Bayrou réclame une démocratie sans « corset » à LREM
Dans l'allié "Mouvement démocrate", il y a "démocrate": c'est ce qu'a dit François Bayrou à Emmanuel Macron et LREM, dimanche à...

Bayrou réclame une démocratie sans « corset » à LREM

Dans l'allié "Mouvement démocrate", il y a "démocrate": c'est ce qu'a dit François Bayrou à Emmanuel Macron et LREM, dimanche à...
Public Sénat

Par Baptiste BECQUART

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dans l'allié "Mouvement démocrate", il y a "démocrate": c'est ce qu'a dit François Bayrou à Emmanuel Macron et LREM, dimanche à Guidel (Morbihan), martelant que "la majorité a besoin de voix libres, pas de corset".

Tout le weekend, les quelque 800 militants centristes se seront poussés du coude, satisfaits de s'être élevés contre leur "mise à l'écart" dans la majorité formée avec LREM, selon le mot du député Jean-Louis Bourlanges.

En a témoigné le tonnerre d'applaudissements récolté dimanche à la tribune par Marc Fesneau, le chef du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, qui a recueilli 86 voix lors de l'élection pour le perchoir, alors que le parti ne compte que 46 députés.

La désignation du candidat de la majorité Richard Ferrand se fait entre seuls marcheurs? Les députés LREM ne peuvent pas signer d'autres textes que ceux venant de leurs rangs? "une discipline peut-être excessive", a confié Marc Fesneau à l'AFP.

"La majorité a besoin de voix libres qui s'expriment en son sein, pas de corset", a pour sa part lancé François Bayrou, dans son discours de clôture, en présence de Christophe Castaner, délégué général de LREM et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.

Adoptant un ton conciliant mais ferme, il a poursuivi: "Quand on est responsable - et je n'échappe pas à cette critique -, on a envie que tout soit carré, mais la liberté d'expression, de pensée est beaucoup plus fructueuse".

Le MoDem se sent d'autant plus fondé à avoir ces exigences que lors de sa création en 2007, il avait lui-même voulu "faire lever une génération qui renouvelle le clivage gauche-droite", a expliqué le maire de Pau.

"Cette proximité nous oblige, à parler non pas comme concurrents mais en co-responsables, chacun à sa place mais aussi chacun dans cette égale certitude de cette responsabilité", a-t-il dit.

- "Supplice chinois" -

Quelques minutes plus tôt, Christophe Castaner avait fait amende honorable, sous les applaudissements: "Nos deux formations auraient dû travailler plus ensemble, (dès décembre) j'évoquais un excès d'arrogance de LREM. (...) La première phase du quinquennat mérite une amélioration". Cette amélioration "doit se construire de façon +loyale et exigente+, j'ai fort bien compris le message et je le porte", a ajouté le patron de LREM.

"Pour l'instant ce n'est que du déclaratif, il n'y a pas d'amour, que des preuves d'amour", a noté Jean-Louis Bourlanges auprès de l'AFP.

"Je pense que nous avons été entendus... +écoutés+ ou +entendus+, il y a toute une hiérarchie", avait confié à la presse M. Bayrou samedi.

Et il a dispensé quelques conseils à Emmanuel Macron: "L'Elysée est un lieu clos, trop! Quand on se sent assiégé, il faut sortir de ce siège et rencontrer le plus souvent possible les Français".

Le président du MoDem a aussi égratigné les formules "cash" du chef de l'Etat comme le récent "Traversez la rue" pour trouver un emploi: "Moi ça ne m'a pas choqué, mais c'est comme le supplice chinois, goutte après goutte, ça a pu faire écho à d'autres déclarations", a averti le centriste, même s'il reconnaît que c'est à "chacun son style".

Car sur le fond - "droit du travail, orientation professionnelle, fiscalité des entreprises, heures supplémentaires"... - François Bayrou est apparu conquis par l'action gouvernementale.

Les plans pauvreté et santé annoncés ces derniers jours ont comblé ses attentes sur le volet social. Ce sont "deux signaux très importants pour nous qui pensons que doivent aller de pair le grand effort d'efficacité (...) et le grand effort de solidarité".

De ce fait, Jean-Louis Bourlanges exclut que le MoDem puisse jamais être frondeur: "On veut une réorganisation pour être associés, mais on n'a pas de rupture idéologique avec LREM, on est tous libéraux-sociaux-européens".

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Bayrou réclame une démocratie sans « corset » à LREM
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le