son électorat.

"Il ne suffit pas de dire qu'on n'est ni de droite ni de gauche pour être centriste", assurait encore l'auteur de "Résolution française", paru en février, à propos de celui de "Révolution", publié en novembre.

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