Bayrou Premier ministre : « Il va falloir discuter avec la gauche », conseille Hervé Marseille
Quelques minutes après la nomination de François Bayrou à Matignon, le président du groupe centriste du Sénat, Hervé Marseille s’est réjoui de voir « un authentique centriste » exercer cette responsabilité. Il l’appelle à trouver des compromis avec la droite et la gauche « pour pas être dépendant du RN ».
Le suspense aura duré toute la matinée avec des rebondissements, et c’est finalement François Bayrou qui succédera à Michel Barnier à Matignon. De quoi satisfaire le patron de l’UDI, Hervé Marseille qui se réjouit de voir « un authentique centriste » à Matignon. « Il y a eu visiblement une longue maturation maintenant, il faut se tourner vers l’avenir », a déclaré au micro de Public Sénat, le président du groupe centriste.
Hervé Marseille a, ensuite, rapidement tracé la feuille de route du nouveau Premier ministre. « Il va falloir rassembler avec le bloc central, nos collèges et amis Républicains. Et puis, discuter également avec la gauche. Parce que si on veut trouver la stabilité, il faut un trépied. Il va falloir trouver des compromis pour avancer et ne pas être dépendant du RN ».
Le sénateur précise également la nécessité de « donner un contenu politique » au socle commun ». « Il faut faire de la politique, c’est peut-être ce qui a manqué à Michel Barnier, c’est de s’impliquer politiquement ».
Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.
Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».
En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.
Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.